Quelques pistes pour un tourisme plus durable

Plus je voyage et plus je suis consciente du besoin pressant de protéger et préserver la nature qui nous entoure. Pourtant, quelle que soit la manière dont on voyage, il n’est pas toujours facile de garder intactes ses convictions quant au respect de l’environnement. Qu’il s’agisse des moyens de transport utilisés, des activités que l’on choisit de faire sur place ou encore de ce que l’on consomme, comment réussir à trouver un équilibre idéal entre voyage et écologie et ainsi encourager le tourisme durable ? Après m’être penchée sur la question, je vous propose ici quelques réponses.

Déplacements écologiques

Il n’est pas toujours facile d’éviter de prendre l’avion quand on part en voyage. Cependant, une fois que l’on est sur le territoire désiré, on peut privilégier les déplacements les plus écologiques possibles. En plus, c’est une superbe façon de rencontrer des gens et bien souvent des locaux. Faire du stop est par exemple une manière de se déplacer plus écologique qui permet de faire de belles rencontres. Et pour ceux qui sont moins aventureux, il est aussi possible de faire du covoiturage dans de nombreux pays. Renseignez-vous sur les sites de covoiturage ou les pages Facebook qui existent sur place.

Pour les trajets de grande distance, vous pouvez utiliser les transports en commun comme le bus et le train. C’est une manière de visiter un pays bien souvent plus économique que de louer une voiture. En Europe, il existe notamment le pass Interrail qui permet de faire un tour d’Europe en train.

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Découvrir l’Espagne… à pieds !

Enfin, pour respecter l’environnement, vous pouvez également envisager de marcher ! Vous pouvez en effet prévoir un voyage tel un trek ou une randonnée sur plusieurs jours. Cela permet non seulement de prendre son temps, mais surtout de découvrir un pays d’une toute autre manière. Pour ma part, j’ai pu découvrir l’Espagne en marchant plus de 750 kilomètres sur le Chemin de Compostelle, et je vous raconte tout dans cet article : Destination Compostelle.

Ne pas laisser de traces : utiliser des produits naturels

Lorsqu’on est sur la route, on a parfois tendance à utiliser ce qu’on a sous la main pour les produits d’hygiène. Pourtant, il me semble important d’être conscient de l’impact de ces produits sur l’environnement. Leur trace n’est pas forcément visible à l’œil nu, mais les produits que l’on utilise finissent toujours par polluer d’une manière ou d’une autre notre planète. Et s’il est encore plus important d’utiliser des produits biodégradables lorsqu’on se trouve dans la nature, ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas aussi utiliser des produits naturels chez soi ou dans les lieux où l’on voyage (hôtel, auberge de jeunesse, camping…).

C’est pourquoi, depuis quelques temps, je n’utilise plus aucun produit du grand commerce. Shampoing, déodorant, dentifrice, crème… toute ma trousse de toilette de voyage est désormais 100% naturelle. Il existe de nombreux substituts aux produits chimiques que l’on a l’habitude d’utiliser. Vous pouvez par exemple vous rendre dans le rayon hygiène des magasins bio et vous trouverez tout ce dont vous avez besoin.

Assurez-vous que les produits soient bien biodégradables avant de les acheter. Si vous trouvez les produits « bio » trop cher, vous pouvez créer vous-même vos produits naturels. Quant au savon pour la vaisselle ou la lessive, il existe de nombreux magasins de plein air qui proposent des savons biodégradable concentrés conçus spécialement pour le camping.

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Le contenu de ma trousse de toilette au naturel

Zero waste : éviter les déchets

Les déchets plastiques sont aujourd’hui presque inévitables. Dès lors que l’on achète quelque chose, l’emballage ou une partie du produit finit à la poubelle. En voyage, on oublie souvent de faire attention à ce que l’on consomme et ce que l’on gaspille. Ça a été longtemps mon cas, car je me donnais l’excuse que, étant en mouvement, il ne m’était pas facile de savoir où acheter en vrac ou bien ou jeter les emballages pour les recycler. Pourtant, adopter quelques habitudes pouvant limiter les déchets en grande quantité n’est pas si compliqué en voyage.

On peut d’abord éviter d’aller dans les supermarchés où les produits sont sur-emballés. Je privilégie pour ma part les magasins qui vendent les produits en vrac. Les marchés ou la nourriture de rue sont des endroits parfaits pour cela. Dans certains pays, les magasins de vente de nourriture en vrac se développent de plus en plus.

Ensuite, il est vraiment facile d’éviter de créer certains déchets en s’équipant de quelques accessoires. Par exemple, voyager avec un sac en tissu évite de prendre des sacs en plastique jetables. Tout comme avoir sa gourde à remplir, plutôt que d’utiliser des bouteilles d’eau. Dans les pays où il n’est pas recommandé de boire l’eau du robinet, on peut utiliser des pastilles purifiantes ou une gourde dotée d’un filtre. J’aime aussi emporter avec moi une gamelle Tuperware. Elle me permet d’emporter de la nourriture en vrac n’importe où avec moi.

Enfin, s’il m’arrive de consommer des produits avec emballage, recycler devient alors ma priorité. Il suffit de se renseigner auprès des locaux pour savoir où et comment trier… à condition que le pays dans lequel on se trouve dispose d’un système de recyclage !

Et pour finir, sachez qu’il est possible de participer à des activités de nettoyage partout dans le monde. On peut ainsi aller ramasser et trier les déchets, notamment sur les plages et en montagne.

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Colonie de fous de bassan en Gaspésie : marcher pour aller les observer, sans les déranger.

Boycotter les activités touristiques nocives

Voyager c’est bien, mais voyager sans dénaturer les lieux que l’on découvre c’est encore mieux. Plus souvent qu’on ne le croit, l’activité touristique peut avoir un impact nocif sur la faune et la flore locales. L’influence du tourisme sur un territoire est donc important. Et en décidant de boycotter certaines activités, on peut faire une vraie différence !

Il convient donc de bien se renseigner sur l’organisme avec lequel on veut faire une activité, et vérifier que ses répercussions ne détruisent pas l’environnement. Un exemple bien connu aujourd’hui est la maltraitance des éléphants en Asie. Activité populaire par excellence, les tours à dos d’éléphant sont en vérité peu recommandables. En effet, les éléphants sont apprivoisés avec des méthodes de torture radicale, dès le plus jeune âge. Au contraire, il est possible de choisir des activités différentes. C’est ce qu’a fait Jessica en Thaïlande qui présente une activité plus respectueuse dans cet article : Laver et donner de l’amour aux éléphants.

De fait, où que ce soit dans le monde, il faut laisser les animaux dans leur environnement sauvage et trouver des activités pour les observer sans les perturber, ni eux, ni leur environnement.

Soutenir l’artisanat local

En voyage, mon objectif principal est de ne pas m’encombrer. J’achète donc très peu d’objets sur place. Cependant, lorsqu’il est temps d’acheter les souvenirs à ramener chez moi, je n’étais pas toujours consciente que les achats que je faisais pouvaient eux aussi avoir un grand impact sur notre planète.

Par exemple, en achetant un produit peu cher et made in China alors que je me trouve à l’autre bout du monde, ce n’est pas très éthique (les pièces ont souvent voyagé en avion ou bateau à travers la planète avant d’être assemblées par des petites mains très mal payées). Il est donc important de favoriser l’achat d’objets chez les artisans locaux, ou du moins de connaître le lieu de fabrication de l’objet acheté. Et bien souvent, cela ne veut pas dire qu’on va payer beaucoup plus cher ses souvenirs, il est possible de trouver des petits cadeaux faits par des artisans locaux dans les marchés ou encore vendus dans la rue à très bas prix !

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Voilà donc 5 axes de réflexion autour de quelques habitudes de voyage simples, mais qui peuvent vraiment faire une différence écologique au cours de vos nombreuses aventures! 🌊🌴🐦

Et vous quelles sont vos habitudes de voyage pour respecter l’environnement et adopter un tourisme durable ?

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