Il y a de ces pays, comme la Tanzanie, qui privilégient un tourisme haut de gamme et les circuits organisés via une agence de voyages. Ainsi, si vous décidez d’y voyager en routard, cela vous demandera une certaine organisation et vous devrez être prêts à faire quelques compromis. Je reviens tout juste d’un voyage de trois semaines en Tanzanie et je vous partage ici toute l’information qui m’a pris des dizaines d’heures à rassembler, afin que vous puissiez découvrir ce pays à prix d’ami!

Se rendre en Tanzanie

D’abord, sachez que la plupart des endroits prisés par les touristes se trouvent au nord de la Tanzanie. Il est donc judicieux de voler vers Nairobi plutôt que Dar Es Salaam, d’autant plus que c’est souvent beaucoup moins cher. Pour ma part je suis partie avec Royal Air Maroc. L’avion de Casablanca à Nairobi était médiocre (sale et sans écran individuel malgré un vol de 10 heures), mais à 1400$ en pleine période des fêtes, c’était de loin l’option la plus abordable.

En arrivant à Nairobi, il vous faudra présenter un visa de transit. Celui-ci s’obtient facilement en ligne au coût de 20USD et vous permet de séjourner 72 heures au Kenya. Ensuite, de l’aéroport, il y a des navettes (réservez à l’avance) qui vous emmènent directement à Arusha. Le trajet dure de 6 à 7 heures, selon le temps passé aux douanes. Vous pouvez facilement obtenir le visa tanzanien directement à la frontière. N’oubliez pas que vous devrez présenter votre preuve de vaccination contre la fièvre jaune. Évidemment, il est aussi possible de rester une journée ou deux à Nairobi si vous avez besoin de repos après un long vol.

Le safari

Il est impossible de faire un safari en Tanzanie sans débourser plusieurs centaines de dollars. Un véhicule et un chauffeur-guide sont d’abord indispensables. Puis, l’entrée dans les parcs nationaux coûte à elle seule 70$US par personne par jour, sans compter qu’il en coûte 295$US par véhicule pour descendre dans le cratère du Ngorongoro. Si votre budget est réellement restreint, il faudra vous limiter à un jour ou deux de safari, au parc du lac Manyara ou Tarangire.

Quant à moi, après beaucoup de recherche, j’ai réservé un safari de 5 jours incluant le lac Manyara, le Serengeti et le Ngorongoro pour 1040$US par personne (nous étions deux). Nous avons fait affaire avec l’agence Agama. C’était une formule camping et j’ai vite constaté, et senti, que la tente avait déjà beaucoup servi!  L’important est qu’elle s’est avérée résistante à la pluie la nuit où il a plu, contrairement à plusieurs autres tentes de notre campement. Les gens plus dédaigneux voudront peut-être apporter leur propre sac de couchage puisque ceux inclus, bien que propres, sont assez usés. Somme toute, le rapport qualité-prix était excellent. J’ai également entendu de bons commentaires des compagnies suivantes : Big 5 Voyage et African Traits. Cela vaut toujours la peine de magasiner un peu.

Un conseil, si vous décidez de visiter trois parcs, choisissez un circuit d’au moins quatre nuits/cinq jours. Les distances sont grandes et c’est un minimum pour bien profiter des parcs. En trois nuits, limitez-vous à deux parcs.

Parc national de Ngorongoro

La randonnée

Je pense que 90% des voyageurs qui font de la randonnée en Tanzanie montent le Kilimandjaro à gros prix. J’avoue que je n’ai jamais compris cette obsession d’atteindre les plus hauts sommets. J’adore la randonnée, mais surtout parce qu’elle me permet de contempler lentement les paysages, de visiter des endroits inaccessibles en voiture et de facilement entrer en contact avec les gens. Ainsi, je cherche davantage à trouver des endroits authentiques, sans autoroute de randonneurs, qu’à atteindre des sommets.

En Tanzanie, l’endroit par excellence pour ce genre de randonnée est la région de Lushoto, au cœur du massif d’Usambara. D’abord, des autobus abordables (mais bondés et peu confortables!) relient Arusha à Lushoto en 7-8 heures de trajet. Puis, tout près de la gare d’autobus de Lushoto se trouve l’agence Friends of Usambara avec laquelle il est possible de réserver une randonnée d’une à plusieurs journées. Pour ma part, j’ai déboursé 140$US pour une randonnée de trois jours qui fut magnifique. Celle-ci était peu exigeante, mais les paysages tout de même très variés, à travers forêt pluviale, forêt de pins et une multitude de petits villages. J’ai dormi une nuit dans un couvent et une nuit dans un bungalow confortable et avec une vue époustouflante. Puis, à Lushoto comme tel, j’ai décidé de me poser un peu à l’extérieur de la ville, au Irente Farm, un endroit reposant qui offre une superbe vue et où on peut déguster de délicieux pains et fromages faits sur place. On y trouve des chambres privées, mais aussi des dortoirs en plus de pouvoir y camper. Il y en a donc pour tous les budgets.

Il est possible de venir dans la région de Lushoto pour seulement deux ou trois jours, mais si vous avez le temps, c’est le genre d’endroit où il fait bon s’éterniser.

La plage

Bien que je ne sois pas du genre à passer mes journées à me faire dorer au soleil, j’aime beaucoup me retrouver près de l’océan, ne serait-ce que pour respirer l’air marin, manger des fruits de mer et prendre de longues marches sur la plage. Certains diront peut-être que Zanzibar est l’endroit tout désigné en Tanzanie, mais s’y rendre peut être coûteux ou très long. De plus,  je préfère toujours dénicher de petites perles hors des sentiers battus lorsque mon but est simplement de me détendre. Lorsque j’ai lu sur Wikitravel que Pangani était un endroit aux plages idylliques «Very similar to Zanzibar beaches, minus the crowds», il ne m’en fallait pas plus pour me convaincre que c’était là où je devais me rendre. Et je n’ai pas été déçue.

Pour cette portion du voyage, mon copain et moi avions décidé de nous payer un peu de luxe en réservant un bungalow au Pangani Cliffs Lodge. L’endroit est sublime, avec une belle petite plage privée et beaucoup d’endroits où relaxer. Par contre, si c’était à recommencer, je réserverais probablement au Peponi Resort, plus facilement accessible de Tanga, ou au Mikes Beach Cottages à Ushongo, plus loin, mais où la plage est exceptionnelle en plus d’être bordée par un charmant petit village de pêcheurs. De Lushoto, de nombreux autobus se rendent à Tanga où il est agréable de s’attarder un peu, puis des microbus (dala-dala) longent la côte. De Tanga à Ushongo, il faut compter un bon trois heures en transport local. Vous pouvez aussi demander à votre hôtel de venir vous chercher à Tanga, mais il vous en coûtera au moins une cinquantaine de dollars.

Pangani Cliffs Lodge ou comment bien terminer un voyage!

Le retour

Toute bonne chose a une fin et il me fallait maintenant retourner à Nairobi pour prendre mon vol de retour. Pour ce faire, j’ai pris un bus de Tanga à Mombasa (vous aurez besoin d’un autre visa de transit) ce qui prend environ 4 heures incluant le temps passé à la douane. Je suis restée une nuit à Mombasa qui est une ville désormais très agréable. J’y étais passée en 2007 et j’avais le souvenir d’une ville sale et peu invitante. Toutefois, cette ville est devenue une station balnéaire prisée et a récemment bénéficié d’une cure de rajeunissement. En effet, ses bâtiments ont tous été peints en bleu et blanc, ce qui confère une belle harmonie à la ville et nous donne envie de s’y attarder. De plus, avec l’avènement récent d’UBER, et même d’UBER tuk-tuk (ouiiii!), les déplacements y sont plus faciles que jamais.

Finalement, un train récent et fort confortable relie Mombasa à Nairobi. Il est impératif d’acheter son billet à l’avance puisque ce trajet est fort achalandé. Les billets sont disponibles 30 jours avant la date de départ et vous pouvez vous les procurer via l’agence East Africa Shuttles. Sachez que la gare est tout près de l’aéroport de Nairobi, donc à l’extérieur de la ville.

Train reliant Mombasa et Nairobi

Bref, cette boucle Nairobi-Arusha-Lushoto-Pangani-Mombasa-Nairobi vous permettra de découvrir plusieurs facettes de la Tanzanie et, ce, sans vous ruiner. C’est une superbe introduction à l’Afrique, un continent à voir absolument. Et si toute cette logistique vous parait trop compliquée, pensez à opter pour un overland trip. Hakuna matata!

À lire également sur Nomade Magazine :