À peine deux jours suivant mon retour, ma bière à la main, un peu de reggaeton dans mes écouteurs, j’ai le blues post-voyage.

Un phénomène bien connu des voyageurs. Je ne me considère pas encore comme une grande voyageuse, mais plutôt comme une enfant en constante découverte du monde qui l’entoure. Je viens tout juste de revenir d’un court séjour de 6 semaines à l’extérieur de mon petit chez-moi. 4 semaines bien peu déroutantes pour commencer le voyage, car je suis retournée dans ma famille, auprès de mes amis, dans mon patelin. Les deux dernières semaines de mon séjour furent un peu plus déroutantes et remplies de nouvelles expériences. En effet, j’ai entrepris mon premier voyage solo, celui dont je rêve depuis que j’ai 14 ans. Je suis partie deux semaines au Guatemala, plus précisément à Antigua. La destination importait peu, ce voyage marquait pour moi le début d’une bien plus grande aventure, la découverte du monde. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’était aussi de me retrouver moi, tout au long de ce voyage. Un voyage de redécouverte de mon âme et de mon être. J’ai eu l’impression que chaque parcelle de ce voyage m’a permis de me retrouver peu à peu et que, lorsque je suis revenue, je me suis sentie un peu plus perdue qu’avant de partir. J’ai réalisé que vivre de nouvelles expériences peut être autant déroutant qu’exaltant, autant épuisant qu’énergisant.

Tu sais, il y a maintenant un an, jour pour jour, je quittais ma province natale pour déménager à l’autre bout du Canada, à la poursuite de mes rêves. La tête remplie des métaphores d’Alexandre Poulin, remplie de rêves bien définis, mais à la fois si flous ! Traverser le Canada en voiture, m’établir à plus de 5000 kilomètres de tout ce que j’ai toujours connu. Le début de la grande aventure. On aurait pu penser que ce serait le voyage le plus enrichissant de ma vie. Devoir rencontrer de nouveaux amis, m’habituer à un nouveau travail, établir de nouveaux repères, le tout en entretenant les relations les plus importantes de ma vie, à distance. Oui, c’est définitivement un grand défi et oh combien enrichissant. Pourtant, je fais en ce moment face à un défi encore plus important. Atterrir. Mon corps est revenu à Vancouver, il y a de cela deux jours maintenant. Ma tête, elle, vagabonde encore. Elle vagabonde tellement que je n’arrive pas à profiter pleinement du fait de dormir dans mon lit, de prendre ma douche à l’eau chaude, de sentir ses bras autour de moi, ses baisers dans mon cou. Elle vagabonde tellement que je me demande quand est-ce que je vais repartir et où est-ce que je vais repartir. Je suis tombée en amour avec Antigua, en amour avec son architecture, avec sa langue, avec sa « vibe ». Pourtant, j’habite ici, je travaille ici, je dois revenir ici.

Ma tête vagabonde tellement que j’ai demandé à mes amis de voyage, oui ceux que j’ai rencontrés à Antigua, si c’était normal que je me sente ainsi. Que j’aie envie de prendre le premier avion vers l’endroit le moins cher possible, possiblement le Guatemala. Que je veuille « pacter » mon sac, prendre du linge propre… ou même sale et repartir à l’aventure. On m’a dit que c’est normal. On m’a dit que le truc c’est de planifier son prochain voyage. Ça aide à rêver encore. Ça aide à oublier le train-train quotidien. Ça aide à planer encore un peu tout en restant arrimée sur Terre.

Je me sens comme une drug addict qui essaie de devenir clean. J’avoue que je ne connais pas ce feeling, parce que ça ne m’est jamais arrivé, mais je suis persuadée que c’est semblable. Autant viscéral. Ça demande beaucoup de self-control, c’est pas trop trop ma force ça, le self-control.

Donc, maintenant que j’essaie de réussir mon premier atterrissage, je vais probablement commencer à planifier mon prochain voyage. Et apprendre l’espagnol.

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