Retour d'expérience et conseils!

Depuis le début de l’hiver, je vois plein de gens partir avec leur gros sac à dos, leurs raquettes et leur courage pour aller affronter les sentiers et y dormir tout près dans le banc de neige le plus « confortable ». Au début, je les croyais fous! Dormir à -20°C dans une petite tente de toile… J’avais des doutes. Je croyais que ce genre d’activité était réservé aux grands explorateurs du Nord! D’ailleurs, je ne pensais pas que cette activité était « populaire » au Québec. Par contre, j’ai rapidement été très (très très) excitée par ce nouveau défi que je me suis lancée : le camping hivernal.

Étant donné qu’il y a peu de témoignages sur le sujet, je me suis dit qu’il serait intéressant de vous parler davantage de mon expérience.
Voici, comment s’est déroulé ma toute première nuitée en camping hivernal!

Par où commencer en camping hivernal?

Tout d’abord, je dois commencer par vous mentionner que je suis une personne TRÈS frileuse dans la vie de tous les jours. Déjà, j’appréhendais cette nuit comme un énorme défi. En plus, on ajoute à cela que j’étais seule. Disons que mon entourage n’était pas très enjoué par l’idée, pas comme je l’étais. Mais bon, ce n’était pas ma première nuit en camping: niveau confort, je savais un peu à quoi m’attendre. Donc, j’ai commencé à faire plusieurs recherches sur Internet et à écrire à des gens qui s’y connaissaient beaucoup plus que moi.

En fouillant un peu sur le web, j’ai utilisé ces articles qui abordaient le sujet:

Après toutes mes lectures, je me suis convaincue de tenter l’expérience en prenant tous ces conseils. Ils m’ont rassurée et encouragée. C’est pourquoi je me suis lancée dans ma première expérience en camping hivernal… dans ma cour arrière. Question d’avoir un plan B! J’étais prête, mais pas au point d’expérimenter le tout seule à plusieurs kilomètres de chez moi.

La première chose que j’ai faite fut de planifier une nuit où la température n’était pas trop froide (entre -5 et -10°C et avec des vents légers). Ensuite, j’ai regroupé tout mon équipement et j’ai tout analysé ce qui pouvait être utilisé. Sachez que je ne suis pas équipée à 100% pour ce genre d’activité et que je me suis débrouillée avec mon matériel et quelques trucs empruntés ou achetés.

Matériel utilisé

Voici tout mon matériel pour le camping d'hivers:
- Tente 3 saisons
- Matelas isolant
- Matelas de sol auto-gonflant
- Sac de couchage d'hiver
- Oreiller gonflable
- Drap d'auberge
- Tuque et cache-cou
- Vêtements et bas en laine de mérino
- Raquette, lampe frontale et batterie de recharge.
Voici tout mon matériel pour le camping hivernal!

D’abord, en suivant les judicieux conseils d’Anne, j’y suis allée pour une tente standard, 3 saisons. Malgré le fait que ma tente avait des moustiquaires, la toile par-dessus coupait le vent. À noter que si vous êtes en forêt – ou comme moi dans votre cour arrière – cet abri convient amplement. Par contre, si vous n’êtes pas isolés du vent, comme sur un lac ou au sommet d’une montagne, il vous faut une tente conçue pour l’hiver.

Pour ce qui est de la base pour dormir, un matelas de sol est préférable à un gros matelas gonflable. Celui que j’ai utilisé a environ 1,5 pouces d’épaisseur et une valeur R de 3,9, ce qui signifie qu’il n’est pas isolé pour l’hiver. Par ailleurs, pour qu’un matelas de sol soit efficace en hiver, il doit avoir une valeur R de 4,5 et plus. Pour cette raison, je me suis procuré un matelas isolant que j’ai placé sous mon matelas de sol pour me couper du froid.

Comment rester au chaud?

La fameuse question: comment rester au chaud? Je me la suis posée des milliers de fois… même durant mon sommeil. J’ai rapidement compris que l’élément primordial est le sac de couchage: il doit ABSOLUMENT être conçu pour l’hiver, c’est-à-dire pour des températures sous 0°C. C’est pourquoi j’ai dû emprunter un sac de couchage allant jusqu’à -30°C. D’ailleurs, il est conseillé d’utiliser un sac de couchage de type momie. Celui que j’avais ne l’était pas, mais il couvrait tout mon corps. Pour ma part, cela ne m’a pas du tout dérangé. J’ai eu bien chaud durant toute la nuit.

Vêtements et accessoires utilisés

Pour ma part, j’ai utilisé un oreiller gonflable et un « drap d’auberge ». Ce drap est fait comme un sac de couchage. En camping d’été, il me sert de doublure. Je l’utilise aussi en voyage dans les auberges jeunesses ou dans les avions. Cette fois-ci, je l’ai utilisé pour couvrir mes yeux et ma tête pour mon confort personnel. Une autre couverture quelconque aurait pu fonctionner.

Pour ce qui est des vêtements, je portais:
– Chandail à manches longues de type dry fit ajusté au corps
– Chandail à manches longues en polar
– Legging doublé en polar de type combine
– Bas en laine de mérinos
– Cache-cou mince
– Tuque
Et j’ai été très bien! Ni trop chaud, ni trop froid… pour moi! Pour quelqu’un qui n’a pas souvent froid, cela peut être trop.

Pour terminer, j’ai utilisé des raquettes. Ma cour arrière n’étant pas déneigée, j’ai due piétiner le sol pour avoir une surface plane. Je vous conseille de faire de même ou de vous apporter une pelle rétractable si jamais vous voulez creuser un trou pour faire un feu.

Enfin, n’oubliez pas votre lampe frontale! Une chance que j’étais à 10 pieds de chez moi, car j’avais oublié cet item.

Conseils pour le camping hivernal

Voilà comment je me suis adaptée pour ma première expérience et comment j’ai utilisé ces nombreux conseils. J’ai adoré mon expérience! Cependant, voici quelques conseils à ajouter pour optimiser votre future nuitée dans la neige.

Conseil #1

Peu importe où vous tenter l’expérience, procurez-vous des bouchons. Votre nuit sera beaucoup plus reposante que la mienne, j’en suis certaine!

Conseil #2

De plus, synchronisez votre dernière envie d’aller à la salle de bain avant de vous coucher. Aussi, ne buvez pas jusqu’à la dernière seconde avant de fermer les yeux. Il est très désagréable de sortir la nuit pour aller faire pipi dans le banc de neige!

Conseil #3

Ensuite, dès que l’humidité s’accumule, ouvrez votre sac de couchage et changez vos vêtements pour des secs de sorte à évacuer cette humidité/ sueur. Toutefois, il ne faut pas attendre d’avoir froid avant de se changer. Bref, il s’agit de l’ennemi #1 du camping hivernal.

Conseil #4

Si vos bas sont humides, retirez-les et placez-les sur vos épaules. Avec la chaleur du corps, l’humidité s’évaporera et vos bas seront secs.
D’ailleurs, si vous souhaitez utiliser des compresses chauffantes de type hot pad, retirez-les dès que vous êtes au chaud. À force de les garder aux mains ou aux pieds, vous commencerez à suer et à augmenter l’humidité dans votre sac de couchage.

Conseil #5

Aussi, placez vos vêtements en surplus dans un sac de plastique de style Ziploc ou autre, et placez-les dans votre sac de couchage. De cette façon, vous les gardez au chaud et à l’abri de l’humidité. Durant la nuit, notre respiration crée beaucoup d’humidité et cette humidité s’accumule dans la tente. Ainsi, les gouttelettes d’eau formées se déposent partout dans l’habitacle et risquent de geler vos vêtements. Au final, cela vous évite de mettre des bas gelés si vous ressentez le besoin de les changer.
Faites la même chose avec votre téléphone cellulaire et une batterie portative pour la recharge. De cette façon, il y a plus de chance que le tout fonctionne au réveil!

Conseil #6

NE PAS RESPIRER DANS SON SAC DE COUCHAGE. En effet, c’est très tentant! C’est pourquoi j’ai utilisé un cache-cou et un drap d’auberge. Cela me permettait de conserver encore plus la chaleur de mon visage. J’avais seulement le bout du nez qui dépassait.

Pour conclure, je vous mentirais en disant que j’ai passé une nuit paisible, sans tracas et reposante. Chaque coup de vent me réveillait. Je crois que j’avais un léger stress d’échouer. D’ailleurs, aux alentours de 4h AM, j’ai décidé de rentrer chez moi pour terminer ma nuit (j’avais quand même une journée de travail qui m’attendait le lendemain). Cependant, en rangeant mon matériel, j’étais hyper fière de moi. Je me suis tout de même surpassée en solo, je me suis fait confiance et j’étais bien préparée malgré tout. Si le camping hivernal (ou de mi-saison) est une activité qui vous intéresse, il n’est pas trop tard. Il reste encore plusieurs nuits sous la barre des 0°C durant le printemps. De plus, je vous suggère fortement de lire l’article d’Anne Jodoin, une collaboratrice de Nomade Magazine, pour plusieurs trucs et astuces. Vous y retrouverez d’autres conseils que je n’ai pas mentionnés ici comme « Où passer la nuit ? » et « Quoi manger en camping d’hiver ? ». Dormir au grand air est très apaisant même si ce n’est pas toujours reposant!

Bonne expérience!

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