Quand on pense à la Bavière, on pense bière et Oktoberfest, mais la Bavière a bien plus que cela à offrir, et heureusement! Je pense ici à ses paysages uniques, ses lacs émeraudes, ses châteaux magiques, sa cuisine savoureuse, ses villages colorés, ses traditions toujours vivantes, ses marchés de Noël féeriques, sans oublier les Bavarois eux-mêmes, bon vivants et accueillants. Je parle ici d’expérience, car j’ai eu le bonheur d’y habiter plusieurs années et la chance de la parcourir du nord au sud et d’est en ouest.

La Bavière, dont la capitale Munich est un bijou en soi, s’affirme fièrement comme une région prospère, une des régions allemandes dont la qualité de vie est souvent jalousée dans le reste du pays. Qui aime bien châtie bien. La Bavière est aimée et enviée. Cet état fédéré tient à son histoire, sa culture et sa personnalité, à commencer par son caractère bien trempé. Dans le sud de l’Allemagne, on vous accueille par un chaleureux et très régional : « Gruss Gott ». Ici, pas de simple Guten Tag (bonjour), comme ailleurs dans le pays, mais un traditionnel « Dieu vous salue ! ».

La Bavière, c’est mille et un petits villages à découvrir, une flamboyante capitale et des paysages époustouflants de beauté et de magnificence qui en font une destination voyage incontournable. La Bavière vous séduira été comme hiver.

En été, les amateurs de plein air, de randonnée, de vélo de montagne, d’escalade, de kayak ou de rafting ont l’embarras du choix des destinations pour profiter de la nature et des milliers de kilomètres de sentiers en montagne. Le bonheur des randonneurs bavarois est la récompense après l’effort. En effet, au bout de chaque balade, excursion au sommet des montagnes les plus abruptes, on trouve toujours un Gasthaus à la vue imprenable sur la vallée, où l’on peut prendre une bière ou une « Radler », une boisson rafraîchissante composée à 50 % de bière et à 50 % de limonade. Après l’effort, des paysages alpins sublimes s’offrent ainsi à vous.

En hiver, les nombreuses stations de ski vous accueillent avec leurs pistes pour tous niveaux dans des décors de carte postale. Vous pratiquerez alors le ski alpin ou de fond, la raquette, voire même la luge dans un décor nouveau, avec une hôtellerie et une gastronomie qui vous étonneront par leur luxe et leur professionnalisme. La Bavière est le paradis des activités extérieures et, ce, durant les quatre saisons. Et comme les Bavarois demeurent d’authentiques épicuriens, l’après-ski est tout aussi important que le sport en soi. Festoyer après l’effort, une belle philosophie.

Voici mes 10 incontournables à faire et voir lors de votre prochaine visite en Bavière :

Königssee : En français, son nom « Le lac du Roi » exprime déjà tout. Ce lac est en effet l’un des plus beaux lacs qu’il m’ait été donné de voir. Non loin de la frontière autrichienne, dans le sud de la Bavière, le Königssee est sublime. Ce lac d’une eau limpide et émeraude, coincé entre des montagnes majestueuses, trouve en son milieu une petite île tout à fait charmante sur laquelle se trouve l’église de Saint-Barthélémy aux dômes rouges et un restaurant dont les filets de truite sont réputés à des kilomètres à la ronde. Je vous recommande donc la promenade en bateau qui vous y mènera. Pour les plus sportifs, une longue promenade le long du lac mène vers un chalet où il est possible de déguster une tartine de pain frais avec du beurre maison. Un délice, goûter les merveilles du Königssee jusqu’au bout. Je vous l’ai dit, le réconfort après l’effort! Les Bavarois savent allier saveur et labeur.

Nid d’Aigle : Non loin du magnifique Königssee se trouve sur les hauteurs des Alpes bavaroises le tristement célèbre Nid d’Aigle. Ce lieu historique fut la résidence de villégiature du Fürher, Adolph Hitler. Il fit construire au sommet de cette montagne une immense résidence, accessible uniquement par un magnifique ascenseur se trouvant au bout d’un tunnel par lequel on accède à pied. De cette résidence ne subsiste aujourd’hui qu’un restaurant. Le dictateur y accueillait ses officiers pour « diriger » le monde. Par respect, humilité et pudeur, il n’y a aucun musée, ni mention de l’ancien occupant des lieux. Il est même difficile de trouver le site. La vue y est tout simplement à couper le souffle. On peut y apercevoir, si on a de la chance, des aigles survoler le fameux « nid ».

Berchtesgaden : En reprenant la route, dirigez-vous vers Berchtesgaden. Une route panoramique époustouflante vous mènera vers un typique village bavarois où il fait bon se promener été comme hiver pour admirer les façades ornées et colorées des maisons et des édifices. En Bavière, les façades de maisons peintes demeurent une tradition bien vivante. Ces fresques représentent diverses scènes relatives aux métiers traditionnels, à la religion (la Bavière est très catholique) ou à des activités patrimoniales de la région.

Linderhof : On vous parlera beaucoup du château de Neuschwanstein, celui dont Walt Disney se serait inspiré pour créer son universel logo, celui qui fait briller les yeux des enfants. Le château de Louis II de Bavière construit en l’honneur de Richard Wagner pour y écouter ses épopées musicales, ses grandioses opéras, est devenu très, même trop touristique. Pas le temps d’admirer le décor, il faut avancer pour céder la place aux prochains touristes. Le site reste magnifique, le château très beau, mais la visite sans âme. Je vous recommande cependant, à quelques kilomètres de là, près du joli et très typique village d’Oberammergau, une autre résidence royale de Louis II de Bavière, le Château de Linderhof et la grotte de Vénus. Cette dernière est entièrement artificielle et fut construite pour recréer l’ambiance d’un opéra de Wagner, Tannhaüser. Je vous l’ai dit, il était fan de Wagner ! L’architecture du château, particulièrement ingénieuse, saura vous surprendre par quelques astuce uniques. Il faut les voir pour le croire et vous les dévoiler ici reviendrait à gâcher votre plaisir… Juste pour attiser votre curiosité, la chambre à coucher royale est une copie de celle du roi Soleil, Louis XIV.

Dachau : Parce qu’il ne faut jamais oublier, un site pour les amateurs d’histoire et je dirais même pour tous est le camp de concentration de Dachau, à une vingtaine de kilomètres de Munich. Ce fut l’un des premiers camps de concentration en Allemagne. La visite du site dure entre 2 et 3 heures pour tout voir. Elle est bouleversante. Passer sous le porche surplombé de l’inhumaine inscription « Arbeit macht frei » (le travail rend libre) glace le sang… sachant que bien peu de détenus de ce camp retrouvèrent leur liberté. À Dachau, des prisonniers politiques, des homosexuels, des Tziganes et des Juifs furent éliminés. On peut encore y voir des reconstitutions de baraquement, les chambres à gaz et des fours crématoires. Un musée impressionnant et riche permet de saisir toute l’horreur de ce camp aujourd’hui devenu un lieu à la mémoire des victimes de la barbarie nazie.

Nuremberg : Plus au nord, une ville qui a joué un rôle important pendant la période nazie, mais dont l’histoire est beaucoup plus riche, Nuremberg, est de nos jours reconnue avant tout pour son château impérial – la Bavière est le royaume des châteaux – et pour son fabuleux et gigantesque marché de Noël. Les marchés de Noël, en Allemagne et spécifiquement en Bavière, sont des institutions. On les fréquente entre amis, en famille, avec les collègues. On y boit un vin chaud, le « Glühwein », avec ou sans alcool. On y déguste une saucisse ou deux, ainsi qu’un biscuit de pain d’épices, et on admire les lumières. Chaque marché a son originalité. À Munich, on n’en dénote pas moins de cinq ou six juste dans le centre-ville, l’un étant plus avant-gardiste, l’autre avec des décors de conte de fée se destinant avant tout aux enfants. Celui de Nuremberg se situe sur la grande place centrale, la place du marché, juste devant l’Hôtel de Ville ( le « Rathaus »).

Biergarten – Der Chinesische Turm :Les jardins de bière – Biergarten – sont innombrables dans les villes bavaroises, mais mon coup de coeur est celui de la Chinesischer Turm (la tour chinoise) de l’Englisher Garten (le jardin anglais) de Munich. Au milieu du plus grand et du plus beau parc de la ville se situe ce Biergarten, au pied d’une tour chinoise où l’on peut entendre les fins de semaine des orchestres de musique bavaroise. Des centaines de tables longues accueillent les familles, les amis et les touristes de partout dans le monde. Un parc pour enfants et un vieux manège de bois créent une ambiance familiale et festive. On y consomme de la bière, mais aussi d’autres boissons alcoolisées ou non. On y amène son pique-nique ou on commande du poulet rôti, un jarret de porc rôti ou des côtes levées aux kiosques aux alentours. Un moment de détente, de convivialité et de vraie tradition !

Oktoberfest : Bon, je l’avoue : participer une fois à cette gigantesque fête de la bière s’avère une expérience impressionnante. Voir ces immenses chapiteaux qui accueillent ces milliers de buveurs de bière et mangeurs de bretzel est phénoménal. Chaque tente représente une brasserie. L’Oktoberfest reçoit environ six millions de visiteurs en deux semaines. Aujourd’hui, il s’agit d’une industrie tant touristique que brassicole. La tradition se perpétue de porter le trachten (vêtements traditionnels), d’assister au défilé des brasseurs, mais bon nombre de Bavarois sont de plus en plus las de ce que devient l’Oktoberfest. Entre vous et moi, et petit conseil aux voyageurs, après avoir discuté de nombreuses fois des magnifiques vêtements traditionnels portés lors de cette fête, les Bavarois sont offusqués de voir tant de touristes porter cela comme un déguisement, se costumant avec un simili trachten en polyester commandé sur Ebay. Les trachtens, le dirndl pour ces dames et les lederhosen pour ces messieurs, se portent encore aujourd’hui beaucoup, parfois même au quotidien. Ce n’est pas un costume de carnaval. Ces derniers se sentiront honorés si vous prenez la peine de choisir un véritable habit de circonstance. Il y a à cette période beaucoup de magasins qui en louent ou vous pouvez même vous gâter et en acheter un. Ces vêtements sont très jolis et très confortables, j’ai testé et adoré en porter dès que j’en avais l’occasion.

Passau : Plus vers l’est, c’est une petite ville, un secret bien gardé qui mérite d’être visité. Surnommée Dreiflüssestadt – ville des trois rivières – Passau se situe au confluent du Danube, de l’Inn et de l’Ilz, un spectacle en soi que d’observer le point de rencontre de ces trois eaux. On y arrive souvent par bateau, car Passau figure sur l’itinéraire de nombreuses croisières sur le Danube. Quelques heures permettent de découvrir les jolies ruelles de cette cité. Je l’avais découverte en vélo lors d’une excursion de Munich à Vienne… Cela se fait facilement sur plusieurs jours, car la piste cyclable longe le Danube, une piste plate « presque » tout le temps. Mais c’est là une autre histoire. Ses places pittoresques, ses ruelles romantiques, le magnifique hôtel de ville de style gothique, la cathédrale Saint-Étienne ne sont que quelques-unes des attractions de Passau.

Lindau et le Bodensee : En français le lac de Constance, l’un des lacs les plus connus de Bavière. Ce magnifique plan d’eau, au sud de la Bavière, long de 63 kilomètres, sert de frontière entre trois pays : l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche. L’entrée de la petite ville de Lindau est sous la protection, d’un côté, d’une immense statue de grès de 6 mètres de haut représentant un lion fier et assis, le symbole de la Bavière, et de l’autre côté, d’un beau phare du XIIIe siècle de 37 mètres de haut. Tous les amateurs de photographie capturent cette image. Pour ces mêmes amateurs, les couchers de soleil sont tout simplement extraordinaires sur le Bodensee.

Se limiter à dix destinations uniquement pour la Bavière est un défi, car elle regorge de petits villages, de lacs, de châteaux, de paysages magnifiques, de musées dont on ne se lasse jamais. Même après plusieurs années, je n’ai pas eu la chance de découvrir toutes ses beautés… rien que Munich vaut un article ! Je vous promets, je vous en reparle bientôt !

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