« C’est quoi ta prochaine aventure ? », m’a-t-on demandé. « Le Liechtenstein », ai-je répondu. Le quoi ? Le Liechtenstein, l’un des plus petits états du monde, situé en Europe centrale, coincé entre la Suisse et l’Autriche. Encore préservé du tourisme, le territoire est jonché de montagnes, de forêts et de vallées, de paysages variés et d’une nature à couper le souffle.

C’est parti pour cette nouvelle aventure. Après presque dix heures de route, nous abandonnons la voiture à Vaduz pour huit jours et endossons nos sacs à dos, remplis de vivres, d’une tente, de nos sacs de couchage, nos matelas et nos vêtements. Au total : douze kilos. Nous attaquons le premier jour avec fraîcheur, enthousiasme et peut-être un peu de naïveté ; à la fin de la journée, nous sommes déjà perchées à 1.400 mètres d’altitude. Nous plantons ici notre tente pour la nuit, un endroit qui nous offre une vue magnifique sur l’autre flanc de la montagne, du côté de la Suisse.

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Le soleil se lève et tape sur les montagnes en face. Les vaches sont elles aussi réveillées, les cloches à leurs cous résonnent sur les flancs. Autant le montage de la tente la veille a été rapide, autant le démontage et le repliage sont plus compliqués. Nous voilà reparties pour ce deuxième jour et nous allons encore prendre de la hauteur. Le dénivelé est rude et les sacs deviennent de plus en plus lourds, mais nous persévérons, jusqu’à atteindre les sommets. Et sans le vouloir, se retrouver en Autriche. Ainsi, toute la journée, nous marchons sur les crêtes des montagnes avec à notre gauche l’Autriche et à notre droite le Liechtenstein. Sauf que le temps file, la météo devient incertaine et nous sommes toujours sur le Garzellakopf, l’un des plus hauts points du Liechtenstein, à près de 2.100 mètres d’altitude. Les chemins balisés sont escarpés et nos sacs peuvent nous faire basculer dans le vide à tout moment. L’incertitude et l’angoisse gagnent du terrain, mais nous devons continuer et descendre ; passer la nuit ici s’avère trop dangereux, d’autant plus que la nuit tombe tôt en montagne. Légèrement plus bas, non loin de Gaflei, nous trouvons finalement une plaine dans laquelle nous plantons la tente pour la deuxième nuit.

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Les jours passent et ne se ressemblent pas ; nous traversons des villages typiques, rencontrons des personnes des plus accueillantes, croisons des marmottes ou encore des biches, découvrons sans cesse les merveilles de la nature. Mais cela devient de plus en plus difficile physiquement, au point d’aller puiser dans nos limites physiques et psychologiques. La fatigue se fait sentir, les ampoules font leur apparition aux pieds, les muscles se tendent, mais les paysages qui défilent devant nos yeux nous font oublier ces douleurs.

Nous avançons et nous avons déjà parcouru une bonne partie du pays. Nous redescendons doucement pour voir ce qui se trame vers la vallée et le mythique Rhin, en transperçant les multiples forêts qui regorgent d’une incroyable biodiversité : fruits comestibles, plantes et animaux sauvages.

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Huit jours. C’est finalement le temps qu’il a fallu pour traverser ce petit pays de bout en bout (avec un heureux passage en Autriche et en Suisse). Huit jours à porter péniblement un sac sur le dos, rempli de quoi vivre quotidiennement. Huit jours à aller puiser nos ressources. Mais huit jours d’émerveillement, à faire face à de nouvelles découvertes, de nouvelles aventures chaque jour. Huit jours de dépassement de soi et de retour à l’essentiel, au cœur-même de la nature et du contact avec la population locale.

Aujourd’hui, à nouveau plongée dans la routine quotidienne au milieu des pots d’échappement et du temps qui presse, la nature me manque. J’ai pris goût à cette forme de voyage, à tel point que mes prochaines vacances iront certainement encore dans ce sens !

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