La Mongolie est un pays qui fait rêver les voyageurs, mais plusieurs pensent, à tort, que c’est un pays peu accessible ou inabordable. Pourtant, comme la plupart des pays du monde, c’est un pays qui peut être découvert  de différentes façons et où chacun y trouvera son compte.

En ce qui me concerne, la Mongolie n’était pas un rêve, loin de là. Toutefois, au cours des dernières années, j’ai trainé mon chum dans de nombreux endroits qui ne lui disaient pas grand-chose alors c’était à son tour d’arrêter son choix sur une destination. Les billets d’avion étant assez chers en été, ce fut une excellente destination pour laquelle utiliser nos points Aéroplan. En nous y prenant dix mois à l’avance, nous avons réussi à dénicher des vols pour aussi peu que 91$ et 90 000 points avec Turkish Airways. D’ailleurs, par expérience, s’y prendre très à l’avance est la meilleure façon de rentabiliser ses points Aéroplan, si vous en avez. Et sachez que si vous devez annuler votre voyage, il ne vous en coûtera que 100$ pour récupérer vos points et votre argent. Il y a donc beaucoup plus à gagner qu’à perdre. Prenez tout de même la peine de revérifier cette info avant de réserver.

Choisir sa façon de voyager

La Mongolie est définitivement un pays qui se visite mieux avec son propre véhicule. Il est toujours possible de se limiter aux villes et d’utiliser les transports en commun, mais comme c’est un pays de paysages et de grands espaces, ce n’est pas ce que je recommanderais. Certains voyageurs rencontrés avaient apporté leur tente et équipement de camping et ne louaient que le véhicule avec chauffeur sur place. Cette option revient à environ 120usd par jour et il faut compter au moins une quinzaine de jours pour parcourir le nord et le sud du pays. De notre côté, nous avions opté pour l’option plus «luxueuse», soit un tour incluant repas, logement en yourte ou camping (équipement inclus) et accompagné d’une étudiante/cuisinière parlant anglais. Cette option nous est revenue à 200usd/jour avec Danista Nomads Tours. Le prix est à peu près le même si vous êtes plus nombreux. On a aussi croisé des routards qui se sont rencontrés sur place et ont partagé les frais de tels transports. Il est donc tout à fait envisageable de se rendre seul en Mongolie et de trouver sur place des voyageurs avec qui faire la route et partager les frais. Quant à nous, nous n’avions que trois semaines de vacances et étions contents de ne pas nous casser la tête et surtout d’être accompagnés de quelqu’un qui pourrait répondre à nos questions.

Le sud

Quant à l’itinéraire, le pays est si vaste et a tant à offrir que vous pourriez y passer des mois. Pour un premier voyage, nous voulions découvrir les classiques du nord et du sud. Nous avons commencé par le sud, qui n’a cessé de nous émerveiller tant cette région est diversifiée. Certes, la route est longue, pratiquement toujours sur pistes, mais on tombe rapidement en mode contemplation. Personnellement, contrairement à ce que j’aurais pu penser, je dois avouer que chaque yourte m’émerveillait. Je ne suis normalement pas une fille de nature et de grands espaces. Je suis plutôt villes et marchés. Mais les paysages mongols ont quelque chose de si énigmatique que j’ai été totalement envoutée. Mes coups de cœur du sud furent Tsagan Suvraga, Yolyn Am et la dune de Khongoryn Els dans le mythique désert de Gobi. Ce désert atypique m’a d’ailleurs beaucoup plu. La dune de Khongoryn Els, qui fait plus de 150 km de longueur, est vraiment impressionnante, surtout à dos de chameau. D’ailleurs, les chameaux mongols sont uniques. Ils sont trapus et bien velus. À essayer absolument!

Dans le désert, plusieurs yourtes (appelées ger en mongol) sont faites en peau de chameau, ce qui y laisse une odeur plutôt désagréable, mais est parfait pour isoler de la chaleur et du sable. J’ai beaucoup apprécié dormir dans les yourtes, d’abord parce que c’est plutôt confortable, mais aussi parce qu’en général elles appartiennent à une famille qui monte 4-5 yourtes à côté de sa maison afin d’accueillir les touristes de passage comme nous. Il y a donc une petite impression de gîte du passant et on sait aussi que ce revenu est non-négligeable dans la vie de ces nomades. J’aime savoir que l’argent du tourisme n’encourage pas seulement un même conglomérat, mais plutôt monsieur et madame tout le monde. Sachez toutefois que ce type d’hébergement ne prévoit pas de sanitaires alors cela s’apparente plus à du camping sauvage qu’à un hôtel. Il existe des camps de yourtes touristiques et plus aménagés, mais ceux-ci sont plus chers et franchement moins authentiques.

Le nord

En remontant vers le nord, nous nous sommes arrêtés à Kharkhorin, la capitale de Gangis Khan. Cette pause culturelle avec accès au wifi fut la bienvenue après une semaine déconnectée! Le monastère d’Erdene Zuu est aussi un incontournable qui me rappelait énormément mon passage au Tibet. Puis, plus on se dirige vers le nord, plus les paysages redeviennent verts et les conifères apparaissent. Après un trop bref passage dans la petite ville colorée de Tsetserleg et au surprenant Fair Field Cafe&Bakery, nous avons campé une nuit au bord du lac Terkhiin Tsagaan (White lake). Là aussi, on serait bien restés une journée de plus afin de profiter des paysages extraordinaires et faire un peu de randonnée. Nous avons poursuivi vers Shine Ider, qui donne une impression de Sibérie ou du moins l’idée que je m’en fais, avant de nous poser au fameux lac Khovsgol. Cet endroit est très beau, mais ressemble beaucoup à de nombreux paysages que l’on retrouve au Québec. Si le temps n’est pas un obstacle, allez-y, mais sinon, je recommande de profiter davantage du sud ou du lac Terkhiin Tsagaan, tout aussi beau que le Khovsgol et plus dépaysant.

Nous sommes revenus à Oulan-Batoor un peu fatigués, mais vraiment heureux de notre périple pendant lequel nous avons mangé beaucoup de mouton et pas suffisamment de légumes, fait beaucoup de route et pas assez de randonnée puis partagé le voyage avec un chauffeur fantastique et une accompagnatrice qui l’était un peu moins. Un voyage n’est jamais parfait, mais je crois que nos déceptions sont toujours à la hauteur de nos attentes. Je n’avais aucune attente en allant en Mongolie alors ce voyage, dans toute son imperfection, m’a comblée. Et c’est ce que nous nous sommes remémorés, mon copain et moi, lors d’un dernier verre dans la capitale, du haut de la splendide terrasse du Ramada. Parce qu’il faut bien se gâter!

À lire également sur Nomade Magazine :