Nombreux sont les voyageurs qui se rendent en Asie du Sud-Est. À titre d’exemple, la Thaïlande a accueilli pas moins de 33 millions de touristes en 2016. Par contre, son petit voisin de l’est, le Laos, n’a reçu qu’un peu plus de 3 millions de touristes cette même année. Je n’ai pas de statistiques à cet effet, mais je suis persuadée qu’il n’y a qu’une infime partie de ces voyageurs qui se sont rendus au sud du Laos, la plupart des gens concentrant leur passage au nord, là où l’on retrouve la fameuse ville de Luang Prabang ainsi que l’agréable capitale, Vientiane. Pourtant, le Laos méridional compte de nombreux attraits qui valent le détour, sans compter que vous n’y croiserez pas de hordes de touristes qui vous bousculeront dans les temples ou vous garderont éveillés jusqu’aux petites heures du matin.

Les vols internationaux atterrissant directement au pays du million d’éléphants sont plutôt limités. Nous avons donc commencé notre périple à Bangkok, d’où nous avons pris un vol vers Nakhon Phanom avec Nok Air. De là, nous avons pris un songthaew jusqu’au terminal d’autobus afin de nous rendre à Thakhek. Tout cela se fait très bien en une journée et nous sommes arrivés à Thakhek juste à temps pour l’apéro. J’étais déjà allée au Laos à de nombreuses reprises entre 2003 et 2010, mais toujours au nord. J’ai vu le tourisme s’y développer à vitesse grand V et j’avais peur d’être déçue du Laos que j’allais retrouver. Au contraire, aussitôt la frontière traversée, j’ai tout de suite senti le contraste énorme avec la Thaïlande, pourtant juste de l’autre côté du Mékong, et je me suis vite rappelée ce que j’aimais tant dans ce pays : son calme et son authenticité. Thakhek est une petite bourgade tranquille où il y a à peine quelques restaurants touristiques et quelques hôtels, mais où l’on sent surtout que l’on se plonge dans un monde au rythme bien différent du nôtre. Il faut donc en profiter pour s’imprégner de l’atmosphère en se baladant tranquillement et en admirant l’architecture marquée par le passage des Français à l’époque de l’Indochine.

The Loop

De là, nous avons loué un scooter pour entreprendre ce qu’on appelle The Loop, soit une boucle de 450km qui passe à travers de jolis villages, des formations karstiques spectaculaires, des paysages de montagnes et de rizières, un énorme réservoir, etc. À Thakek, il y a plusieurs endroits où l’on peut louer des scooters et je vous dirais de ne pas lésiner sur la qualité de celui-ci. En effet, nous avons croisé des touristes en panne et étions bien contents d’avoir payé les 4$ supplémentaires qui nous ont permis de rouler sur une moto pratiquement neuve et très confortable, avec de l’espace additionnel sous le siège où nous pouvions déposer pas mal de choses et ainsi éviter de les transporter sur notre dos. À raison de 4-5 heures par jour passées sur la moto, chaque kilo compte. La route qui constitue The Loop est toute asphaltée, il y a peu de circulation et elle se parcourt en trois à cinq jours, ce qui en fait un circuit idéal pour les gens peu familiers avec la conduite en Asie.

Pour notre part, comme nous étions un peu coincés dans le temps, nous avons fait le parcours en 3 jours. C’était tout à fait correct, mais je dois admettre que j’aurais bien aimé me poser une journée de plus au Spring River Resort, un hébergement magnifique situé à proximité de la grotte de Konglor. Il faut savoir que tout au long de la route, il y a de nombreuses grottes, plages et villages à visiter. Nous avons utilisé l’information disponible sur Travelfish.org pour déterminer nos arrêts. La grotte de Konglor est définitivement le clou du spectacle et mérite qu’on s’y attarde une bonne demi-journée. J’ai visité des dizaines de grottes en Asie et aucune n’arrive à la cheville de celle-ci. C’est une cavité de 7km où coule une rivière sur laquelle il est possible de naviguer jusqu’à l’extrémité de la grotte. Cette même rivière se rend jusqu’au Spring River Resort qui offre la possibilité de se rendre à la grotte en bateau, ce que je vous recommande grandement afin de mieux vous imprégner des lieux et de pouvoir observer la vie au long des berges. Si j’avais eu plus de temps, j’aurais également été curieuse d’aller dormir dans le village de Ban Phalem tel que décrit dans ce dépliant touristique de la région.

Laos, The Loop

Savannakhet

De retour à Thakhek, les fesses quelque peu endolories, nous avons pris un bus jusqu’à Savannakhet. Honnêtement, cet endroit, surtout fréquenté par des touristes en quête de renouvellement de visa, n’offre rien qui vaille particulièrement le détour. Toutefois, j’aime bien découvrir de ces endroits qui n’ont rien de spécial de temps en temps. J’y trouve toujours quelque chose à faire et ce fut le cas à Savannakhet. Premièrement, nous logions au superbe Vivanouk Guesthouse d’où il est très agréable de simplement s’attarder et observer le quotidien des Laotiens. Il est également possible d’y louer des vélos pour se rendre au Wat That Ing Hang, le temple le plus sacré du sud du Laos. En route vers le Wat, il y a plusieurs restaurants locaux répartis dans de petites cabanes construites sur l’eau. Le réseau 4G et Google Images nous ont aidés à commander ce que nous voulions et ce fut une pause très agréable sur le chemin du retour. D’ailleurs, quand je voyage, j’achète toujours une carte sim locale et cela est ultra pratique, que ce soit pour la traduction, se géolocaliser ou utiliser Google Images! Je ne pourrais plus m’en passer. De retour à Savannakhet, en soirée, un petit marché de nuit s’anime sur la place centrale, mais nous avons préféré manger un sin dat, ou barbecue laotien, dans un énorme restaurant qui ne servait que ça. Si vous ne connaissez pas les barbecues asiatiques, il faut remédier à cela lors de votre prochain passage!

Champasak

Après un trajet de bus épique, c’est à dire interminable et embarquant une quantité de gens faramineuse,  nous sommes finalement arrivés dans la région de Champasak. En guise de cadeau de Noël, mon copain et moi avions décidé de nous payer un petit luxe en résidant à La Folie Lodge sur l’île de Don Daeng. Il faut savoir que le lodge compte une vingtaine de chambres hors de prix avec vue sur le Mékong, ainsi que deux chambres abordables situées dans le jardin. Nous avons opté pour cette dernière option et pouvions tout de même bénéficier de la vue à partir du restaurant alors c’était parfait. L’île de Don Daeng est une île au milieu du Mékong où il est possible de se rendre uniquement en bateau et où il est extrêmement agréable de se balader à vélo. Elle est située en face de Champasak alors, si vous décidez plutôt de vous poser dans cette séduisante localité, je vous recommande fortement d’aller passer au moins une demi-journée à Don Daeng. L’atmosphère des petits villages est paisible, il y a de belles plages, il n’y a pas de voitures et on y est chaleureusement accueilli. Quant à Champasak, c’est aussi une petite ville, voire même un village, où il fait bon vivre. Les touristes s’y arrêtent principalement pour aller explorer le célèbre Wat Phu, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, mais c’est également un endroit propice au farniente et somme toute peu fréquenté.

Les 4000 îles

À partir de Champasak, nous avons pris un bus et un bateau jusqu’à Don Khone où nous avons retrouvé la Banana Pancake trail. En effet, à peine après avoir mis le pied sur l’île, on sent qu’on est dans une ambiance de routards. Personnellement, je préfère être loin du tohu-bohu causé par les foules et j’étais très contente d’avoir réservé une chambre au Pomelo Guesthouse, un endroit au calme, seul dans son monde à l’autre bout de l’île. D’autant plus que la propriétaire, une Suisse, est très accueillante et nous en a beaucoup appris sur la vie locale. Je vous dirais même qu’une chance que nous étions là parce que disons que je n’ai pas adoré l’ambiance de Don Khone et Don Det. Peut-être parce que j’avais suffisamment relaxé et avais besoin d’un peu plus d’action? Des fois, tout est une question de circonstances. Nous sommes donc repartis des 4000 îles un peu plus tôt que prévu afin d’aller profiter de la frénésie de la Thaïlande, dans la ville d’Ubon Ratchatani. J’avais lu qu’il y avait un agréable marché de nuit et pour moi cela justifiait un passage prolongé dans cette ville frontalière sans attraction connue. Je ne l’ai pas regretté puisque nous y avons effectivement bien mangé et visité quelques temples emblématiques. C’est également à partir d’Ubon que nous avons repris un vol vers Bangkok, mais sachez que le train et l’autobus sont également des options.

Il y a une tonne de choses que nous n’avons pu faire en trois semaines, comme visiter le plateau des Bolovens ou faire une randonnée dans le parc national de Dong Phu Vieng. Tout cela pour vous dire que faire du sud du Laos une destination en soit est tout à fait justifié. D’autant plus que, entre décembre et février, le climat y est beaucoup plus confortable qu’au nord, du moins pour les gens qui préfèrent les gougounes aux souliers. Bon voyage!

Laos

À lire également sur Nomade Magazine :