L’été dernier, en vue de mes prochaines vacances sur le territoire européen, plusieurs choix de destinations s’offraient à moi. J’avais déjà séjourné dans plusieurs pays du parcours touristique «typique» et je voulais explorer une nouvelle partie de l’Europe. Après avoir été charmée par la particularité de Budapest en Hongrie et en portant mon regard un peu plus vers l’est, j’ai décidé d’établir un petit itinéraire de voyage en Roumanie.

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Bucarest

Bucarest est une ville particulière chargée d’une lourde histoire et qui en est marquée physiquement. Il faut savoir qu’une dictature y a persisté jusqu’en 1989 et que, jusque là, la population de la Roumanie a enduré les folies de Ceausescu et une certaine période de pauvreté. Il ne faut donc pas aller dans cette ville dans l’intention de voir des monuments prestigieux, comme on le ferait dans d’autres capitales européennes, mais plutôt pour y ressentir l’histoire du pays et de son peuple. Je conseille d’ailleurs de faire le free walking tour à Bucarest où l’on est accompagné d’un étudiant ou d’une personne passionnée de sa ville qui nous guide efficacement à travers les faits marquants de l’histoire. Malheureusement, le centre historique de Budapest a été en grande partie détruit selon les souhaits du dictateur, notamment pour faire construire le plus grand palais du monde, et il n’est donc plus possible de voir l’ancien marché ou les habitations de l’époque. Par contre, le centre détient toujours certains trésors comme une magnifique église grecque orthodoxe, la Stravopoleus, une rue marchande de l’époque du «Paris oriental» et un ancien marché de caravanes, l’Auberge de Manouc. À Bucarest, on ressent l’influence des cultures roumaines, roms et même celles de l’orient, pour être une ville ayant été sous l’influence ottomane. C’est donc possible de manger du délicieux turc au centre-ville !

En route pour la Transylvanie

À partir de Bucarest, il est possible de prendre des trains en direction du nord pour la Transylvanie. Les livres de voyage conseillent de prendre les trains première classe pour ne pas avoir à faire aux roms qui se font parfois insistants. On s’assit donc dans un vieux train grinçant avec des bancs de velours rouge et on part confortablement au pays de Vlad Tepes. On comprend alors rapidement ce que les guides touristiques veulent dire lorsqu’ils parlent de l’authenticité du pays. Alors que les plaines font place aux montagnes, que les grandes meules de foin se mettent à défiler et qu’on observe les gens travailler dans les champs, on a l’impression que ce pays est figé dans le temps, et c’est magnifique à voir. Les hommes portent des chapeaux de laine traditionnels, le căciulă, et les femmes de longues jupes et des foulards fleuris sur la tête. Tous manient la fauche ou la pioche et on ne voit aucun outil «technologique» de tout le voyage. Les familles font des pique-niques sur le bord des rivières et le train s’enfonce de plus en plus dans la forêt de hauts conifères. Vraiment, pour avoir voyagé en Europe, je peux dire que je n’ai jamais autant ressenti l’âme d’une place ! On débarque à Brasov.

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Brasov

Brasov est extrêmement différente de Bucarest, que ce soit au niveau de l’architecture ou de l’ambiance qui y règne. On découvre une ville déjà plus touristique avec de grands restaurants qui servent les spécialités roumaines, comme les cigares au choux servis avec polenta et crème sure, la soupe de fèves et les placinta (nom pas très alléchant pour décrire quelque chose qui l’est en fait totalement – sorte de crêpe salée à pâte feuilletée remplie de fromage, épinards, ou autre). Surplombée d’une montagne où l’on laissait autrefois les ours circuler librement, Brasov est mi-ville mi-fôret. Il faut visiter sa Black Church, ses enceintes saxonnes et pourquoi pas faire un peu de hiking pour profiter d’une vue panoramique sur la ville et atteindre son enseigne en grandes lettres blanches qui paraît presque comme celle de Hollywood (not).

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Sibiu

Comme Brasov, elle aussi ancienne ville saxonne, Sibiu possède une belle architecture allemande. Ses monuments n’ont pas été détruits comme à Bucarest et il est donc possible de voir des églises et des bâtiments civils à l’influence gothique et baroque. Si on a envie de faire les emplettes, les marchés et magasins de seconde main se trouvent en grand nombre à Sibiu. Il y a aussi plusieurs boutiques, dont des musées, qui vendent de l’artisanat traditionnel roumain comme des vêtements, des objets sculptés dans le bois, des bijoux et les fameux œufs peints roumains.

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En somme, la Roumanie demeure un pays surprenant à visiter. Si on n’en peut plus des files d’attentes devant les monuments à Paris ou à Rome et que l’on a envie de découvrir une culture qu’on ne découvre qu’à travers les gens de la place, ce pays offre une expérience authentique et riche. Bien sûr, un pays ayant un passé particulier comme celui de la Roumanie peut nous exposer à la pauvreté ou à des mœurs plus différents des nôtres et il est peut-être surprenant de prendre un train où s’agite une petite étoile rouge communiste, mais ces éléments font partie des richesses qu’offre le voyage; celui de se sentir ailleurs que chez soi !