C’est l’automne, c’est ma saison favorite. Ah les week-ends, je les attends toujours avec impatience en me demandant où j’irai m’évader cette fois ? Où je me retrouverai chez moi, parce que chez moi c’est partout où je pars à l’aventure, partout où je suis loin de mon quotidien, partout où je me sens libre et surtout partout où je reconnecte avec la nature. Les montagnes m’appellent et j’ai soudainement l’envie brûlante de gravir le mont Washington, sommet culminant du nord-est des États-Unis. Directions les White Mountains au New Hampshire. Objectifs du long week-end : gravir trois montagnes en trois jours.


Où dormir ?


Comme la température est très changeante en montagne et qu’à cette période de l’année il peut y faire très froid, on décide de trouver refuge sur un petit terrain de camping au pied des montagnes dans la région des Twin Mountains. Les musts du camping automnal : petite tente, sleeping bags d’hiver, réchaud, linge chaud, couvertures et bas de laine en extra, tsé juste en cas!


 3 jours – 3 sommets


Jour 1 : Mont Washington


C’est la montagne la plus haute de la région (6288 pi), son dénivelé est assez impressionnant (4255 pi) et son sommet est reconnu pour être imprévisible, venteux et froid. Ça sent l’aventure et on est plutôt fébriles à l’idée de s’attaquer à cette grosse bête. J’avoue avoir eu quelques appréhensions au niveau du sommet « commercial », mais on s’est dit que l’on ferait cette rando pour l’effort et la beauté de ce que cette impressionnante montagne nous offrira et non pas pour le sommet, parce que tsé ce n’est pas juste le sommet qui rend les randonnées exceptionnelles. L’ascension du mont Washington se fait via la Tuckerman Ravine Trail, sentier populaire, mais étonnement peu achalandé en ce long week-end. La montée est agréable et on croise sur notre route des petits refuges (Hermit Lake Shelter). L’endroit était vraiment accueillant et on s’est dit qu’on reviendrait y dormir. Peu de temps après, on se retrouve au centre du ravin et c’est à partir de là que la vraie ascension débute et que le climat se fait moins clément.

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La vue est magique de tous les angles et ça monte, ça monte, et ça monte encore. À mesure que l’on gagne en altitude, le vent et le froid se mettent de la partie. À partir du ravin, tout est en roche, en veux-tu de la roche, y’en a à perte de vue et, à chaque fois que tu penses que c’est le dernier cap à gravir, ben y’en a un autre qui apparaît devant toi. Mais rassure-toi et retourne-toi, regarde tout ce que tu viens de monter, regarde la vue, regarde les autres randonneurs sous toi qui ont la taille d’une fourmi, prends ton souffle et continue à monter, tsé faut ben s’encourager un peu!

aamodQuelques escalades périlleuses de roches plus tard, on y était, on avait atteint le sommet. La vue est imprenable derrière, mais épouvantable devant. Les seuls avantages du sommet « commercial » sont de pouvoir se mettre à l’abri pour luncher et se procurer un chocolat chaud pour se réchauffer. Point juste point. On a gravi le sommet en environ 3h30.

gg-modAprès le lunch, on décide de redescendre par un sentier différent soit le Lion Head Trail qui descend le long de la crête ce qui nous offre une vue panoramique incroyable. La descente est pratiquement aussi longue que la montée puisque l’on se promène de roche en roche en tentant de suivre le trajet proposé par les nombreux « inukshuks ». Le retour s’est effectué en environ 3h15.

wwC’était sincèrement l’une des plus belles randonnées que j’ai effectuées et je vous la recommande x 1000. Ce n’est pas une randonnée facile, mais l’effort en vaut assurément le coup. Je vous conseille de prendre quelques minutes pour vous renseigner, notamment sur la météo, au centre de services Pinkham Notch Visitor Center avant de débuter votre rando.


Jour 2 : Mont Monroe


Voisine du mont Washington et 4e plus haut sommet de la région (5384 pi), cette montagne représentait un autre beau défi. Après une nuit pluvieuse, le temps était humide et brumeux, donnant un air mystérieux aux paysages qui nous entouraient.

route-modOn emprunte donc la Ammonoosuc Ravine Trail  avec les jambes un peu raides de notre rando de la veille. À la première intersection, une affiche nous annonce que le refuge au sommet est fermé. Prendre note que ce refuge, le Lake of the Clouds Hut, est opérationnel seulement durant la saison estivale. La promenade est agréable, un peu boueuse et on traverse quelques petits ruisseaux, donc les bottes imperméables sont un must si vous ne voulez pas avoir les pieds trempés.

Soudainement, on aboutit au pied d’un escalier de roches qui semble infini et que l’on a surnommé « stairs to heaven ». La montée est assez abrupte et plutôt glissante à cause de la pluie qui nous tombe sur la tête à ce moment-là. Le sentier débouche ensuite sur une chute et de gros caps rocheux. Prochaine étape, grimper le long de la chute. Il y a peu de traces nous indiquant le chemin à prendre donc on y va pas mal au « feeling ». Plus on monte, plus on s’enfonce dans la brume et on a vraiment l’impression d’être dans un autre monde. Il commence à faire de plus en plus froid et le grésil est maintenant de la partie.

Ça sent la fin de l’ascension lorsque l’on commence à apercevoir des « inukshuks ». On était d’ailleurs pas mal heureuses d’arriver à ce point. On entendait des voix, mais on ne voyait toujours pas le refuge. Il est apparu devant nous lorsqu’on était à quelques pas de lui, juste pour vous donner une idée de la densité du brouillard. Le grésil avait alors laissé sa place à des flocons de neige. L’atteinte du refuge s’est faite en environ 3h.

monroe-11 On s’est jointes à d’autres braves randonneurs qui s’étaient mis à l’abri derrière le refuge. La température au sommet frôlait les -10°C, on gelait. Comble du bonheur, on a rencontré trois gars qui faisaient la traversée présidentielle et qui nous ont offert du café bien chaud. Je crois que c’était l’un des meilleurs cafés que j’ai bus de ma vie, sans blague.

img_2390Afin d’atteindre le sommet du mont Monroe, situé non loin du refuge, on devait se promener sur la crête via le sentier Crawford Path qui mène aussi vers le mont Washington. Vu la mauvaise météo et la crête plongée dans une brume opaque et un vent glacial, on a décidé de ne pas se rendre plus loin puisque de toute façon on n’aurait aucune vue. Un brin inquiètes par la descente à pic sur les roches glissantes, on l’a tout de même amorcé avec le sourire. Je crois que, dans ce genre de situation, l’important c’est de prendre le temps d’y aller doucement et de rester positive. Ouffff, descendre les caps rocheux givrés était sans contredit plus difficile que de les monter. Quelques mouvements de ninja, du « sliding bottine », des câlins d’arbres et ben des fous rires plus tard, on y est arrivées sans trop de mal. Malgré les mauvaises conditions, ça a été moins complexe que ce à quoi on s’attendait.

La dernière partie de la rando s’est faite dans un état très zen et le retour au stationnement fut d’une durée de moins de 3h.

J’ai trouvé cette randonnée difficile, mais tellement enrichissante que je la referais demain. Ça a été une belle aventure et somme toute un défi de taille. On y a vécu plusieurs gammes d’émotions et cette rando restera gravée longtemps dans ma mémoire. Elle a été, sans contredit, un gros coup de cœur. J’en retire de super beaux souvenirs et je vous souhaite d’en avoir autant lorsque vous déciderez d’explorer cette merveilleuse montagne.


Jour 3 : Mont Middle Sugarloaf


Après deux jours de longues et rudes randonnées, c’était la petite montagne parfaite pour admirer les sommets voisins et leur tête enneigée, profiter des couleurs de l’automne et se retrouver à nouveau dans les bois avant de prendre le chemin de la maison. Le départ se fait à partir de la sugarloaf trail d’où il est possible d’atteindre les deux petits sommets des monts Middle Sugarloaf (2539 pi) et North Sugarloaf (2310 pi). On a choisi de se diriger vers Middle Sugarloaf et on a atteint le sommet en moins d’une heure (jambes endolories incluses).

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Le sommet est assez vaste et la vue est vraiment magnifique. C’est étonnant ce que cette petite montagne a à offrir et ça a été un autre coup de cœur. Le plus impressionnant était de voir le sommet du mont Washington au loin qui était enneigé et entouré d’un tourbillon de nuages, brouillard et vent. Cette randonnée rapide est parfaite pour les randonneurs pressés, les randonneurs débutants  ou encore pour les familles.

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Bilan d’un trois jours de randonnées


C’était une merveilleuse expérience que je vais assurément répéter. Une alternative intéressante à ce genre de séjour est de dormir en montagne en pleine autonomie ou dans les refuges entre vos randonnées. C’est d’ailleurs une aventure que l’on a inscrite au top de notre « to do list » pour la saison prochaine! Si vous êtes en bonne forme physique, que vous êtes mordu de plein air, de randonnée et de nature, je vous recommande fortement une escapade dans les White Mountains.

 Crédits photographiques : Un merci spécial à mon amie Audrey Sauvé qui a embarqué à fond dans cette aventure et qui a pris la majorité des clichés qui se retrouvent dans cet article.