Je suis partie il y a maintenant 7 mois avec un billet aller et mon Visa Vacances Travail en poche, direction la Nouvelle-Zélande. Seule en tête à tête avec mon sac-à-dos, sans trop savoir ce qui m’attendait, j’étais déterminée à vivre cette aventure à fond. J’avais choisi ce visa d’un an dans le but de voyager différemment : prendre le temps de découvrir le pays de l’intérieur en ayant diverses opportunités de me fondre dans son environnement et sa culture… Le woofing s’est alors avéré être un incontournable de mon voyage.

Mount Taranaki - Nouvelle-Zelande

En quoi cela consiste-t-il ? Être accueilli chez l’habitant qui, en échange de quelques heures de « travail » journalier, vous offre le gîte et le couvert… Cela peut être sur une ferme, dans une famille, dans une auberge, en ville, à la campagne, sur un bateau… Bref d’innombrables possibilités s’offrent à vous. Prenez le temps de parcourir les annonces et choisissez celle qui vous inspire le plus ! La durée du séjour est également variable selon les besoins des hôtes ou selon votre disponibilité. Le concept est plutôt simple : il suffit de prendre contact et de se mettre d’accord sur les dates et les conditions d’accueil. Mais, bien plus qu’un simple moyen d’économiser un peu d’argent, c’est avant tout un réel échange humain.

Un nouveau défi à relever pour moi ! En toute honnêteté, il m’a fallu du temps et de nombreux retours positifs d’autres voyageurs avant de franchir le pas et d’envoyer ma première demande. Voyageant seule et n’ayant jamais fait ça auparavant, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. J’avais peur, peur de me retrouver seule chez des inconnus, peur du travail qu’on allait me demander, peur de mon niveau d’anglais (vraiment de base à mon arrivée en NZ), peur, peur, peur… Mais s’il y a bien une chose que nous apprend le voyage, c’est de vaincre ses peurs et de se lancer dans de nouvelles aventures. Je me suis donc finalement jetée à l’eau… et je ne le regrette pas aujourd’hui !

À peine quelques minutes après mon arrivée chez mes premiers hôtes, toutes mes appréhensions se sont très vite envolées ! J’ai été accueillie comme une reine et j’ai découvert ma chambre privée avec vue sur la mer des étoiles plein les yeux (après plusieurs semaines en dortoirs, je peux vous garantir que j’étais comblée !). Ma mission en échange de ce petit nid douillet était très simple: enfiler un bleu de travail, pinceau à la main, pour redorer une clôture de jardin. Je n’avais évidement jamais fait ça auparavant, mais tout l’intérêt du woofing se résume à ça ! L’échange de savoir-faire et l’opportunité de pratiquer des activités que l’on n’aurait peut-être jamais eu l’occasion de pratiquer. Et, pour ma toute première expérience, je dois avouer que j’ai eu de la chance : je suis tombée chez des personnes pour qui le mot ÉCHANGE était vraiment une priorité ! Je ne suis pas prête d’oublier les balades au lever du soleil sur la plage avec les chiens, la découverte des spots secrets où les otaries ont l’habitude de faire la sieste et ma toute première rencontre avec les pingouins (un de mes meilleurs souvenirs de voyage) ! Et j’y ai surtout partagé le quotidien d’un jeune couple de néo-zélandais (les kiwis comme on les appelle ici), en dehors du circuit touristique classique !

Oamaru - Nouvelle Zélande

Cette première expérience a donc, comme vous pouvez l’imaginer, attisé mon envie d’en vivre d’autres… Je me suis alors retrouvée quelques semaines plus tard à faire du jardinage. Qui l’eut cru ? Moi qui était capable de faire mourir une fleur rien qu’en la regardant. Je me suis retrouvée, râteau à la main, à planter des fraises, enlever des mauvaises herbes (selon mon propre jugement personnel, ce qui a souvent donné lieu à des “oups ! Ce n’était pas une mauvaise herbe !”), élaguer des arbres… et mes hôtes m’ont fait confiance ! J’y ai également découvert la gestion d’un troupeau de moutons (chose que j’avais toujours secrètement rêvé de faire en Nouvelle-Zélande !). Et, une fois de plus, j’ai eu la chance de recevoir énormément en retour : des repas divins, des balades à cheval pour découvrir les alentours, de longues discussions sur la vie et leurs nombreuses expériences de voyage… et surtout le partage de leur passion pour les fleurs et pour le métier de fermier. Quelle rencontre enrichissante !

Akaroa - Nouvelle-Zelande

Ma dernière expérience fut assez inattendue : vivre pendant quelques jours au cœur d’une communauté Maorie. Quel honneur ! Pour moi il était inconcevable de voyager en Nouvelle-Zélande sans découvrir cette culture, mais, avoir la chance de la découvrir de l’intérieur, hors des sentiers battus, au cœur d’une famille maorie, je ne l’aurais jamais imaginé ! Et le woofing me l’a permis. Ma mission était simple, participer aux tâches quotidiennes de la famille et de la communauté en échange du gîte et du couvert. J’y ai découvert leurs règles de vie, leur quotidien et leurs croyances. Mon hôte m’a également conviée à des funérailles afin que je puisse observer leurs coutumes. Cette expérience au sein de cette communauté a été vraiment bouleversante pour moi, tant par le choc des cultures que par le fait de devoir m’adapter à des règles nouvelles. Mais j’y ai énormément appris et me suis retrouvée confrontée à mes propres questionnements sur la vie !

Puis, entre temps, j’ai fait quelques woofings dans des auberges de jeunesse. Mission principale : ménage. Certes l’économie d’argent surpassait l’échange culturel contrairement à mes autres expériences, mais j’en ai néanmoins tiré que du positif et j’ai fait de nombreuses rencontres !

Le woofing fait désormais partie intégrante de mes voyages. Peu importe l’endroit, la durée, la mission, chaque expérience que j’ai vécue au fil de ces rencontres m’a apporté énormément. Bien plus qu’un simple toit, j’y ai trouvé la chaleur d’un foyer, j’y ai retrouvé des repères que l’on a tendance à perdre lors d’un long voyage, j’y ai acquis de nouvelles compétences (je sais désormais comment me comporter avec les fleurs !) et j’y ai vécu de chaleureux moments de partage ! J’ai découvert le vrai sens du mot échange, j’ai découvert à quel point des inconnus pouvaient faire preuve de générosité et d’ouverture d’esprit en accueillant des voyageurs venus des quatre coins du monde.

Je n’ai qu’un conseil : changez vos habitudes de voyage pour quelques jours, quelques semaines ou encore quelques mois. Partez en immersion totale dans la culture locale de votre pays d’accueil. Vous en apprendrez beaucoup sur les autres, sur vous-même et sur vos capacités d’adaptation.

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