Par sa diversité ethnique et culturelle, Katmandou, la capitale du Népal, offre toutes les variétés de cuisine imaginables. À tel point que si l’on vit à Thamel, qui est le centre touristique et quartier des backpackers, il peut être compliqué pour les voyageurs de trouver de la cuisine vraiment locale. Entre les burgers, restaurants japonais ou coréens, pizza et j’en passe… où se trouve la nourriture faite par les locaux, pour les locaux ?

Grâce à mes amis Népalais rencontrés sur place et passionnés de partager leur culture, j’ai pu en avoir un aperçu. Le gérant du café-librairie dans lequel je passe toutes mes soirées, avec quelques amis à lui, a ce projet de visites guidées à bas prix pour les voyageurs qui souhaitent avoir une véritable expérience : « I experience local ». Un projet qui a pour but non seulement de permettre aux visiteurs de s’imprégner réellement de la culture du pays visité sans beaucoup dépenser, mais aussi de les pousser à consommer local et de donner du travail à des étudiants, en tant que guides touristiques locaux dans leur ville, puisque le projet a pour objectif de s’étendre au-delà de Katmandou et même des barrières nationales… À suivre de très près ! En attendant, j’ai eu l’honneur d’être leur premier cobaye en participant à un « local breakfast tour ». Cela m’a permis d’un peu mieux connaître une culture, avec un local.

En flânant au rythme de la circulation matinale, nous nous sommes d’abord arrêtés dans une petite pâtisserie Newar qui sert des sucreries populaires pour le petit-déjeuner. Les Newar sont les premiers habitants de la vallée de Katmandou, toujours représentés en grand nombre dans la ville et ses alentours. Nous avons commandé du halwa et swari : le premier est une pâtisserie sucrée faite de farine de blé que nous recouvrons du deuxième, un pain très fin et frit.

Petit plaisir improvisé, nous testons aussi le jeri, une autre pâtisserie de forme ronde et enroulée sur elle-même. Sa texture et son goût me rappellent le debla, pâtisserie tunisienne : et pour cause, ils sont assez similaires, faits de pâte frite trempée dans du sirop de sucre !

Le tour des délices n’est pas terminé : non loin de là, nous pouvons observer une famille occupée à frire des gwarmari sous les yeux des passants. C’est l’un des snacks les plus populaires ici, vendus à emporter pour seulement 2 roupies l’unité. Mon guide m’explique qu’ils se vendent en général jusqu’à 9h du matin, après quoi tout est vendu.

Les gwarmari peuvent être consommés avec une tasse de thé. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait après avoir allumé des cierges au temple en passant. C’est un rituel très répandu : les commerçants vont faire une petite prière et allumer un cierge le matin afin d’attirer la bonne fortune. On trouve des temples à chaque coin de rue ici !

Nous arrivons ensuite sur une place où se trouve un petit marché, et je m’extasie devant les plats et bols fabriqués de feuilles (saal ko paat en népali) et les étals de légumes colorés.

Ensuite, alors que nous nous dirigeons vers Durbar square, la place principale de la ville, nous croisons une vieille dame qui vend du jus d’aloe vera préparé à la main. Bon pour la santé, il n’y a pas de doute ! Cela lui donne une substance visqueuse et surtout un goût particulier par contre. J’admets que je n’ai pas réussi à le finir !

Notre prochaine arrêt gourmet, c’est une petite boutique vendant des lakhamari, dont nous pouvons observer la fabrication également. Dans certaines traditions Newar, cette pâtisserie est offerte aux invités des mariages durant la cérémonie. Avant la cérémonie, l’époux doit offrir des lakhamari à la famille de sa future femme que ces derniers vont envoyer avec les cartes d’invitation. Ils sont réservés à la famille proche cependant.

Pour couronner ce petit-déjeuner riche en saveurs et traditions, nous avons bu un lassi dans une petite rue voisine. Le lassi, très répandu en Asie du Sud, est leur version locale du milkshake, à base de lait fermenté. Il peut être nature, mais se décline aussi en nombreuses saveurs sucrées et fruitées : banane qui est très populaire, ou encore papaye, mangue… De quoi se régaler les papilles !

Cette matinée gourmande à flâner dans les petites rues de Katmandou m’a fait réaliser une fois de plus l’importance de consommer local. Car quitte à consommer, autant en faire profiter les petits commerces qui souvent, surtout dans les pays les plus pauvres, vivent uniquement de leur commerce. Plutôt que les grandes chaînes de restauration internationales qui sont finalement nuisibles pour l’économie locale.

Consommer local est à double bénéfice, nous avons tout à y gagner : ça revient beaucoup moins cher pour notre porte-monnaie et c’est fait maison par des locaux, donc plus authentique, par le goût aussi.

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