Depuis Accra, capitale du Ghana, j’embarque dans un autobus qui me déposera 12h plus tard au nord du pays, dans la ville de Tamale. Véritable carrefour commercial, la 3e plus grande ville au pays me servira de base pour les prochains jours.

Une fois mon sac déposé, je pars en exploration et, déjà, j’observe le clash nord-sud sur plusieurs aspects. Le plus évident est la différence de température: alors que le mercure se tient autour de 30°C dans la capitale, ici, il grimpe jusqu’à 40°C sur une base quotidienne. Le soleil plombe et l’air est sec.  Mes narines brûlent alors que j’inspire, tout comme si j’étais dans un sauna. Deuxième différence, au nord, tout le monde se déplace à moto, hommes, femmes et enfants. J’observe une famille de 5 sur le même engin, je ne sais pas si je suis choqué ou bien impressionné. Troisième observation, à Tamale, la population est presque entièrement musulmane. On entend donc les appels à la prière et on observe les pratiquants prier à 5 différents moments de la journée. À noter que, au sud, c’est complètement l’inverse alors que 90% des habitants sont chrétiens et qu’il y a probablement plus d’églises que d’écoles. La dernière différence flagrante est la langue, ou plutôt les langues. Au Ghana seulement, il se parle plus de 40 différentes langues. On peut donc apprendre à dire merci de multiples façons, partout au pays.

Le lendemain, direction Mole National Park pour y accomplir l’activité africaine par excellence : un safari. Dès mon arrivée au parc, je fais face aux animaux de très près, peut-être même d’un peu trop près. Une jeune fille marche tranquillement, portant à la main un sac en plastique noir. Sa balade est soudainement interrompue par un babouin qui devine bien ce qui se trouve dans son fameux petit sac. Il se met à la chasser et elle, apeurée, part à courir. Heureusement, un ranger intervient avant que le brillant mammifère n’ait l’occasion de causer quelconque dommage.

Safari Mole National Park Ghana

J’ai quelques heures à tuer avant le début de mon safari, je les passe à observer les quelques éléphants qui se rafraichissent dans un lac. C’est un moment paisible, où je prends le temps de m’arrêter et d’admirer la beauté qui se trouve devant moi. Du moins il l’était jusqu’à ce que les babouins rappliquent. De loin, ils avaient vu le sac en plastique situé dans la poche de côté de mon sac à dos. Un gros mâle s’est alors mis à courir vers moi, saisissant ledit sac avant que je ne lui arrache des mains. Il aurait été bien déçu d’y trouver une banale bouteille de crème solaire. C’est ce qu’on peut appeler une aventure présafari.

L’heure venue, on embarque sur le toit du jeep qui pendant deux heures nous promènera dans le grand parc à la recherche d’éléphants. Rapidement, on observe des cerfs, presque identiques à nos chevreuils québécois. On revoit encore une fois nos amis les babouins, en plus de quelques autres petites espèces de singes. Dans les airs, de beaux oiseaux colorés nous font entendre leurs chants. Une heure passe, toujours à la recherche de l’animal vedette. Ce n’est pas plus grave, on explore quand même un parc national sur le toit d’un jeep. Puis, notre ranger reçoit un appel lui informant de la position géographique d’un groupe d’éléphants. On roule alors un peu avant de s’arrêter, de débarquer et de s’enfoncer à pied dans un pan de forêt. C’est finalement à travers les branches qu’on aperçoit ces grosses, ma foi très grosses bêtes. C’est un de ces moments magiques où la parole n’est pas nécessaire. On observe, tranquillement, le troupeau manger la végétation et se déplacer lentement, gardant toujours une distance raisonnable avec eux. On reste sur place une quinzaine de minutes avant de les regarder s’éloigner. Je retourne au jeep le sourire aux lèvres et l’air serein. Je me sens comme un gamin.

Safari Mole National Park Ghana

Safari Mole National Park Ghana

Bref, un safari au Mole National Park c’est une rencontre inédite avec une faune diversifiée, dont d’énormes éléphants. C’est aussi l’un des safaris les moins chers, si ce n’est pas le moins cher d’Afrique. Le coût d’entrée au parc est de 12$ et le safari en jeep, incluant chauffeur et guide, est 40$. Voilà une raison de plus pour venir explorer ce magnifique pays qu’est le Ghana.

À lire également sur Nomade Magazine :