(Par)courir le monde, une autre façon de voyager.

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point » (Jean de la Fontaine). Peut-être que la fable avait tort, peut-être que dans ce monde il vaut mieux courir. Encore faut-il courir pour les bonnes choses et au bon endroit. Dans un monde où tout va à 100 à l’heure, il peut paraître anormal de courir alors qu’on est en voyage, alors que nous devrions « nous détendre ». Pourtant, paradoxalement, courir c’est prendre du temps pour soi, pour se reconnecter à soi, et au monde qui nous entoure. Quand on court, tous nos sens sont en éveil et on peut voir le monde sous une nouvelle perspective. Courir pour soi et non pour le futile et l’inaccessible, courir pour découvrir, c’est voir le monde autrement.

Pourquoi courir en voyage ?

Même si l’on n’est pas un coureur avéré, on pourra faire l’expérience d’une sortie running en dehors de nos contrées. Parce que courir peut devenir une véritable expérience, où le plaisir se place avant la performance ; être libre de son temps, aller courir quand bon nous semble, parcourir une ville au hasard et découvrir des coins magnifiques comme je l’ai fait avec l’île Versailles à Nantes (France). J’avais un peu de temps libre devant moi ce jour-là, et je restais peu de temps dans cette ville que je ne connaissais pas. Je l’ai donc parcourue en courant, avec des arrêts réguliers pour les photos et pour prendre le temps d’observer les alentours. Par un bel après-midi ensoleillé, j’ai pu voir beaucoup plus de Nantes que je ne l’aurais fait en marchant toute la journée !

Courir à Nantes

Ile de Versailles à Nantes, France

De plus, différentes études de géographie sociale ont démontré qu’il est plus facile de s’approprier un espace lorsqu’on s’y déplace à pied, plutôt qu’en transport. Courir dans une ville qu’on ne connaît pas permettrait donc de s’y sentir un peu plus comme un local. Et si vous suivez mon raisonnement, vous comprendrez que, courir comme un local, c’est une chance de découvrir un nouvel endroit d’une façon beaucoup moins traditionnelle. Courir devient donc une expérience émotionnelle, un instant particulier dans notre voyage. Qui ne voudrait pas courir à Central Park comme le font la plupart des New Yorkais? Courir au Kelvingrove Park à Glasgow (Ecosse) accompagné des autres coureurs locaux est aussi très agréable, même si moins cliché cinématographique.

Courir à Glasgow

Kelvingrove Park à Glasgow, Ecosse

Et lorsqu’on est un passionné de la course à pied, la notion d’exploit s’ajoute au plaisir. Il y a des lieux dans lesquels on rêve de courir, pour leur beauté, leurs caractéristiques particulières (altitude, dénivelé, conditions climatiques spécifiques). Courir en pleine nuit sous le soleil en Norvège, personnellement, ça me fait rêver. Tout comme parcourir des parcs nationaux en courant. Lorsqu’on aime courir, il y a un sentiment grisant à le faire dans des lieux qui nous subliment de leur beauté. Les émotions deviennent plus intenses, notre cœur bat plus fort, on sent tout notre corps en action. Par exemple, j’ai un souvenir d’une course incroyable dans le parc national de Plitvice en Croatie, à une heure matinale où les touristes se font rares. J’étais quasiment seule dans un endroit naturel exceptionnel, avec une verdure luxuriante et des lacs d’un bleu azur éblouissant. Je n’y avais couru que quelques kilomètres, mais j’avais vraiment eu la sensation d’être revenue à l’état sauvage, d’être rentrée en connexion avec le lieu. C’était un cœur à corps avec la nature. Après tout, n’y a-t-il rien de plus primaire que la course à pied?  

Courir en Croatie

Lacs de Plitvice en Croatie

Comment courir en voyage ?

Rien de plus simple à priori ; une paire de basket dans la valise ou le sac à dos et nous sommes prêts à (par)courir le monde. Pour autant, il y a plusieurs façons de courir dans un endroit que nous ne connaissons pas. Nous avons toujours le risque de nous perdre ou de tomber dans les quartiers « à éviter ». Quelques règles de sécurité sont à prendre en compte : prévenir notre compagnon de voyage ou un(e) amie à distance et garder avec soi l’adresse de son logement avec une carte ou, mieux, un téléphone chargé avec un GPS. Enlevez aussi la musique de vos écouteurs, admirez, écoutez le monde autour de vous.

Après un rapide repérage, vous pourrez partir à l’instinct dans la ville ou les sentiers de votre choix. Cependant, un rapide calcul du kilométrage et du temps de course peut être utile ; en nature, la nuit peut tomber très vite par exemple et le retour peut devenir plus difficile.

Il existe pour autant d’autres options, comme les applications smartphone dédiées à la découverte des villes en courant telles que Urbirun ou Runnincity qui seront un véritable guide à portée d’écouteurs. L’application vous guidera dans la direction, mais vous donnera également des informations sur la ville choisie. Vous pourrez aussi rejoindre des groupes running de la région sur les réseaux sociaux et demander les meilleurs endroits, voire même vous faire accompagner! Et si vous êtes plus timide, pourquoi ne pas chercher les parcours édités par d’autres coureurs sur internet (avec le site Open Runner par exemple, ou Strava), ou sur les blogues comme le mien : Visit & Run 

Enfin, vous pourrez aussi choisir de faire appel à des running tour operators spécialisés dans la visite des villes en courant avec des guides à votre disposition. Bien que parfois onéreux, ces guides peuvent être une solution agréable pour courir accompagné et profiter d’anecdotes sur le lieu.

En résumé, il existe donc une multitude de façon de courir en voyage. Aucune n’est plus valable que l’autre, toutes donnent du plaisir et une expérience unique. Mes souvenirs liés à la course à pied en voyage sont impérissables et représentent des moments uniques de connexion avec la nature ou la ville que j’ai (par)courue.

Alors n’hésitez plus,

(Par)courez le monde autrement!

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