Comme dans beaucoup de domaines de nos jours, le voyage n’est pas à l’abri des préjugés et de la compétitivité. Il y a mille et une raisons de voyager, toutes aussi bonnes les unes que les autres. On peut partir pour le travail ou encore pour aller étudier à l’étranger, visiter de la famille qui demeure à l’extérieur du pays, faire des voyages humanitaires ou encore on peut tout simplement partir pour le plaisir.

Les voyages touristiques, c’est large. On parle aussi bien d’un tout inclus dans le Sud que d’une croisière de luxe dans les Caraïbes. C’est tellement vaste que tout le rayon backpacking s’y retrouve aussi, pêle-mêle avec le reste. C’est là que ça devient intéressant.

À quel moment peut-on se déclarer voyageur? Est-ce qu’il faut absolument tout quitter pour partir à la découverte du monde? Est-ce qu’une semaine à Riviera Maya ça compte? En 2017, on fait une très nette distinction entre le voyageur et le touriste. Bien souvent, le terme touriste est d’ailleurs utilisé à des fins péjoratives et, selon moi, c’est dommage. C’est vrai, on n’a pas tous la même façon de voyager, ni les mêmes capacités et encore moins les mêmes intérêts. Pour toi, c’est quoi un touriste?

Un touriste, c’est un voyageur blasé.

Le terme a le dos pas mal large en fait. Pour certains, un touriste c’est une personne qui s’en tient à visiter les endroits les plus connus, qui voyage toujours dans des hôtels 5 étoiles, qui fait le trajet en voiture au lieu de sur le pouce. Et que dire si on a le malheur de s’acheter un souvenir un peu quétaine dans une petite boutique? On gagne automatiquement l’étiquette.

Remettons donc les pendules à l’heure. Un touriste, c’est à la base un voyageur, oui, oui, comme toi et moi. On est tous dans la grande famille des voyageurs, un collectif de personnes différentes qui ont un intérêt pour la découverte du monde. Plus le groupe est grand, plus le respect, la tolérance et l’entraide se font rares. Mais ça, ce n’est pas propre aux touristes, c’est applicable dans toutes les sphères de notre quotidien. Êtes-vous réellement plus zen avec les gens sur la route en retournant à la maison ou plus patient à votre supermarché local? Moi non en tout cas, mais j’y travaille.

Ceci étant dit, il y a de bons et de mauvais voyageurs. L’ouverture d’esprit, l’altruisme, la curiosité et le respect des autres cultures ne sont que quelques-unes des qualités que doit posséder un bon voyageur. À la lumière de tout ça, est-ce qu’avoir envie de passer une semaine à Punta Cana fait automatiquement de toi un touriste? Non. Tout dépend des gestes que tu vas poser à l’étranger, de l’intérêt et l’attention que tu vas porter à ton milieu, de la façon dont tu vas visiter un lieu historique, du respect que tu vas porter envers ce qui t’entoure. Être un touriste, ce n’est pas aimer passer la journée à la plage sous un cocotier, c’est se comporter comme une personne égoïste, c’est exiger que tout soit comme à la maison, c’est déshonorer les autres voyageurs par ses actions.

Alors… je suis un voyageur?

Les globe-trotteurs aguerris diront : « Deux semaines en Italie? C’est bien trop court pour voir quoi que ce soit! » ou encore « Une croisière, c’est comme rester à la maison, aucun dépaysement, aussi bien dire que tu n’as rien vu de la Méditerranée. » Bon, ok, ce n’est pas totalement faux. C’est vrai, on ne peut pas dire qu’on connaît un pays par cœur en deux semaines, on ne peut pas dire non plus qu’on a mangé local en Grèce si on n’est jamais sorti du bateau. Par contre, est-ce que c’est vraiment négatif? Au fond, chaque type de voyage a son voyageur, non?

Être un bon voyageur, c’est d’abord et avant tout un état d’esprit. C’est une personne qui fait le choix et l’effort de sortir de sa zone de confort, peu importe où se situe cette dernière. C’est démontrer un intérêt à voir ce qui se passe ailleurs que chez lui, c’est le désir de vivre de nouvelles expériences, de la cuisine gastronomique de Paris au street food de l’Asie. Certains sont dépaysés plus rapidement que d’autres, mais au fond, l’important c’est de suivre son propre chemin sans se mettre de pression, non? On voyage d’abord et avant tout pour vivre une expérience personnelle, pas pour faire comme les autres.

Fais-le à ton rythme et selon tes intérêts.

Personnellement, j’aime aller à des endroits moins fréquentés par le tourisme de masse, mais ça ne m’empêche pas d’avoir le goût de voir de mes propres yeux les « incontournables » de chaque pays et m’en faire ma propre idée. Oui j’aime manger local, mais parfois j’ai aussi le goût de voir quel est le menu « spécial » du McDo à l’autre bout du monde. Les attractions touristiques ne sont pas toutes inintéressantes, il faut rester ouvert à tout tant que ces dernières respectent certaines normes éthiques, autant sur le point de vue humain, animal ou environnemental!

Plusieurs personnes vont faire le choix de s’acheter un billet aller simple et laisser derrière eux leurs attaches. Je trouve ça fascinant, mais cette formule n’est pas faite pour moi et peut-être pas pour toi non plus. Être voyageur, c’est plus vaste que ça. Ne t’en fais pas, ta place est quelque part dans cette grande communauté!

P.S. Prendre 32 selfies de toi et Bouddha dans un temple devant des gens qui vont là pour se recueillir, oui, c’est un manque de respect et ça brise la magie du moment. Mais ça, c’est pour un prochain article!


À lire également sur Nomade Magazine :