Cet article est le 2e d’une série de 2 articles sur les incontournables du Madagascar. Pour lire l’article précédent, c’est par ici : Madagascar, au pays des baobabs : l’arrivée

Vous êtes donc en route vers le centre-sud de l’île.

Il y a très fort à parier que vous ferez un stop à Antsirabe. Malgré son statut de 2e plus grande ville du pays, on ne se sent pas étouffé par le bruit et le chaos comme à Tana. La ville donne l’impression d’être une petite ville de campagne. Passage obligé pour tous ceux qui se dirigent vers le sud et l’ouest, il y a peu à se mettre sous la dent pour un voyageur. La plupart choisiront de continuer leur chemin. Pour les autres, la ville compte sur une grande communauté d’expatriés français. Le Café de l’Alliance, situé en plein cœur de la ville, est un bon endroit pour se rassasier, rencontrer d’autres étrangers et trouver un endroit pour dormir.

Ranomafana

Petit village pittoresque submergé par la forêt tropicale, un arrêt à Ranomafana s’impose.

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Site de l’UNESCO depuis quelques années, le parc du même nom a pour but de conserver l’une des dernières parcelles de forêt tropicale de l’île. Il y a moins d’un siècle, ce type de forêt recouvrait la quasi-totalité du Madagascar, mais a pratiquement disparu en raison de la déforestation massive et incontrôlée des cinquante dernières années. Au passage, le parc abrite aussi quelques espèces de sous-familles de lémures très rares.

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Quand les Alpes rencontrent le Far West : Ambalavao

Pour les amateurs de montagne, mettez le cap sur Ambalavao.

Un guide de voyage connu décrivait Ambalavao comme un mélange parfait entre un petit village des Alpes et le Wild West américain. Alors que le côté Wild West est bien visible, il est facile de s’imaginer des cowboys surgir à tout moment et/ou une botte de foin rouler dans la rue, il est plus difficile de voir le coté « village des Alpes ».

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Fraîchement arrivé en ville, dirigez-vous vers l’auberge La Résidence du Betsileo. À peine franchi le seuil de la porte que Jean-Marie, un Français vivant au Madagascar depuis 20 ans et propriétaire de l’hôtel, vous prendra sous son aile et vous fera sentir comme si vous étiez chez vous. Charismatique et doté d’un talent certain en cuisine, il vous fera goûter à sa cuisine française, version Madagascar.

Après une bonne nuit de repos, dirigez-vous vers la Réserve Communautaire de Anja. Situé à 12 km à l’extérieur de la ville, ce parc, géré par la communauté indigène, est un spectacle pour les yeux. C’est aussi le meilleur endroit au pays pour admirer les lémures Makakaki. Rayés blanc et noir, cette sous-famille de lémures est la plus commune. Allez-y très tôt pour voir les lémures se faire bronzer au soleil sur les roches. Autrement, vous les trouverez dans les arbres à quelques mètres au-dessus de vous.

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La véritable raison pour se rendre à Ambalavao est toutefois pour y faire une randonnée dans le parc national d’Andringitra.

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Le parc est réputé pour ses paysages magnifiques en plus d’héberger le 2e plus haut sommet du Madagascar. À 2658 mètres d’altitude, il vous faudra deux ou trois jours pour atteindre le sommet du Pic Boby (de son nom original « Pic Imarovolanitra » qui signifie « tout près du ciel ») et traverser le parc : une expérience mémorable.

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Pour ce faire, il est obligatoire d’avoir un guide et des porteurs. Nul besoin de réserver quoi que ce soit à l’avance. Jean-Marie s’occupera de tout une fois à Ambalavoa et vous fera économiser beaucoup d’argent.

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Morondava

Cap sur Morondava à l’ouest du pays.

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Située sur le bord du canal du Mozambique qui sépare l’île du continent africain, cette ville de bord de mer ferait fureur si elle se trouvait ailleurs qu’au Madagascar. Pour l’heure, l’endroit est presque désert de touriste (tant mieux pour vous). Vous aurez le choix parmi la multitude d’hôtels en bord de mer offrant leur chambre à prix réduit.

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À proximité de quelques-uns des sites les plus uniques du Madagascar, il est tout autant possible de faire le farniente sur la magnifique plage de sable blanc et de contempler un parfait coucher de soleil sur l’océan (la plage est orientée à l’ouest) que de partir à l’aventure.

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C’est sans parler de l’excellente nourriture. Un restaurant sur la plage avec une assiette de thon grillé, des crevettes fraîches et une grosse bière du Lac-Saint-Jean pour moins de 5$… qui dit mieux ?

Morondava est l’endroit idéal pour planifier une visite à l’un des endroits les plus uniques sur Terre; Tsingy de Behamave, un site de l’UNESCO comportant des montagnes en rasoir pointant vers le ciel. Situé une centaine de kilomètres plus au nord, l’endroit n’est accessible que par 4×4 (je vous laisse imaginer l’état de la route). L’expédition peut s’avérer coûteuse pour un voyageur solo. Malheureusement pour moi, j’y étais hors saison et la route était impraticable.

Autrement, louez un scooteur et dirigez-vous vers l’allée des baobabs quelques 30 km plus loin. Pouvant atteindre jusqu’à 30 m de haut et vivre entre 800 et 1000 ans, il y a 8 espèces de baobabs dans le monde et 6 d’entre elles se retrouvent uniquement au Madagascar. Mauvais matériaux de construction, les baobabs ont évité la déforestation massive du siècle dernier et sont désormais une espèce protégée. Ils sont par le fait même l’emblème du Madagascar. Une légende veut que les Dieux aient voulu humilier les baobabs en leur mettant les racines pointant vers le ciel et la tête dans la terre.

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Toute voile devant

À la recherche d’une aventure hors de l’ordinaire et du Madagascar authentique ? Que pensez-vous de faire un voyage en pirogue sur le canal du Mozambique pour visiter un village de pêcheurs situé sur la côte quelques 60 km plus au sud seulement accessible par bateau et où le temps semble s’être complètement arrêté il y a quelques siècles ?

J’ai donc contacté Toutouv, un jeune capitaine qui m’avait été fortement recommandé un peu partout en ville.

Ce dernier m’a présenté son bateau qu’il avait fabriqué lui-même avec des pièces trouvées ici et là; le mât était un petit arbre même pas droit, la voile était un morceau de tissu tout rapiécé et le bateau lui-même était une minuscule coque de bois. Je me suis empressé de rebaptiser le bateau « USS Cercueil Flottant ». Pourquoi ce nom ? Parce que j’avais l’étrange impression d’être couché dans un cercueil lorsque je m’assoyais dans la pirogue.

Cap sur Belo-sur-Mer. De grosses vagues à franchir pour quitter le rivage et nous prenions le large.

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Alors que les 3 premières heures ont passé en coup de vent, le vent a diminué ensuite drastiquement. Il était midi, nous étions sur une mer d’huile et le soleil plombait. Il n’y avait aucune zone d’ombre sur le bateau… J’avais l’impression d’être un œuf sur le poêlon.

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Partis de Morondava à 7h20, Belo-sur-Mer était en vue à 14h00; 6 heures pour faire 60 km. Toutouv s’empressait de me dire que le voyage avait été rapide.

Le village de Belo-sur-Mer est fait de huttes de paille sur la plage et les habitants construisent encore leurs bateaux (gros et petits) à la main comme on le faisait avant l’ère industrielle.

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Durant le jour, les hommes partent au large pêcher dans leur pirogue et gros bateau de bois, tandis que les femmes et les enfants ramassent des huitres, crabes et petits mollusques surpris par la marée basse. Comme le disait mon piroguier Toutouv, le rythme de vie à Belo est « Mora Mora » (lentement lentement).

Mon « hôtel », l’endroit le plus recommandé dans le village, était en fait une demi-douzaine de huttes vraiment élémentaires, sans porte ni fenêtre.

Au moment de notre arrivée au milieu de l’après-midi, la marée était à son plus bas. Des dunes de sable semblaient s’étendre jusqu’à l’infini dans la mer, il y avait plein de bateaux échoués ici et là.

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Le soir venu, tout était submergé et il y avait de l’eau à la porte de ma hutte.

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Après quelques jours de relaxation à Belo-sur-Mer, il fallait maintenant regagner Morondava avec la bonne vieille pirogue et se résigner à rentrer sur Antananarivo pour éventuellement voler sur d’autres cieux.

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