Cette petite voix intérieure qui ne se tait jamais!

On a tous quelque chose qui nous rend heureux, qui nous permet de nous sentir vivant, qui fait en sorte que l’on dégage de la joie, du bonheur. Dans mon cas, ce quelque chose c’est un passeport accompagné d’un boarding pass et d’une couple de billets de devises étrangères.

Je peux vous dire que de ne pas sortir du pays peut être une véritable torture, une raison de dépression, un manque qui nous atteint jusqu’au plus profond des tripes et qui nous empêche de vivre d’une certaine façon, qui nous fait mourir à petit feu… Parce que quand il nous est impossible de faire ce que l’on aime, on ne vit pas. On ne fait seulement qu’exister tel un parasite qui s’accroche aux heures pour essayer de ralentir le sable qui émiette le temps jusqu’au fond du sablier.

J’aimerais vous dire qu’avec le temps ça passe, mais, malheureusement, si je vous disais cela, je vous mentirais en plus de me mentir à moi-même. Les jours passent, c’est vrai. Le temps coule comme l’eau sous les ponts, mais le manque ne disparaît jamais. On essaie de se faire à l’idée que l’on ne repartira pas bientôt, mais il y a toujours cette petite voix dans notre tête qui nous dit qu’un voyage en backpack ce n’est pas si cher que cela. Croyez-moi quand je vous dis que cette petite voix ne se tait jamais.

Elle parle toujours plus fort, elle est plus persistante, voire même insolente, jusqu’au jour où on n’en peut plus de l’entendre et on achète un billet d’avion en se foutant presque de la destination. L’important c’est que l’on puisse s’évader à nouveau, se sentir libre à nouveau, être émerveillé devant la beauté du monde à nouveau.

Le seul problème avec ça, c’est qu’on est à peine revenu qu’elle se remet à crier, rendant le besoin encore plus difficile à combler : elle veut aller plus loin, plus longtemps et hors des sentiers battus. Elle veut rencontrer plus de gens, elle veut monter les plus hautes montagnes et elle veut par-dessus tout ne pas revenir même si elle sait que c’est nécessaire. Cette petite voix, c’est comme un enfant au magasin de jouets qui n’a pas de sous, mais qui veut tout acheter. Sauf que le magasin de jouets, c’est la planète : nous ne sommes à l’abri nulle part. Nous sommes les prisonniers de nos désirs.

J’aimerais bien vous donner une réponse construite un peu comme une recette de grand-mère : vous savez la recette de biscuits au beurre de peanut que personne ne manque jamais, mais la vraie réponse c’est que, la recette du bonheur, personne n’a pris la peine de l’écrire sur le coin de la table ou bien à l’endos d’une facture. C’est un peu comme une sauce à spaghetti ou bien comme une soupe aux légumes. Tu sais ce que tu dois mettre dedans pour que ça donne un pas pire résultat, mais maintenant il te manque juste à savoir dans quelles proportions et quelles quantités… Elle se transmet à l’oral depuis la nuit des temps et ceux qui ont trouvé le dosage parfait ne veulent pas le transmettre parce qu’ils veulent rester dans le secret des Dieux. Il n’y a pas de bonne ni de mauvaise réponse, mais la mienne c’est d’acheter un billet d’avion et de partir à la découverte du monde parce que si, après tout ce temps, vous ne l’avez pas trouvé ici, c’est peut-être parce que votre petit bout de bonheur se trouve ailleurs.

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