Nous sommes le 14 février 2018 et je fête avec mon amoureux 1 an de vie commune. Pour l’occasion, je lui ai acheté, dans notre boutique du coin de la rue, un bougeoir gravé « Home is where I am with you ».

Home is where I am with you

J’ai si longtemps pensé ne pas avoir de maison. J’ai si longtemps pensé que le voyage serait la seule que j’aurais. Jusqu’à ce que je voyage effectivement et que, un jour, j’en trouve une.

Tout change un mardi matin du mois de juin, lorsque j’atterris à Christchurch. La ville se relève encore des deux tremblements de terre qui l’ont récemment touchée.

Ce soir, je dors dans une petite auberge pour backpackers, dans le centre de la ville. Demain, debout à 6h, malgré les 36 heures de voyage que je viens de parcourir. Je prends le bus pour Dunedin, ma  destination finale. Ma ville d’adoption pour les 6 prochains mois. Mon sourire ne me quitte pas et ne me quittera pas de mon séjour sur cette île. J’ai découvert ce que c’était de se réveiller chaque matin le sourire aux lèvres, simplement heureux de se lever. Heureux d’être au bon endroit, au bon moment. Heureux de faire de chaque nouvelle journée, une nouvelle aventure. J’avais enfin rendez-vous avec ma vie.

Novembre, je retourne en France et vis ce que bon nombre d’entre vous ont sans doute déjà vécu : le contre-choc culturel.

Quelques mois plus tard, je prépare déjà un nouveau voyage…

La Norvège

Mais rien ne va se passer comme prévu. Pour la première fois, j’avais le sentiment d’abandonner ma vie derrière moi ; mes amis, mon amour naissant, ma famille, mon chez-moi. Je suis partie quand même. Après tout, il n’était plus temps de faire demi-tour, j’avais un stage à valider et je m’étais engagée à le faire.

J’ai donc savouré ma dernière soirée en France. J’étais au paradis. Depuis quand suis-je au paradis en France?

Je ne sais pas. Mais la quitter me faisait réaliser à quel point je m’y sentais bien.

J’ai visité Oslo. Le cœur lourd. J’ai traversé la Norvège, ses lacs et ses montagnes. Une beauté glaciale. J’ai visité Stavanger. Je voulais être chez moi. Mon cœur se languissait. J’ai essayé. J’ai visité Bergen et adopté la Norvège. La dépression s’est installée. Est-ce que je n’aime plus voyager? Est-ce que je laisse trop de place à mes peurs?

Je n’ai su répondre à toutes ces questions que très récemment. Une fois rentrée en France. Chaque matin, je me réveille heureuse à l’idée de passer une nouvelle journée. Le sourire aux lèvres. Chaque jour offre tellement de possibilités. Je ne sais pas encore exactement ce que je vais faire à partir d’aujourd’hui. Parce que cela va m’apporter plus que je ne suis en mesure d’imaginer. Un jour je repartirai sur les routes. Mais pour le moment, mon aventure, ce sont mes proches. Il me reste encore tellement à faire pour les découvrir, les aimer comme ils le méritent, partager mes joies et mes peines avec eux.

J’ai réalisé que ce qui changeait en moi, ce n’était pas ma localisation géographique, mais bel et bien ce que je souhaitais vivre à l’instant T et l’adéquation entre mes besoins et ma réalité. Que ce soit ici, ou au loin.

Ce n’est pas l’oxygène que tu respires qui te rend heureux, c’est la façon que tu as de le laisser parcourir ton corps et ton être tout entier.

À bientôt. Tu as rendez-vous avec ta vie.

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