Je débute ce long voyage d’une année depuis tout juste 3 semaines et le destin met sur mon chemin trois personnes qui deviendront mes compagnons de route durant un mois. Deux d’entre eux ont prévu d’aller au Uruguay. Aimant partir à l’aventure, nous les suivons avec hâte et envie. L’Uruguay, comme pour beaucoup de personnes que j’ai rencontrées durant mon voyage, ne faisait pas partie de mon itinéraire initial. J’y suis restée seulement deux semaines et je ne suis allée que dans trois villes, cependant ce pays a été un vrai coup de cœur sur de nombreux plans.

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Première ville visitée : Colonia del Sacramento, accessible en bateau depuis Buenos Aires, le centre historique de cette ville est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un vrai petit bijoux d’architecture. D’autre part, étant une ville côtière (vous n’y retrouverez pas l’océan Atlantique mais le Rio de la Plata qui est également visible depuis la capitale de l’Argentine), vous pouvez vous y régaler de sublimes couchers de soleil, vent pleine face et plénitude aux alentours. La ville est assez touristique, certes, mais les habitants gardent leur sourire, leur générosité et leur grand sens du service. Une chose qui m’a particulièrement marquée à Colonia est la tranquillité et la paix qui y règnent. Comme chaque uruguayen qui se respecte, tout le monde se promène avec son thermos d’eau chaude et son maté et cela fonctionne aussi bien à pieds, en vélo ou en voiture. Il n’est donc pas rare de voir des automobilistes s’arrêter sur le bas côté de la route pour remettre un peu d’eau chaude dans leur maté.

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Après quelques heures de bus, nous rejoignons la capitale : Montevideo. Une première expérience plutôt loufoque en couchsurfing plus tard, nous rencontrons finalement un jeune uruguayen qui allait nous héberger pour les cinq prochains jours. Une expérience humaine intense et profonde, nous nous sommes immédiatement senties chez nous. Chaque jour, le rituel que nous avons naturellement mis en place consistait à cuisiner un bon repas français, accompagné d’une bouteille de vin d’Amérique du Sud (avec modération bien sûr !), que nous partagions tous les trois comme si nous étions amis depuis toujours. De grandes discussions, de nombreux fous rires et des danses latines ont rythmé nos soirées montévidéennes. Durant la journée, nous allions nous perdre dans cette ville immense et difficile à cerner, mais nous retrouvions ce repère familier : la plage. Visite de port caché, course à pieds, visite à pieds, retrouvailles avec nos deux compagnons de voyage… Ces quelques jours ont été ressourçants et nous ont invités à en découvrir encore plus. Ce que nous nous apprêtions à faire en allant rejoindre, à quelques heures plus à l’est et à seulement quelques kilomètres de la frontière brésilienne, le hameau de Cabo Polonio.

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Pour beaucoup, ce nom n’évoque rien puisque très peu connu à grande échelle, pour une petite part, ce nom symbolise les grandes soirées d’été animées pour les touristes uruguayens, brésiliens, argentins ou européens et, pour une plus petite part encore, ce nom illustre, ni plus ni moins, un paradis terrestre. Comme vous l’aurez compris, mes amis et moi nous étions de cette dernière catégorie. Nous avons débarqué en camion 4×4, comme chaque personne souhaitant se rendre là-bas, durant les premiers jours d’hiver. Qui dit hiver, dit pas de touristes. Je vous confirme qu’il n’y avait pas de touristes, seuls les quelques locaux n’ayant pas une activité créatrice de revenu hors saison étaient présents ainsi que les volontaires et salariés travaillant dans les quelques auberges ouvertes, dont la nôtre : un havre d’amour et de paix. Autant vous dire qu’il a fallu se faire violence pour repartir de cet endroit. Cabo Polonio est une bourgade construite sur un parc naturel, sur la plage elle-même entre le phare et ses loups marins – leur présence et le commerce associé est d’ailleurs le principal facteur économique qui a permis au village de naître – les dunes de sable, la plage immenssissime et les petites cabanes faisant usage de maisons, d’hôtels ou de commerces. Cabo est un grand terrain de jeu où se mêlent la musique jouée tout au long de la journée par ses habitants, les éléments de la vie à travers l’air symbolisé ici par le vent, très présent, l’eau grâce à l’océan, le feu que l’on fait chaque soir sur la plage car les nuits sont fraîches et la terre omniprésente ici grâce à la nature qui vit en liberté. Particularité de la ville : pas d’électricité, seule une ligne électrique est visible à Cabo, elle permet d’alimenter le phare. Le reste des constructions bénéficient de panneaux solaires/éoliennes ou… du soleil directement. Le rythme de la vie en est fortement impacté puisque, malgré le feu et les quelques LED présentes, la nuit est très obscure, les corps se mettent doucement en veille, les soirées de contemplation de ce ciel immense et inondé d’étoiles face à un océan rugissant et majestueux remplacent les verres en terrasse. Les longues marches sur la plage ou la recherche des loups marins sur les roches deviennent le quotidien durant quelques jours. Les rencontres faites durant ce séjour m’ont profondément marquées, je n’avais jamais autant ressenti et reçu d’amour pur et libre de tout intérêt que face à ces personnes qui, quelques heures auparavant, étaient des inconnus. C’est la gorge serrée et le ventre noué que j’ai quitté cet endroit que j’avais immédiatement ressenti comme un coin de paradis où la vie est à la fois tellement différente de ce que l’on connaît et tellement plus proche de celle que l’on devrait réellement vivre. Il y a des endroits, des situations et des personnes qui te marquent pour toujours. Je sais que, pour moi, Cabo Polonio et l’Uruguay en font partie. J’ai fait la promesse aux personnes rencontrées là-bas, ainsi qu’à moi même, que je reviendrais sur ces terres et je sais que je la tiendrai. Hasta luego Cabo, nos vemos pronto !

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Merci aux nombreux uruguayen-e-s que j’ai rencontrés durant ces deux semaines, merci pour leur gentillesse, amour et générosité qui m’ont permis d’appréhender un pays que je connaissais si peu avant d’y débarquer et que je souhaite à présent continuer de découvrir. Si j’ai un seul conseil à te donner, toi voyageur-se qui hésite à y aller : fonce ! Cependant, et je pense que cela est important à souligner, je crois qu’il est nécessaire d’arriver en Uruguay, comme d’ailleurs souvent dans un pays qui n’est pas le nôtre, dans un état d’esprit ouvert et flexible. Sans trop d’attentes, les surprises en sont généralement plus belles…

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