On dit que le sentiment de perte de sens est fréquent chez notre génération – celle que les sociologues appellent « Génération Y ». Est-ce la raison pour laquelle nous avons du mal à trouver du sens à notre travail ? À nous épanouir professionnellement ? « Les voyages forment la jeunesse » nous dit-on. Pourtant, qui ne s’est jamais senti encore plus perdu après un voyage qu’avant ?

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La rencontre de l’autre, la découverte d’une nouvelle culture ou même s’essayer à une nouvelle manière d’organiser son temps : toutes ces expériences du voyage provoquent en nous de véritables remises en question. Et si le schéma traditionnel « une vie, un travail, un appartement, une ville » était tout simplement obsolète ? Et si l’une des solutions consistait à faire de sa vie un voyage ? À devenir nomade ? En nous lançant dans un road trip, nous avons décidé de nous réapproprier notre temps, notre espace et, surtout, nos projets personnels.

Vivre en van, pour vivre le voyage.
Vivre en van, pour trouver du sens.

Le sens, un élément indispensable pour être heureux ?

Qu’est-ce qui est plus important que la vie elle-même ? Probablement le sens que nous lui donnons. Nous avons tous déjà remarqué cette différence entre deux individus : le premier, passionné par un sujet auquel il a littéralement dédié sa vie, et le second qui se contente de vivre. Est-ce de l’espoir ? De l’optimisme ? Peut-être un peu de tout ça à la fois ?

 

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Finalement, cette lueur, cette étincelle dans ses yeux lorsqu’il vous parle de sa passion, est peut-être l’essence même de la vie. Le sens. Avoir résolu cette récurrente question : « Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? ». Plus encore : se dédier à la tâche pour réaliser ce projet personnel. Voyage, équitation, randonnée, botanique ou automobile : trouver sa passion et la vivre pleinement pourrait être le facteur clé vers l’épanouissement personnel.

Le travail comme substitut d’un projet personnel ?

En y repensant, qu’est-ce qui fait un bon employé, plutôt qu’un autre ? Une productivité accrue ? Certainement, mais à quoi cela serait-il dû ? À sa motivation ? À l’appropriation d’un projet ? Et si voyager faisait prendre conscience qu’il existe justement quelque chose de plus important qu’un projet professionnel ? Comme si, en se confrontant au monde et à la diversité culturelle, on réalisait que notre vie avait davantage de valeur que celle à laquelle nos employeurs aimeraient nous faire croire.

Sommes-nous seulement fait pour aider le CEO pour lequel nous travaillons à réaliser son projet personnel à lui ? La vie n’est-elle pas trop importante pour gaspiller son temps en travaillant pour quelqu’un d’autre plutôt que pour soi ?

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Et la vie en van, là-dedans ?

Entre roadmovie, ambiance hippie et voyage initiatique, la vie en van possède définitivement une aura romantique. Se réveiller en pleine nature et se rendre là où bon nous semble : qui n’a jamais eu ce rêve ? La vie en van, être itinérant, peut être vue comme une manière de se réapproprier son temps.

Une manière de vivre son propre projet personnel et non celui de quelqu’un d’autre. Une manière de donner du sens à sa vie.

À la différence d’un voyage traditionnel où la destination est centrale, la vie en van accorde davantage d’importance à la manière d’arriver à destination. Le trajet devient ainsi central.

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Alors que la destination est un endroit qui se place dans le futur, un endroit dans lequel nous ne sommes pas encore, le trajet, lui, se place entièrement dans le présent. Est-ce là, la condition sine qua non pour faire durablement de sa vie un voyage ? Donner davantage de place au trajet ? Au mouvement ? Au présent ?

Se rendre en Asie en avion, en bateau, en van ou encore à pied : pensez-vous que cette personne vivra le voyage de la même façon ? En tirera les mêmes leçons de vie ? Probablement pas.

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Les nomades ont toujours été une source d’inspiration, peu importe la culture ou même la classe sociale. Des caravanes dans le Sahara aux Mongols dans les steppes, en passant par les gens du voyage ou les roadtrippers : quelle plus belle liberté que celle d’un itinérant ? Arpenter notre belle planète à un rythme plus humain. Apprivoiser le mouvement. Faire entrer l’inconnu et l’incertitude dans notre vie. En un mot : vivre.

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Se donner du temps : essayer différentes manières de vivre

Tout le monde n’est pas fait pour s’improviser marcheur du monde du jour au lendemain. Il faut du temps pour s’habituer au nomadisme et, surtout, pour trouver la forme qui nous correspond le mieux. Cela nécessitera du temps et de multiples tentatives – après tout, nous sommes tous différents. La vie en van peut ainsi être vue comme une étape de transition, relativement accessible à tous. Bénéficier de son confort, tout en jouissant d’une certaine liberté. Le roadtrip serait à la fois porteur et créateur de sens. À la manière d’un vieux roadmovie des années 80, il mène définitivement à la construction de la réflexion et de notre identité.

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De belles idées, mais concrètement : comment vivre le voyage durablement ?

À l’heure d’internet, le télétravail est en plein essor. Qu’il soit pour un unique employeur ou qu’il soit l’expression d’un auto-entrepreneur à la pige : la dématérialisation du travail en est qu’à ses débuts. Pour la première fois depuis le début de l’humanité (rien que ça), il devient possible de se connecter instantanément à une personne ou à une entreprise tout en étant physiquement à l’autre bout du monde.

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Autrefois, pour vivre le voyage, il fallait être commerçant – à la manière de Marco Polo. Dorénavant, les possibilités s’agrandissent et permettent de plus en plus aux individus de ré-inventer leur travail tout en réintégrant un projet personnel. Du photographe en freelance au gestionnaire de communauté, en passant par un designer web : devenir nomade digital est à la portée de tous. À nous donc de tirer le meilleur parti de cette opportunité.

Cette réalité était loin de nous il y a six mois. Aujourd’hui, elle est notre quotidien et nous permet de nous auto-financer sur les routes.

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