La première fois que je me suis rendue à L’Anse-Saint-Jean, je n’ai étonnement pas été éblouie par ce village classé parmi les plus beaux du Québec. Mais c’est en décidant d’y poser mes bagages pour tout un été que j’ai pu réellement découvrir ce lieu magnifique et les gens si inspirants qui y habitent.

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Un accueil chaleureux, un sentiment d’appartenance

J’ai commencé à travailler à L’Anse-Saint-Jean alors que je n’avais pas de voiture et que j’étais logée dans le village à côté. C’est donc le pouce en l’air et un grand sourire sur les lèvres que je me rendais tous les jours au travail. Ce n’était pas vraiment un problème car les gens s’arrêtaient vraiment facilement (quasiment toujours la première voiture qui passe). Une fois, une dame m’a même prise en me disant : «D’habitude je ne prends pas les pouceux, mais tu m’avais l’air trop sympathique pour que je te laisse sur le bord de la route ».

Et, si tous les gens qui m’ont prise en auto-stop étaient très agréables, c’est une fois installée dans le village que j’ai pleinement découvert à quel point les habitants de l’Anse-Saint-Jean sont accueillants et chaleureux : Je vais au café et, avant même que je demande quoi que ce soit, la serveuse me propose mon allongé du matin. Je me promène en vélo sur la route et je me fais dépasser par des gens qui me connaissent en me saluant à coup de klaxon. Je vais à l’épicerie et on m’accueille en clamant joyeusement mon prénom. Pour moi qui ai passé du temps sur la route et été longtemps considérée comme l’inconnue de passage, ces petites attentions font du bien et donnent un réel sentiment d’appartenance. On finirait par croire qu’on a toujours vécu ici.

Au cours de cet été passé à L’Anse-Saint-Jean, j’ai eu plusieurs secondes mamans qui s’assuraient que j’étais confortablement installée chez moi et que je mangeais bien, m’offrant à chacune de mes visites des bons petits plats à remporter chez moi. J’ai eu des oncles et tantes, des frères et sœurs et des amis bienveillants qui m’accueillaient chez eux à bras ouverts et m’invitaient à revenir dès que je le souhaitais. Ce sentiment de faire partie d’une grande famille est tellement agréable, qu’en quelques semaines seulement, je me suis créé un cocon douillet dans ce petit village.

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Un village actif et soucieux de créer une place où il fait bon vivre

Une autre des caractéristique qui m’a immédiatement plu à L’Anse-Saint-Jean, c’est que c’est un petit village cosmopolite (et oui, ce n’est pas un oxymore!). La population mêle des personnes ayant toujours vécu ici depuis leur naissance à une belle communauté de personnes venues s’y installer il y a maintenant quelques années qui ont développé l’artisanat et le tourisme local. Et, depuis peu, une relève de jeunes dans la vingtaine ont décidé d’élire le village comme domicile, avec l’envie de vivre plus proche de la nature et de développer un mode de vie écologique, bienveillant et inclusif.

Avec ses quelques 1300 habitants à l’année, le village est une place qui bouge et qui a permis à de très beaux projets de se développer. Il y a d’abord eu une coopérative de jeunes qui ont ouvert un bistro dans un ancien camp de pêche avec une superbe terrasse qui sert de très bons repas dont la plupart des ingrédients sont locaux. Ce bistro est aussi une place d’exposition d’artistes locaux (de nombreux artistes sont installés ici) et accueille la fin de semaine de très bons shows de musique. Sans oublier que le bistro de L’Anse est associé à la microbrasserie locale et propose donc sa bière, la Chasse-Pinte, en bouteille comme en fût.

Plusieurs autres endroits offrent des produits locaux et artisanaux comme la chocolaterie Kao, la Cabane à Glaces, la boutique de vêtements et bijoux Rebelle des Bois, la fameuse pâtisserie Louise (installée ici depuis plus de 20 ans), ou encore une toute nouvelle boulangerie, Nuances de Grain, qui propose du bon pain au levain.

Un cadre idéal pour les amoureux de la nature

Situé sur le bord du Fjord du Saguenay, le village est vraiment ancré dans la nature, entre eau, forêt et montagne. Faire la sieste en hamac dans le bois, se baigner dans la rivière, faire des feux de camp sur le bord du Fjord, aller cueillir des framboises et des bleuets sauvages, randonner dans le parc national du Fjord du Saguenay qui borde le village : voilà qui résume assez bien mon été.

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Et si sa localisation au coeur de la nature est un atout indéniable, les habitants du village prennent aussi soin de mettre en valeur le passé historique de L’Anse-Saint-Jean. Datant de 1838, on y trouve de très nombreuses maisons du XIXème siècle très bien restaurées. Dans les jardins des maisons, il n’est pas rare non plus d’y trouver de vieux fours à pain, souvent encore utilisés aujourd’hui par leurs propriétaires. Un autre bâtiment historique du village qui en fait sa richesse, c’est le fameux pont couvert de L’Anse-Saint-Jean datant de 1929. Figurant sur l’ancien billet canadien du mille dollar, ce joli pont est aujourd’hui encore en très bel état et on peut circuler dessus.

C’est dans ce cadre idéal que le petit village a pu développer son secteur touristique, en hiver comme en été, et c’est ce qui lui donne tout son dynamisme. Impossible de s’ennuyer ici avec un très large choix de logements saisonniers de toutes gammes (camping municipal avec emplacements sur le bord du fjord, auberges de jeunesse, chalets, chambres d’hôtes, hôtels…) et une grande variété d’activités : croisières sur le fjord, excursions en kayak, initiation à la voile, promenade à cheval, location de vélo pour explorer la piste cyclable qui remonte le long du village, nombreuses randonnées dans le parc du Fjord du Saguenay, pêche dans le fjord ou la rivière à saumon, baignade sur les différentes plages. Sans oublier d’aller pique-niquer au superbe point de vue de l’Anse-de-Tabatière, avec le coucher de soleil sur le fjord.

Si les activité d’été se regroupent surtout autour de la marina, l’hiver c’est sur la petit montagne de ski appelée le mont Édouard que tout se passe : ski et snowboard, mais aussi traîneau à chiens, motoneige, randonnée en raquettes, ski de fond et pêche blanche (les pêcheurs installent leur cabane sur le fjord gelé).

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Voilà comment j’ai été conquise par ce petit village du Saguenay qu’il m’a été très difficile de quitter à l’automne lorsque mon travail saisonner s’est terminé. Je suis partie le cœur lourd mais plein de très beaux souvenirs en tête, et en disant à tout le monde : « c’est sûr, je reviendrai ! ».

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