Les plus téméraires s’y aventurent et ils en reviennent complètement changés. Les gens en parlent souvent comme la dernière place sur la liste des pays à visiter. « Ah non, moi j’ai bien d’autres places magnifiques à visiter avant d’aller à un endroit où le niveau de pauvreté est très élevé » est une phrase que j’entends à maintes et maintes reprises lorsque je parle de ce pays. Et oui, je n’étais pas mieux le jour où on m’a annoncé que je devais quitter pour aller travailler en Inde. Je redoutais ce pays qu’il ne m’était jamais passé à l’esprit de visiter un jour. Je refuse rarement les opportunités et les défis. J’ai donc accepté et j’y ai vécu 4 mois et demi durant la période sèche.

Vous voulez la vérité? Oui, j’ai eu un énorme choc. Aller en Inde, c’est comme apprendre à marcher la première fois. Chaque jour était comme une nouvelle histoire mémorable. Aucune préparation mentale ou physique ne nous prépare réellement à ce pays. Souvent, je me croyais digne d’un film : une canadienne en mode survie en Inde. Ils sont à l’opposé total de l’Amérique : leur mode de vie, leur façon de penser, la température, la nourriture, etc. Tout est très TRÈS différent de ce que l’on connait déjà de la vie. Mon moment d’acclimatation a été long et ardu. Je vivais des frustrations immenses à rechercher le confort que j’ai toujours connu. J’ai répété à plusieurs reprises à ma mère: « Je suis sure que je vais mourir ici ». Je ne sais pas en fait si j’ai vraiment fini par m’y habituer, mais je sais une chose, dans mon inconfort, je sentais un énorme bien-être de liberté et d’amour. Je n’y comprenais rien. J’avais l’impression de détester ce pays chaotique et en même temps de ne plus jamais vouloir le quitter.

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Le principal amour du pays fut les habitants. J’ai souvent été émue par les Indiens. Ce sont des gens avec un énorme cœur. L’entraide est l’une des valeurs primordiales dans ce pays tant peuplé. Ils sont prêts à tout donner pour leur prochain. J’avais rarement vu cela. Ils ont une culture et une religion magnifiques et tant sous-estimées. De nombreux moments de festivités où les gens se rassemblent et dansent dans les rues décorées de couleurs vives animent la ville entière. La spiritualité de ce pays nous rentre dedans. J’ai eu la chance de voyager ailleurs dans de merveilleuses places où la beauté du pays est à s’en jeter par terre, mais où je n’ai pas retrouvé ce que j’ai pu trouver en Inde. Mais, qu’est-ce que j’ai donc trouvé dans ce pays? Une autre Mélissa très différente dont je ne connaissais pas l’existence au Canada, ou ailleurs. Mon bonheur n’était pas basé sur le confort, la beauté ou le matériel. Ma joie était devenue : ces moments où je me suis assise par terre avec les locaux pour manger un repas indien comme si je faisais partie de la famille; ces moments où j’ai chanté et dansé avec eux. Ces gens dont je parle ne travaillent pas moins de 12-13 heures par jour tous les jours à un salaire ridiculement bas, mais ils ont toujours du temps pour les autres et ils partagent tout. Ce sont des souvenirs mémorables qui ne coûtent pas le plus luxueux des bateaux de croisière, mais qui en valent beaucoup plus, parce qu’à la fin c’est toujours ce que l’on se souvient le plus. La valeur y est inestimable. Le contact humain y est incroyable. J’ai compris des choses que je n’avais encore jamais comprises avant. Je ne suis plus la même grâce à eux. Je peux vous dire une chose: l’Inde ne m’a pas tuée. Je ne me suis jamais sentie aussi vivante et je n’ai certainement pas fini de vous écrire à propos de l’Inde. Ce n’était que l’ébauche de ce pays incroyable qui devient une destination incontournable.

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Je ne suis pas morte et je ne me suis jamais sentie aussi en vie qu’aujourd’hui.

-Mélissa Plante