Et puis le voyageur part à la découverte du monde. Il quitte son pays avec l’esprit allumé et le corps ouvert aux différences. Il s’aventure avec son cœur endurci, car les nombreux départs l’ont rendu ainsi. Les départs parfois déchirants, le jugement de sa famille et de ses amis; tout cela l’a rendu plus fragile et plus fort en même temps. Le voyageur sait qu’il ne sera jamais vraiment seul et qu’il va rencontrer ses semblables; d’autres voyageurs ouverts d’esprit comme lui. Certains seront des connaissances pour l’instant d’une soirée, d’autres resteront des amis pour la vie, et quelques-uns toucheront directement son cœur.

Ce cœur de voyageur aguerri sait que, à chaque rencontre, il y aura inévitablement un au revoir difficile. Dire au revoir à une personne en sachant que tu ne la reverras peut-être jamais prend énormément de courage. C’est dire au revoir à tous ces moments de complicité unique. Quitter cette personne en sachant que ces moments ne seront plus que des souvenirs. Des souvenirs qui seront difficiles à expliquer et qui ne représenteront jamais le moment réel qui a été vécu. Personne ne pourra jamais comprendre exactement ces moments.

Ce cœur qui finit parfois par se laisser prendre au jeu de l’amour. Au fond de lui, il veut secrètement trouver sa flamme en voyage. Il reconnait les vibrations uniques qui se dégagent des autres nomades et sait que c’est ce dont il a besoin. Il reconnaît sa tribu. Il s’attache à un autre nomade et veut aimer, puis profiter sans retenue.

Le cœur sait qu’il doit se laisser aller et vivre le moment présent, car il n’y aura pas une deuxième chance exactement comme celle-ci. Carpe diem est sa devise! Il se surprend à s’imaginer refaire sa vie ailleurs avec son âme sœur. Il s’imagine vivre d’amour et d’eau fraîche dans un paradis tropical. Il s’imagine tellement de choses qu’il devient difficile de savoir s’il est tombé en amour avec ce qu’il a créé ou s’il aime vraiment l’autre cœur auquel il s’est ouvert.

Puis, le voyageur est envahi par le doute. Il est parti de chez lui seul et est convaincu qu’il peut survivre ainsi. Il se rappelle que chaque vrai voyageur sait qu’il faut repartir un jour à l’aventure. Qu’il est maintenant le temps des fatidiques au revoirs. Le retour à la réalité est imminent. Le cœur espère toujours un miracle, un amour impossible, mais la tête le raisonne… Des responsabilités l’attendent. Le voyageur reconnaît qu’il doit continuer sa route et qu’il ne sera jamais un oiseau en cage. Il continue de marcher, car marcher c’est rester en vie. Ce voyageur a un cœur de nomade.

À toi cher voyageur à qui j’ai ouvert mon cœur et avec qui j’ai partagé mon corps, sache que je ne regrette rien. Sache que mon cœur s’est permis de rêver à tes côtés et que j’y ai cru pour l’instant d’une soirée…