Le voyage local, tout aussi plaisant!

La crise sans précédents que de nombreux pays vient de traverser limitera sans doute le tourisme international. Nomades et voyageurs devront ainsi redoubler d’imagination pour s’évader à leur façon. Dans l’attente d’une réouverture des frontières internationales, pourquoi ne pas en profiter pour redécouvrir nos pays respectifs? Voyager ne signifie pas « aller loin ». C’est aussi, et surtout, savoir apprécier de petites échappées belles non loin de chez soi… Soyons créatifs ! 

Effets favorables de la COVID-19 sur notre planète

Près de 3 milliards de personnes ont été confinées, ce qui représente environ 43% de la population mondiale. En termes de déplacements, ceux-ci ont été drastiquement limités. Rester chez soi durant cette période a invité la population mondiale à moins circuler et donc à moins prendre les transports. Cet arrêt de l’usage des transports (aériens et routiers) comporte de nombreux bénéfices. Ainsi, la réduction de la pollution, conjuguée à la baisse des émissions de gaz à effet de serre ont été sans précédents depuis les débuts de l’ère industrielle. Devrions-nous s’en plaindre? Non. Face à ces bouleversements humains, sociaux et économiques, Mère Nature a pu souffler à nouveau. 

Qui dit confinement, dit réduction notable des vols et a fortiori, des voyages. La conséquence est sans précédents. Il serait donc dommage de repartir de plus belle après de tels efforts. Progressivement, la nature a repris ses droits pour le plus grand bonheur de la biodiversité. Les animaux ont commencé à profiter des espaces laissés vides pour se balader un peu partout, les gaz à effet de serre (ceux qui contribuent aux changements climatiques) ont fortement diminué et l’air est devenu plus respirable. Évidement, cette liste est non exhaustive tant ces circonstances inédites ont été positives pour la planète. 

Une opportunité unique : celle de découvrir ou redécouvrir notre pays

Moins de transports aériens donc moins de voyages à l’extérieur de nos frontières respectives. Compte tenu de la situation actuelle, on ne sait pas quand nous pourrons voyager. Alors, n’est-ce pas une opportunité unique d’apprendre à mieux connaître son pays? N’est-ce pas l’occasion de visiter un endroit dans notre propre pays que nous n’avons pas vu auparavant. Les vacances approchent au Québec (comme en France), le tourisme sera purement national et permettra de mieux connaître son patrimoine et de mieux comprendre notre histoire et notre culture… 

Durant de nombreuses années, notre jeunesse de « backpacker » nous a invité à aller loin, tant notre soif de découvertes désirait être satisfaite… Dans notre conscience collective, l’évasion et le voyage rimaient automatiquement avec pays lointains. Pourtant, avant de connaître d’autres cultures, il est tout aussi intéressant de commencer par bien connaître la nôtre… Cet été, pourquoi ne pas visiter son pays avec ouverture et curiosité? Tant pour le Québec que pour la France, on se rend compte que d’une région à l’autre, les cultures, les paysages, la biodiversité et les accents différèrent. Dans le cas du Québec, de petites échappées belles au Nouveau-Brunswick, en Colombie-Britannique, voire même dans le Nord du Québec, pourraient suffire à nous émerveiller. Dans le cas de la France, pourquoi ne pas aller voir les châteaux de la Loire, la Bretagne, ou encore l’Alsace? La riche diversité que nous offre la Belle Province comme la France sont des invitations au voyage en soi. Pour ma part, j’ai décidé d’explorer les alentours de Nice que je ne connais pas encore…

Pourrons-nous voyager comme avant? 

Cette question est d’une ultime importance. C’est aussi LE dilemme auquel tout voyageur doit penser, surtout si nous accordons ne serait-ce qu’un minimum de considération pour les générations futures. Sommes-nous vers un début de transition écologique? C’est-à-dire un moment de l’histoire où notre prise en compte de la fragilité de l’environnement doit nous inviter à consommer autrement? Doit-on limiter nos voyages? Si nous décidons de partir à l’étranger, ne devrions-nous pas reverser des crédits carbone afin de garder neutre notre emprunte écologique? 

Ces questions vont, à l’évidence, chambouler nos façons de voyager… Si transition écologique il y a, elle devra idéalement s’accompagner de soutien face aux peuples (et acteurs) vivant du tourisme et qui ont, durant cette période, été laissés pour compte. Les conséquences de la baisse du tourisme dans les pays du sud comme en Inde, en Thaïlande, mais aussi au sein de nombreux pays d’Amérique latine ont été désastreuses sur le plan économique et social. Si la crise dans les pays du nord a été « gérable » pour la plupart des travailleurs, beaucoup plus favorisés en termes d’emploi, il n’en va pas de même pour ceux du sud. 

Cette conséquence comporte deux visions antagonistes du tourisme qui viennent se heurter de plein fouet. Doit-on reprendre le tourisme comme avant, de façon à ce que les travailleurs de ce secteur et l’économie qui en découle puissent parvenir à se développer comme avant? Ou au contraire, doit-on limiter drastiquement le transport aérien pour préserver notre planète au détriment des économies locales vivant du tourisme? À ce questionnement, la réponse ne tendrait-t-elle pas à se situer au centre?

En conclusion… 

Voyager oui… mais voyager mieux! Voyager dans son pays sera la règle commune pour bon nombre de touristes cet été. Une belle façon d’encourager une économie locale par des locaux. Mais durant cette crise, plutôt que de reprendre le chemin du voyage comme nous avions l’habitude de le faire, il nous faudra nous contenter des belles choses que nous avons chez nous plutôt qu’ailleurs… Cela ne veut pas dire pour autant que ce sera moins bien. Bien au contraire… Ce sera une nouvelle façon d’apprécier notre beau pays. 

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