Voyager c’est comme respirer ; c’est essentiel. En temps de Covid-19, on s’adapte, on découvre une réalité nouvelle. On fait preuve de résilience face aux voyages interrompus, aux voyages annulés par la fermeture des frontières et par ce changement de rythme de vie quotidien. Cette pandémie, ce n’est pas que du noir, ça nous donne l’occasion de se distancer physiquement, mais également mentalement, pour mieux se recentrer, sans toutefois se limiter.

Se résilier

Accepter que la vie change, et ce, de manière impromptue et insolite. Je suis limitée en terre canadienne alors qu’il était préalablement prévu de profiter des fonds marins et des vagues du Nicaragua. C’est s’adapter à cette nouvelle réalité et prendre le temps pour soi. En effet, continuer d’évoluer et de me respecter. Les frontières peuvent bien être fermées ; mon esprit lui vagabonde vers des contrées lointaines. Mes papilles gustatives me remercient de visiter la pizza, les tacos, le tartare, les currys… Je voyage autrement. J’ouvre mes livres et laisse mon esprit parcourir d’autres endroits, d’autres époques. Je danse au rythme de la musique latine… Je laisse mon esprit créer de nouveaux projets, différents, mais tout aussi enrichissants.

Se distancer

Parfois deux mètres de distanciation n’est pas suffisant. Se distancer de ce mode de vie axé sur la production et sur le don de soi. Il est peut-être temps de se questionner sur ce qui peut être amélioré.

Voyager, c’est se distancer d’une société qui ne reflète pas toujours mes valeurs, et ainsi, occasionnellement prendre plus que ce deux mètres de distanciation sociale. En effet, se distancer des règles sociétales qui sont appliquées par une meute de moutons ; se distancer des personnes qui semblent vraies, mais qui au final sont d’une inauthenticité surprenante. C’est aussi prendre pleinement conscience de la valeur des gens qu’on prend parfois pour acquis. C’est m’oxygéner le cerveau et ouvrir mon esprit à d’autres réalités.

La pandémie nous offre la possibilité de prendre une distanciation sociale, de s’analyser en tant que société et de se questionner. Se questionner sur nos besoins réels, sur nos aspirations pour les futures générations. C’est ainsi réfléchir aux règles, à la pensée commune et aux comportements de soi. De cette invisibilité des individus, de cette non connaissance de l’autre. Cette impression que l’autre te regarde, mais qu’il ne te voit pas. Voyager, c’est se rapprocher, voir l’autre dans son entièreté ; soit une personne avec ses sentiments, ses différences, ses ressemblances et ses opinions. C’est s’ouvrir avec empathie à l’autre et être honnête, devenir authentique. Ainsi, je veux me distancer simplement pour mieux me rapprocher davantage des bonnes personnes. Celles que j’aide à faire grandir et qui m’aident à grandir en retour.

Se recentrer

En premier lieu, il faut prendre connaissance de nos libertés. En effet, on n’aurait jamais pensé que du jour au lendemain nos moments entre amis et en famille deviendraient illégaux. Je n’aurais jamais cru que voyager deviendrait une question sans réponse plutôt qu’une planification. Il aurait été inimaginable également de songer à ce que la vie en soi soit mise sur pause avec la fermeture des restaurants, des festivals et de nos milieux de travail. N’en reste pas moins qu’on a la liberté infinie de faire ce qu’on désire de nos vies.

Ainsi, en deuxième lieu, il ne faut jamais perdre de vue l’importance de prendre soin de soi avant de prendre soin des autres. Ça peut sembler égoïste, mais il est impossible d’aider son prochain de manière continuelle si on ne prend d’abord pas bien soin de soi-même. D’où l’importance de me recentrer, c’est ma priorité.

Rêvasser

Finalement, cette pause me permet de rêver encore plus grand, sur une durée indéterminée. Griffonner des itinéraires sur papier, mettre sur pied des projets qui me font voyager intérieurement. Lister toutes les manières possibles de sortir de sa zone de confort et d’avoir le souffle coupé par la vie. Être patiente de cette pause, en étant impatiente de repartir.

Je rêve mes futurs départs. Ça va bien aller, ou peut-être pas, et c’est bien correct.

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