L'impact de la pandémie Covid-19 sur le tourisme

Je dois avouer qu’alors que je m’apprête à écrire cet article, je n’ai aucune idée de la réponse à ma question: combien de temps avant qu’on puisse voyager. Je peux spéculer, avec mon expérience en tant que voyageur ainsi qu’en tant qu’agent de bord, mais j’imagine que je subis les conséquences d’une déformation professionnelle: le communicateur en moi veut des faits.

LA SITUATION DE L’AVIATION

Avant tout, j’ai aiguillé ma recherche en fonction de mes hypothèses. Le tout revient aux événements tragiques du 11 septembre 2001. Après multiples discussions avec des pilotes de haute séniorité qui ont vécu cette crise et ses répercussions pendant les années les plus importantes de leur carrière, il a fallu de 4 à 5 ans avant de commencer à voir des compagnies aériennes prêtes à engager de nouveaux pilotes. Certainement, il y a moins d’employés que de voyageurs dans ces avions, mais tout de même, cette information fut le premier référent qui m’est venu en tête lorsqu’on m’a demandé mon avis sur les conséquences du Covid-19. Comme le mentionne Robert Falconer, un chercheur de l’Université de Calgary spécialisé dans le domaine de l’immigration et des problèmes frontaliers, même après le 11 septembre, les frontières entre le Canada et les États-Unis ont conservé leur trafic.

J’analyse donc la situation grâce à cette comparaison: la situation est pire. La tragédie du World Trade Center avait effectivement engendré son lot de peur. Envers le terrorisme, envers l’autre, envers la guerre. Malgré l’impact de ce drame à l’international, ce ne sont pas tous les voyageurs qui furent affectés. Aujourd’hui, chaque globe-trotter est personnellement touché par cette crise.

Selon l’ICAO (en français: Organisation de l’aviation civile internationale), de janvier 2019 jusqu’au début 2020, environ 30 000 avions décollaient chaque jour lorsque les opérations étaient à la normale. La semaine dernière, la moyenne était de 2000. Le président d’Air Canada, Calin Rovinescu, mentionne avoir vu l’occupation de ses sièges et de ses opérations chuter de plus de 90% en une nuit.

CONSOMMER DES VOYAGES D’ICI

Bref, on le sait, la situation est intense en ce moment, mais que faire de mon voyage aux Philippines prévu pour septembre? Annulé mes amis. Et mon voyage aux Barbades en novembre? Annulé aussi. Alors, à quand mon prochain voyage? Selon moi, à l’automne. Confus, tu es? C’est parce que je n’ai pas dit où encore: c’est le temps d’explorer le Québec!

Selon mon analyse des plus récentes nouvelles internationales, les mesures concernant les frontières seront levées une après l’autre. C’est logique. Alors, pendant cette période de transition à durée encore indéterminée, il faut profiter de nos autres options. L’adaptation, c’est la clé d’un point de vue socio-économique.

Le Québec est magnifique et ce pendant ses 4 saisons! L’automne et ses couleurs savent déjà comment séduire des milliers de voyageurs à l’international chaque année. Donc dans quelques mois, il va falloir redécouvrir ces paysages. J’écris “il va falloir”, puisque si tu es un voyageur comme moi, en ce moment, ça te démange à l’intérieur, non?

POINT DE VUE DE L’INDUSTRIE TOURISTIQUE QUÉBÉCOISE

Comme le soutenait lors d’une entrevue à Radio-Canada Martin Soucy, président directeur-général de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, l’objectif sera de séduire la population avec sa propre province. De plus, il dénote une très grande agilité de communication entre les régions qui facilitera l’afflux de touristes locaux. J’en comprends que l’esprit n’est pas à la compétition touristique entre secteurs, mais plus à l’unité. Normalement, 73% des déplacements faits par des Québécois hors-québec sont en direction de l’Ontario et des États-Unis qui sont désormais inaccessibles. Du moins, on peut dire que cette part de voyageurs d’ici sont habitués à de courts déplacements nord-américains, ce qui ne devrait pas trop les sortir de leur zone de confort, considérant l’immensité et la variété du territoire québécois. Les globe-trotter internationaux devront s’accommoder du Québec. Mon intérêt ici concerne les voyageurs de plaisance et non ceux d’affaires. Cette statistique représente sûrement une grande part de déplacements à caractère entrepreneurial, mais aussi une part de voyageurs réguliers et ce sont eux qui m’intéressent.

Considérant la sévérité des mesures actuelles, l’industrie touristique du Québec suspend ses efforts de promotion à l’international (particulièrement en Europe) pour rapatrier ce capital au niveau provincial. Le moment est venu de consommer local, même en tant que touriste. Si l’on veut que notre industrie, notre loisir, notre source de motivation qu’est de découvrir le monde prospèrent: nous devrons participer lorsque le moment sera venu. Car personnellement, je ne crois pas pouvoir partir à l’international de façon sécuritaire avant plusieurs mois. Nous sommes toujours dans l’ombre d’une seconde vague qui pourrait survenir après l’été, il ne faut pas l’oublier.

De plus, les conséquences économiques de cette pandémie affecteront le portefeuille des nomades. Ce pourquoi voyager local est encore mieux: pas de billets d’avion, c’est moins cher! Je sens que l’automne sera l’ère des road trips ainsi que des campings québécois.

En conclusion mes chers nomades, le Québec est la plus grande province du Canada. C’est trois fois la France et cinq fois le Japon: il y en a assez à explorer!

SOURCES:

Article rédigé par Alexis Richard.

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