« Je ne troquerai pas ma liberté contre la peur », « Je choisis de poursuivre mon voyage malgré l’épidémie »… Ce sont tant de phrases malheureusement prononcées sur les réseaux sociaux, comme si le COVID-19 était une abstraction totale dénuée de l’intérêt de certains nomades. Pourtant la pandémie continue de faire rage… (même si les chiffres paraissent faibles par rapport à d’autres maladies, la vitesse de propagation, elle, est très rapide). Sans dramatiser mais plutôt se responsabiliser, au nom du personnel soignant, pourquoi ne pas se confiner en voyage, ou tout simplement rentrer chez soi ?

Contre toute attente, le coronavirus a un impact important sur les voyageurs. À vrai dire, si les échanges interculturels n’existaient pas, le COVID-19 ne ce serait pas répandu à cette allure. Dans le cas de cet évènement sans précédents, il est d’une ultime importance que les voyageurs soient en mesure de prendre leurs responsabilités afin de faire passer leur santé, et celle d’autrui, avant le simple plaisir de « choisir la liberté face à la peur ».

Cesser les voyages pour ralentir la contamination

Un confinement tardif comme en Italie ou encore en France n’a pas pu sauver certaines personnes… Dans ces cas, il est difficile de ralentir voire même de stopper l’épidémie. Ce que l’on constate dans ces deux pays, c’est que les mesures n’ont été que progressives et non instantanées avant que tout bascule…

C’est pourquoi il faut que chaque voyageur aie à l’esprit que se confiner le plus rapidement possible (en fonction de l’endroit où il se situe et des mesures étatiques prises là où il se trouve) aura à terme une tendance à limiter la propagation et donc éviter de nouvelles contaminations.

Ce comportement est la façon qui semble être le plus responsable possible. Tout récalcitrant à ces nécessaires mesures est en réalité irraisonnable. Dans un monde interconnecté comme le nôtre, la conduite de chaque individu est cruciale. Quel monde souhaitons-nous laisser à nos enfants ? Un monde où l’entraide et le bon sens ont leur place ou plutôt un monde régi par un individualisme outrancier ? À ce questionnement, il faut laisser les citoyens du monde agir en leur âme et conscience…

Quel tourisme pour demain?

De nombreux spécialistes ont laissé savoir que l’impact de cette pandémie sur le tourisme à l’échelle mondiale était désastreux. Il faudra du temps pour reconstruire un monde sans peur d’être affecté par cette maladie. À titre d’exemple, les professionnels du tourisme italien s’attendent à un recul de 60% pour l’année 2020 et une lente reprise dès 2021.

Certains pays comme Cuba et le Pérou ont fermé leurs portes au tourisme. Pourtant cette ressource permet de faire vivre une majeure partie de la population. Quels seront les impacts de cette absence de bénéfices pour une durée encore indéterminée à ce jour ? Aujourd’hui, ces questions demeurent sans réponses. Parsemées de doutes et de peur parmi les professionnels du milieu, il faudra plusieurs mois, voire même plusieurs années pour vraiment déterminer l’ampleur des dégâts.

Le COVID-19 : une dénonciation des activités anthropiques liées au tourisme ?

Une chose est sûre : même si nos déplacements doivent être limités et a fortiori, nos voyages, il est intéressant de voir que certains endroits surexploités vont enfin pouvoir « respirer ». La carte de la Chine éditée par la NASA est à ce titre très évocatrice. En moins d’un mois, les émissions de gaz à effet de serre ont considérablement diminué, montrant depuis un ciel bleu, dénué de pollution atmosphérique. En ce qui concerne l’Italie, les images médiatisées de l’eau translucide de Venise ont, quant à elles, montré les limites du tourisme de masse.

Avec le COVID-19, notre planète nous a fait part de ses limites. Cette consommation des déplacements a diminué drastiquement, en nous invitant à repenser notre mode de vie de nomade. Cet électrochoc était-il nécessaire pour nous inviter à reconsidérer notre emprunte écologique face à nos actions (ou inactions)? Certainement. Cette crise était peut-être nécessaire pour nous faire réaliser la beauté et la fragilité des écosystèmes. À l’heure où nous sommes pour la plupart confinés, il serait donc intéressant de se conscientiser, à notre échelle, afin de protéger les générations futures…

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