Ma chère Montréal, je t’écris en tant qu’externe, en tant que non-Montréalaise, en tant que non-native. Je ne te mentirais pas, j’avais quelques idées préconçues à ton propos suite à mes précédents passages pour venir te visiter, je n’avais alors pas été charmée. Ce fut donc avec une petite réticence que j’ai déménagé chez toi pour travailler. Et doucement, tu m’as charmée un brin, par ton ouverture d’esprit et ton multiculturalisme, par tes grands arbres qui longent les rues et par ton métro qui me permet de me déplacer rapidement d’un coin à l’autre de la ville.

Mais je dois te révéler, je pense que parfois tu te négliges : déchets un peu partout par terre, odeur de poubelles à certains coins de rue et présence de beaucoup trop de béton dans certains secteurs. Sans oublier ta courtoisie au volant quasi-inexistante et ton temps d’attente sur l’autoroute. J’ose espérer que tu sauras te faire pardonner, que je n’aurai pas à me lancer en guerre contre toi.

Je te lance encore quelques fleurs au passage Montréal, parce que, oui, je peux voir tes bons côtés.  La variété des endroits dignes de mention est à s’étourdir et rend le verbe choisir des plus difficiles à conjuguer. Sélectionner un café, un restaurant ou un bar devient une recherche et une analyse poussée pour déterminer LA place plus qu’une autre. D’ailleurs Montréal, tu as du charme avec ton « fast food » de rue. Sans oublier la beauté des différents parcs et espaces verts dans certains arrondissements qui permettent à tous de jouir pleinement de la vie, d’un sportif qui passe en coup de vent, aux petites familles qui viennent faire un pique-nique.

L’automne

Petit bémol, l’automne, on voit légèrement, mais peu tes couleurs. Peinture-toi d’orange, de jaune, de rouge et de restant de vert, Montréal. Montre à quel point l’endroit peut être aussi coloré que les gens qui t’habitent.

Voyager c’est quitter un endroit pour en découvrir un autre. Montréal, tu me transportes dans un univers différent. Tu me fais voyager. Tu m’angoisses aussi un brin ; par cette peur irrationnelle d’être prise entre deux portes de métro (peut-être pas si irrationnelle que ça). Cette angoisse de conduire dans un monde où vélos, piétons et voitures se côtoient dans un grand capharnaüm (à Québec, les piétons ont leur propre lumière). Cette peur raisonnée d’écraser une maman avec son jeune garçon en tournant un coin de rue.

L’hiver

Et l’hiver, oh Montréal ! L’hiver ! Tu es jolie sous ces gros flocons blancs, mais tu rends la vie très difficile. Tirer ma valise pour mon travail dans quatre centimètres de neige (parce que la faire rouler devient mission impossible) et faire le travail de la déneigeuse en laissant une trainée derrière moi, sans oublier épuiser mes bras avant même que la journée ne soit commencée.

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Ce premier hiver chez toi, nous avons eu de la neige à n’en plus finir, à ne plus savoir où la mettre. Et tu m’as surprise, par plus de quatre fois à me prendre dans tes griffes, prise dans la neige et la glace. Seule la pelle, du gros sel et beaucoup de patience ont eu raison de toi. Je t’aime Montréal l’hiver, mais avoir le choix, je te raccourcirais de quelques mois.

Le printemps

Oh, printemps ! Tu es dès plus attendus, tu es accueilli à bras ouverts. Le bon côté du béton, c’est que tu fais fondre la neige plus rapidement ; il faut te reconnaître cette qualité inusitée. Les différentes teintes de gris sur le pavé me laissent perplexe par contre et les nids de poule me laissent une grimace sur le visage. Le printemps, Montréal, tu me fais rêver, aux fleurs qui vont commencer à pousser, au jardin qu’on va créer dans la cour, aux ruelles vertes qui s’animent et aux journées qui « s’allongent ». Ce n’est pas si différent ailleurs me diras-tu, mais c’est beau voir les gens sortir de leur hibernation, voir les rues recommencer à fourmiller. Ça donne le goût de chanter (et de danser)!

L’été

Je suis définitivement une « summer girl », alors Montréal, je t’aime d’amour l’été ; tu es belle. Pour tes gens en vélo partout, tes choix déchirants de terrasse (parce qu’il faut faire un choix), tes soirées entre amis, tes moments de relaxation dans le parc à lire un livre, tes ruelles colorées et tapissées d’art de rue, ta vivacité et les événements « surprises » dans la ville (p.ex. l’orchestre symphonique dans le parc), les parties de volleyball ou de soccer entre amis, tes nombreux festivals et les découvertes qu’on peut faire simplement en tournant un coin de rue.

Ma chère Montréal, continue d’évoluer et d’ouvrir tes bras à ceux qui viennent d’ailleurs, à ceux qui sont marginaux et différents. C’est ta richesse ma belle. Ça me permet de combler ce besoin permanent de faire de nouvelles découvertes. Ça me fait voyager, à quelques pas de chez moi. Ou peut-être bien… Montréal tu es devenue un peu chez moi. Et tu me fais voyager au quotidien.

Adresses à (re)découvrir 

Si tout comme moi tu ne viens pas de Montréal, voici des adresses à découvrir ou redécouvrir (et ce, peu importe la saison);

Devrais-je ajouter certaines adresses à ma liste ?

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