Vous avez sûrement déjà écouté ou entendu parler de l’émission : UN VOYAGE D’ENFER! Mon conjoint et moi avons vécu une histoire comme celles qui se déroulent dans l’émission. Voici des conseils, des trucs et des informations pour vous aider, si jamais il vous arrivait une situation comme la nôtre.

Une belle journée s’annonçait pour aller visiter les plages de Phuket en scooter. Nous décidons de les louer avec l’hôtel où nous séjournions 5 jours. Je sais, on nous avait déjà dit qu’il ne faut jamais laisser nos passeports pour la location d’un véhicule. Étant donné que c’était à l’hôtel, nous nous sommes dit que c’était plus facile de laisser le passeport que de donner un acompte assez élevé.

Nous sommes partis à l’aventure, par une belle journée ensoleillée, à la visite de plusieurs plages autour de Phuket.

Tout se déroule très bien jusqu’au moment où j’entends un énorme bruit et que je vois mon conjoint à plusieurs mètres de son scooter, couché sur le sol, inactif. Je me tourne et je vois un Thaïlandais qui se lève près de son scooter. J’arrête sur le bord de la route, un chemin très passant, et je cours vers mon chum qui est encore couché au sol. À ce moment, je pense qu’il est décédé, car il ne bouge pas. À mon arrivée près de lui, il se met à bouger et se tient la cheville qui est ouverte jusqu’aux os. Aussitôt que je me rends compte qu’il va bien (à part sa cheville), je vérifie comment va le Thaïlandais. Il est debout à côté de son scooter et semble bien aller. À ma grande surprise, l’ambulance et la police arrivent très rapidement.

ON FAIT QUOI MAINTENANT? 

Je ne comprends pas ce que la police me dit car il parle en thaï. Tout à coup, une femme se stationne avec son scooter près de moi et commence à me parler en anglais. Une Américaine qui habite la Thaïlande depuis 5 ans. Nous sommes sauvés, elle me donne beaucoup de conseils pour que tout se déroule bien et parle avec le policier.

Voici des conseils qui sont très importants à savoir :

  • Prendre des photos des scooters. Prendre des photos de son scooter et celui de l’autre accidenté (il semblerait que les Thaïlandais provoquent des accidents avec les touristes pour se faire payer soit un scooter neuf ou des réparations. Vous devez savoir que les touristes sont toujours les coupables, même si ce n’est pas le cas. Nous devons payer tous les frais pour le scooter.)
  • Prendre aussi des photos de la personne qui a eu l’accidentsurtout s’il n’a pas de blessure, car en Thaïlande c’est le touriste qui paie les frais médicaux de tous.
  • Avoir son passeport (photocopie) avec soi.
  • Posséder une preuve d’assurance maladie et de voyage (pour les hôpitaux privés).
  • Connaître le numéro de téléphone de l’Ambassade Canadienne.
  • Avoir un cellulaire pour être capables de se rejoindre.
  • Mettre Maps.me sur sa tablette ou son cellulaire   

Après avoir pris les photos nécessaires, je me rends compte que l’ambulance a quitté les lieux avec mon conjoint. Une chance que l’Américaine est toujours présente et qu’elle parle avec le policier, qui semble tellement gentil et compréhensif. Il prend le temps de dire à la dame l’endroit où l’ambulance amène mon conjoint (hôpital près de l’accident).

Ils embarquent les 2 scooters sur une camionnette et les apportent au poste de police. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’après la visite à l’hôpital, il faut aller régler au poste de police tous les frais engendrés par l’accident.

Il est maintenant le temps de partir avec mon scooter et de me rendre à l’hôpital pour rejoindre mon conjoint. En arrivant à l’hôpital, impossible d’avoir des réponses des infirmiers sur l’endroit où est mon chum. Personne ne parle anglais ni français donc ils ne me comprennent pas. Je décide de retourner au poste de police qui est tout près de l’hôpital pour questionner le policier de l’endroit où est mon conjoint. Il me dit que j’étais allée au bon hôpital, mais il ne me comprend pas et il ne sait pas où est maintenant mon chum. Juste à Phuket, il y a 12 hôpitaux différents. Je décide d’utiliser ma tablette avec l’application Maps.me pour trouver les hôpitaux. Vous devez toujours avoir cette application avec vous en voyage.

L’application Maps.me : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.mapswithme.maps.pro&hl=fr_CA

Il faut télécharger la carte du pays que vous visitez avec internet. Après avoir téléchargé, vous n’avez plus besoin d’internet pour vous en servir. Sur l’application, il y a beaucoup d’informations que vous pourrez utiliser (hôtel, restaurants, hôpital, aéroport…) Il y a même un service de GPS sans internet.

GROSSE ERREUR

Ah oui, j’ai oublié de vous dire que, dans mon sac à dos, il y avait tous les documents importants quand on part en voyage (carte d’identité, photocopie du passeport, carte de crédit, argent, carte d’assurance maladie…). Donc Éric n’avait aucune carte avec lui.

LES RETROUVAILLES

Je me rends à un hôpital, deux, trois… et je ne le trouve toujours pas. Il commence à faire noir et il y a beaucoup de trafic. Aucune façon de le trouver. La barrière de la langue est vraiment énorme, car les infirmiers ne me comprennent pas et ils ne savent pas qui est Éric (il n’a pas de carte d’identité avec lui). Après 3 heures de recherche, j’arrive dans un hôpital privé et 2 infirmières semblent vouloir et pouvoir m’aider. Elles téléphonent partout dans Phuket et, après 12 appels, elles me sourient et me disent qu’elles l’ont trouvé. Je repars avec mon petit scooter, j’arrive dans un hôpital privé et Éric m’attend sur une chaise roulante dans l’entrée. On saute de joie de se retrouver!

Cela fait plus de 4 heures que l’accident s’est produit. Éric m’explique comment ça s’est passé depuis son départ en ambulance. Lorsqu’il est arrivé à l’hôpital public, les infirmiers lui ont demandé s’il avait des assurances (toujours en thaï). Éric mentionne que plusieurs minutes ont passé avant qu’ils ne se comprennent. Finalement, ils ont décidé d’emmener Éric à un hôpital privé étant donné qu’il a sûrement des assurances (même s’il n’avait pas ses papiers avec lui). Lorsqu’il est arrivé à l’hôpital privé, les médecins ne voulaient pas l’opérer car il n’avait aucune carte de crédit pour payer. Étant donné qu’il était urgent qu’il soit opéré, ils ont pris la décision de le faire sans qu’il ait de carte pour payer. UNE CHANCE!!!

Nous avons payé la note et sommes partis les 2 sur le même scooter pour se rendre au poste de police. Éric avait ses béquilles avec lui ainsi que la tablette pour retrouver notre chemin.

LE VOYAGE D’ENFER N’EST PAS TERMINÉ,  DE RETOUR AU POSTE DE POLICE!

Il est 20 heures et nous arrivons au poste de police. Lorsque nous sommes arrivés, la police a tout de suite téléphoné au Thaïlandais avec qui nous avions eu la collision. Maintenant, il sera le temps de négocier le montant d’argent que nous allons devoir remettre au policier. Une grosse demi-heure plus tard, le Thaïlandais arrive avec sa conjointe. Il discute avec la police. Nous sortons dehors, voir les dégâts de l’accident. Je prends le temps de montrer au policier que le scooter était déjà très brisé avant l’accident. De retour à l’intérieur, le policier nous demande un certain montant d’argent, je trouve que c’est un peu exagéré mais il est difficile pour nous de s’expliquer. Ça fait 2 heures que nous négocions, nous avons faim, nous sommes très fatigués, nous sommes anxieux, Éric souffre et moi j’ai un terrible mal de tête. Nous décidons de remettre le montant d’argent au policier tout en prenant le temps de lui dire que c’est bien le dernier montant que nous allons lui remettre. Le policier me confirme que oui.

***Voici ce que nous aurions dû faire : téléphoner à notre ambassade du Canada. On nous a dit que le policier n’aurait pas demandé autant d’argent et l’ambassade nous aurait aidé avec la langue et la négociation.

Maintenant, parlons du scooter. Nous avons laissé le scooter au garage près du poste de police, car nous croyions qu’il était préférable de le faire réparer avant de le rapporter au locataire à notre hôtel. Cependant, nous nous sommes vite rendus compte qu’il ne faut pas faire confiance aux policiers dans ces pays. Le garagiste était de connivence avec le policier. Il nous a chargé le triple que le locataire nous aurait chargé. Nous devions ravoir le scooter le lendemain, mais nous l’avons eu seulement 4 jours plus tard. Il ne faut pas oublier que nous avons payé des frais de location pour ces 4 jours supplémentaires.

La journée suivante, Éric a fait une grosse infection et son pied est devenu immense. Nous avons même pensé repartir pour le Québec. Mais avec l’hôpital privé, ils lui ont prescrit des antibiotiques plus forts et l’infection s’est résorbée 4 jours plus tard. Depuis l’accident, nous devions aller à tous les jours à l’hôpital pour faire nettoyer la plaie. Nous quittions en avion vers le Laos. Il restait 4 jours avant qu’Éric doive se faire enlever ses points de suture.

Nous cherchons sur internet un hôpital au Laos pour aller faire enlever les points. La seule chose que nous lisons sur internet : « N’allez jamais à l’hôpital au Laos, faites-vous transférer en Thaïlande ».

Trop tard, nous sommes au Laos. Nous décidons de nous rendre à l’hôpital près de notre hôtel. Quel désastre! En arrivant, le docteur porte une chemise blanche remplie de sang, comme un boucher, il nous demande de le suivre et crache par terre. Regardez les photos suivantes, vous comprendrez! Nous sommes partis sans soins hospitaliers. Dans notre sac à dos, nous apportons toujours une trousse de premiers soins, j’ai donc décidé de jouer à l’infirmière.

Pour bien terminer cette horrible histoire, 14 jours après l’accident, nous allions dans un centre de conservation des éléphants au Laos pour 3 jours. Nous avons donc pensé aux vétérinaires qui travaillent à cet endroit.

Bon conseil à savoir

  • Si vous avez un accident de la route, partout dans le monde entier, la SAAQ paie les dommages, les frais hospitaliers, les frais de transport pour se rendre à l’hôpital (en taxi)… L’important, gardez toutes les factures.

Tout s’est finalement bien terminé et nous avons bien profité de nos 3 mois en Asie!

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