Pas vraiment la peine de le répéter mais tout de même… Le voyage nous apprend un tas de choses ! On découvre de nouveaux paysages, de nouvelles cultures, une nouvelle alimentation, une nouvelle langue…

Ce que le voyage nous apprend sur nous

Mais il est bien probable que l’un des plus gros apprentissages se fait sur nous-mêmes. J’ai fait mon tout premier voyage à l’âge de 19 ans et j’étais alors une parfaite inconnue pour moi-même ! À chaque voyage, une part de moi s’est révélée. Alors cela n’a rien de magique ! Selon moi le voyage nous met face à certaines vérités, à certains choix. Il nous sort de notre douillette zone de confort et nous force donc à apprendre à nous écouter. Lorsque l’on part pour une durée assez longue, sans nos repères, sans nos parents, nos ami.e.s du quotidien, sans nos affaires de tous les jours, on casse une routine. Ceci nous oblige à nous poser des questions que nous nous étions alors jamais posées. On se retrouve seul.e. face à ces questions et bien obligé.e. de les affronter, car oui cette fois-ci personne ne le fera pour nous !

Cela peut se manifester de différentes façons. De manière plutôt pragmatique, par exemple : quand on voyage en van, ce dernier tombe en panne et il faut alors faire un choix : les économies ou le confort, abandonner ou ne rien lâcher. Au fond du gouffre, sans toit sur la tête pour cette nuit et toutes celles qui suivent, il faut alors prendre le temps de s’écouter, de savoir ce que l’on veut vraiment. Puis assez rapidement prendre la décision que notre cœur nous dicte. Et le plus important : suivre ce choix même si la majorité ne l’aurait pas fait !

Cette philosophie s’applique finalement pour tout. En voyage, on développe cette nouvelle façon de penser et d’agir, à l’instinct, au ressenti. Pour moi, ça pourrait être imagé par « prendre des décisions avec le ventre ».

Quand cela devient une habitude…

Plus on part longtemps, plus cette nouvelle façon de faire des choix devient une habitude, elle devient la manière normale de prendre ses décisions. On est beaucoup moins parasité par notre entourage qui agit comme notre « raison ». Mais on est également beaucoup moins parasité par les codes sociaux de notre pays d’origine. On se retrouve seul.e face à des situations parfois très cocasses, situations qu’on aurait jamais eu à affronter dans notre « vie d’avant ». Il faut alors prendre des décisions nouvelles, de façon plutôt rapide et s’y tenir.

Le retour

Le problème de cette nouvelle façon de penser et de réfléchir, c’est le retour… Quand on a tellement pris l’habitude de prendre toutes nos décisions rapidement, selon nos envies, selon ce que notre cœur nous a dicté, sans vraiment consulter qui que ce soit… Il est difficile de revenir à notre ancienne manière de faire ! Et d’ailleurs, je ne le conseille pas. Pour moi c’est une des grandes richesses que le voyage m’a apportées. D’être totalement autonome, indépendante et convaincue par mes décisions même si personne ne suit vraiment le cheminement de mes idées ! C’est une grande liberté de ne plus avoir peur de faire des choix, même très controversés. Le voyage apprend à s’assumer, assumer ses idées, ses envies, ses désirs. Et surtout les défendre parce que ça vient de là, de l’intérieur, de nous !

Attention, je ne dis pas que le voyage est la seule manière d’arriver à cette manière de penser, ni d’ailleurs qu’il s’agit de la meilleure qui existe ! Je suis persuadée que beaucoup arrivent à ce mode de fonctionnement sans faire des kilomètres et des kilomètres ! Mais pour ceux qui souhaitent tendre à cette liberté de penser, d’agir, et qui sont désireux d’apprendre à vraiment s’écouter… le voyage pourrait aider !

Et puis… qu’importe si nous passons pour des instinctifs un peu instables quand on rentre, les décisions sont beaucoup plus faciles à prendre et à assumer quand elles viennent de nos propres tripes plutôt que de la bouche d’un tiers, aussi proche ce dernier puisse être de nous…

Et pour de bonnes décisions… choisissez un bel endroit ! 

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