« Contre les chagrins de la vie, le voyage n’est-il pas le meilleur remède ? » Michel Tournier

1 an après ce départ seule en sac à dos sans billet retour, précédé de 2 années de dépression sévère, burnout, j’ai la certitude que ce voyage a été une renaissance.

Le voyage c’est « porter son projet », pour (se) supporter, c’est « l’ancrer dans la réalité » pour se réaliser, et enfin c’est « le clore », pour pouvoir (en) éclore.

Le voyage comme objectif

C’est donc cette première phase de préparation qui a été bénéfique et salvatrice. Le projet a été évoqué 1 an et demi avant mon départ. J’étais déjà malade depuis 6 mois. Mais c’est réellement au moment de la concrétisation de celui-ci que ma guérison s’est accélérée : planification du circuit, choix des destinations, recherche du billet, etc. La création d’un site pour expliquer ce projet, pour permettre aux personnes de me suivre et éventuellement pour donner des conseils aux futurs voyageurs allait être un élément clé. Une fois lancé, je ne pouvais plus reculer. « Chose promise, chose due ! »

Ce projet était donc la source de motivation extérieure pour trouver la motivation interne qui me manquait jusque là.

Je voulais être prête à partir. Cela impliquait être prête physiquement et psychologiquement. Pour cela, je devais m’organiser. Mais je n’avais plus aucune appétence au quotidien et aux plaisirs.

J’ai trouvé en la préparation de ce voyage l’énergie.

L’énergie est revenue peu à peu : me lever, sortir de chez moi, faire des activités pour moi, et cela sans me forcer.

L’objectif du voyage a été un catalyseur et un accélérateur. Il m’a permis de faire le nécessaire pour partir sereinement. Après l’achat du billet, j’ai senti une force en moi revenir :

  • Passer des étapes jamais franchies dans ma thérapie semblait plus facile
  • Diminuer mon traitement progressivement en était la suite logique
  • Mettre fin à ce lien professionnellement destructeur : quitter mon CDI
  • Entamer un régime après une prise éclaire de 18kg, liée à la maladie, afin de vivre pleinement ce séjour qui m’attendait, sans être limitée par mon poids.
  • Valider mon mémoire et ma soutenance
  • Donc respecter l’échéance du départ afin de clore mon Master : j’avais repris mes études à 33 ans, en parallèle de mon travail.

Il est important de préciser que le voyage à lui seul n’est pas un remède miracle, mais une réelle aide à la guérison.

Le voyage comme réalisation de ses désirs

À 35 ans, j’ai donc quitté mon poste de cadre manager et suis partie 5 mois : dont 6 semaines et demi seule. J’ai partagé le reste du séjour avec mon compagnon de vie. Après 2 ans et demi de thérapie, de médecines alternatives, de lectures sur le développement personnel, un arrêt de 6 mois et 18 mois de traitement, il était temps de PENSER À MOI et surtout de PASSER À L’ACTION.

L’autonomie et la capacité à être responsable enfin revenue dans ma vie : j’étais prête !

Partir seule était révélateur et euphorisant. Je n’avais que 15 jours de volontariat de programmés à mon arrivée. Le fait de n’avoir aucune contrainte de temps et de réservations me rendait totalement libre. J’arborais un sourire sincère. J’avais conscience que le bonheur m’habitait et je savais ce que cela voulait dire.

Je découvrais la définition de la LIBERTÉ, celle de n’écouter que son cœur, ses désirs, ses besoins. J’étais remplie de sa toute puissance et libérée de toutes frustrations.

C’est là que la vie m’a offerte de nombreux cadeaux : les plus beaux, je crois !

Se faire offrir l’hospitalité

Rencontrer des belles âmes et créer des liens sincères 

Créer des moments magnifiques, inoubliables et énergisants

Être réceptif aux opportunités

Apprendre le lâcher-prise, la patience

Renouer avec la complicité perdue : mon mec, mon amant, mon pote, cet homme !

Le voyage, c’est tout cela qu’il m’a permis, qu’il m’a appris.

Je suis rentrée le cœur lourd… Lourd de bonheur, de bonne-humeur, de rencontres, de souvenirs, de bien-être, de belles sensations !

Le voyage comme souvenirs mémo-sensoriels

Je n’avais pris qu’un billet aller : j’ai donc décidé ce retour.

Il était temps, pour moi, de mettre en application ce que ce voyage m’avait enseigné.

Le retour est un moment souvent redouté par les voyageurs. La nostalgie, le blues, parfois la déprime les envahissent. Je voulais me confronter à cette autre réalité. Je suis de celles qui peuvent dire aujourd’hui : « je suis guérie, je suis heureuse, j’ai choisi ma vie, cette vie ». Pour cela, le voyage m’a aidée. À mon retour, j’ai plongé au fond de mon cœur, renoué avec la petite « fée » qui m’avait animée durant ce séjour de 5 mois et je lui ai posé les questions suivantes :

  • Quelles valeurs étaient assouvies lorsque tu te sentais vivante ?
  • Quelles activités te permettaient de t’épanouir ?
  • Qu’as-tu appris sur toi ?

À ces réponses personnelles, j’ai pu lister mes limites, mes valeurs, mes besoins et réorienter mes priorités de vie.

Je les ai mises en application et je suis toujours aussi heureuse qu’à mon retour, il y a de cela 9 mois. Les voyages ponctuent toujours mon quotidien. Je suis repartie seule, 1 mois en Écosse, pour perfectionner mon anglais ; et nous nous apprêtons à repartir à deux, pour de nouvelles aventures en Asie.

Montaigne a dit que « les voyages forment la jeunesse ». Si, on peut mesurer l’évolution entre l’avant et l’après, si on peut inscrire, au retour, une transformation durable, alors le voyage fait également grandir.

Les clés sont en vous. Le voyage aide juste à les chercher, à les trouver et à les garder.

Bon voyage à vous dans les profondeurs de votre merveilleux!

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