La joie qui se dégage des soirées d’été improvisées entre inconnus sur les quais de Seine, où tout le monde est le bienvenu, les plus téméraires envahissent la piste d’un soir tandis que d’autres battent la mesure, d’autres refont le monde, cigarette ou guitare en main, d’autres encore s’éparpillent sur les marches et observent en formant une ronde qui se fond dans la foule.

En pensant aux sans-abris parmi lesquels on se fraye un chemin sur les trottoirs, mes larmes me donnent la nausée de toutes ces années passées à les ignorer, tellement la normalité les accable. Ils font partie du paysage autant que les pigeons qui nous frôlent l’épaule. Pourtant il y en a, et même des masses, des personnes engagées pour des masses de bonnes causes avec des masses de bonnes intentions. Des masses oui, et pourtant chacun sa propre vie, ses propres idées, ses propres soucis, famille et amis, certains en sont satisfaits, d’autres un peu moins, certains prennent conscience de leur pouvoir d’en changer tandis que d’autres s’enferment dans leur zone de confort, mais pas deux personnes, pas deux vies ne se ressemblent.

Paris se fout des convenances, ces gens bruyants en terrasse de café rient et sifflent jusqu’à l’heure où les bébés sont couchés et où les plus vieux s’endorment devant la télé. La ville danse au rythme des klaxons, tout le monde marche vite pour garder la cadence, on se presse car le temps est précieux. Le mot Amour taggé au pied d’une statue de Marianne, les murs de la ville recouverts de pensées et d’espoir de passants.

Les couleurs des lumières des lampadaires et des feux de circulation se reflètent sur le bitume humide du petit matin. Rien n’égale cette énergie de matinée tranquille dans les rues du Marais, en terrasse d’un café éthiopien, une touche de sucre, une rue vide, une brise douce te caressant le visage, parler de tout et de rien, de la vie qui passe trop vite et des rêves en pagaille, de tout ce qu’il y a à voir et de que faire ce soir. Les habitués du quartier se saluent comme dans un village, voix forte et sourire aux lèvres. Si familier, l’atmosphère calme annonçant une journée chargée ne change pas, le jour se lève une fois de plus et les gosses en trottinettes bousculent les fonctionnaires qui rêvent de vacances, les travailleurs asservis d’une routine qui effraie certains jeunes et en rassure d’autres.

Et vous, avez-vous déjà marché dans les rues de Paris? Quel a été votre ressenti?

À lire également sur Nomade Magazine :