Oh, le choc culturel. J’ai beau avoir voyagé dans 26 pays, je ne m’en crois toujours pas immunisée!  Cela arrive toujours quand on s’y attend le moins, d’un coup, un petit soupir, une petite irritation et bang! On voit la vie en noir.

Qu’est-ce que le choc culturel?

Le choc culturel, c’est une grande émotion! C’est le contraire de la lune de miel où, suite à notre arrivée dans un pays, on trouve tous les éléments nouveaux beaux et fantastiques. En fait, c’est une sorte de fatigue, d’intolérance, qui nous attrape le cœur, quelques semaines après avoir été plongé à 100% dans une nouvelle culture. Ça arrive sans qu’on le sache, lorsqu’une petite frustration quotidienne devient soudainement virulente pour une raison que rationnellement on ne saurait expliquer. C’est surtout de l’accumulation de frustrations.

À mon avis, le choc culturel ne peut pas être à tout coup évité, mais il peut être sans aucun doute diminué et surtout écourté si on prend le temps de bien le gérer. 

Quelle en est la source?

Une situation qui choque nos valeurs

Ex : le manque de mesures environnementales, le rapport homme-femme, l’intolérance envers l’homosexualité, etc.

– Un petit irritant quotidien qui devient soudainement majeur

Ex : une irruption cutanée, les marchands qui s’approchent très près et constamment pour vendre leurs produits

– Un manque de confort répété

Ex : des transports en commun inconfortables, le manque de variété dans la nourriture, des insectes

C’est normal!

Le choc culturel, ça arrive à tous les voyageurs, même les plus aguerris. Voyager, c’est une expérience magnifique, mais c’est aussi un moment prolongé hors de sa zone de confort tant matérielle que philosophique.

Que faire?

1 – En parler et reconnaître que l’on vit un choc culturel

C’est normal de se sentir frustré parce qu’on est fatigué de certains éléments. La première étape, c’est de reconnaître que nos sens sont à vifs et que toutes nos petites frustrations sont exacerbées par cette situation. Il faut accepter ce surplus d’émotions pour pouvoir ensuite trouver une solution. Par exemple, en parler avec quelqu’un qui a déjà vécu cette expérience et qui comprend cette frustration. J’ai passé tellement d’heures à ventiler avec les partenaires de voyage que j’ai eus : ça fait du bien de sortir le méchant!

2 – Faire la différence entre ce qui peut être amélioré et ce qui ne peut pas l’être… et lâcher prise.

En voyage, il y a plein d’éléments qu’on peut ajuster pour rendre son périple plus agréable en cas de fatigue culturelle : le rythme du voyage, la qualité de l’hébergement ou encore de la nourriture, les activités réalisées. Toutefois, au plan des valeurs, c’est impossible de changer certains éléments culturels, surtout en un clin d’œil. La seule solution est de lâcher prise sur ces derniers. Le voyage est aussi une manière de comprendre certaines choses et le choc culturel est sans aucun doute une manière d’apprendre sur celles-ci. Bien des choses m’ont choquée en voyage, par exemple l’importance accordée au rôle de la femme dans certains pays. Cela m’a toutefois appris que, même si tout est loin d’être parfait au Québec, je suis bien ici.

3 – Prendre soin de soi : s’assurer d’avoir autour de soi des éléments référant à sa propre culture

Au Québec, on vit tous les moments de frustration : le travail, la famille ; il y a des moments difficiles aussi chez nous. Ici, l’idée c’est de recréer un peu les mêmes mécanismes de gestion de la frustration que l’on a au bercail. Même si c’est un peu plus lourd, c’est toujours un bonne idée d’apporter une barre de chocolat un peu fancy, un livre qu’on aime vraiment ou une activité qu’on aime faire (fabriquer des bracelets…). De plus, c’est toujours gagnant d’avoir des éléments de sa propre culture! Oh combien j’ai été heureuse d’avoir visionné «Le Hobbit» dans un petit cinéma local lorsque j’étais à Katmandou au Népal ou encore de me cuisiner quelque chose qui ressemblait à de la poutine lorsque j’ai passé 3 mois en République Dominicaine.

4 – Trouver de nouveaux petits bonheurs

C’est certain, ce n’est pas possible de retrouver les mêmes joies qu’au Québec ailleurs, mais le voyage c’est l’occasion de vivre à 100 % d’autres petits plaisirs difficiles à recréer dans notre province : manger tous les jours des fruits du dragon en Chine, profiter du rythme plus lent de la vie au Nicaragua et paresser dans les marchés, marcher sur la plage de sable noir au Cameroun.

5 – Essayer de voir le bon côté de l’Autre

Souvent, durant un choc culturel, on a tendance à diaboliser l’Autre et à mettre tout le monde dans le même panier. Toutefois, bien que certaines choses soient plus difficiles à avaler, il y a des valeurs que j’ai préférées en voyage par rapport à ce que je vivais au Québec. J’ai donc appris à savourer également ces éléments : la très grande chaleur humaine, les plats épicés, le sens important de la famille, un rythme de vie plus relax, etc.

Bref, le choc culturel, c’est un élément qui fait partie du voyage et qui, selon moi, le rend plus intéressant, il suffit d’avoir les bons outils pour en tirer partie!

Il y a aussi le choc de retour, mais ce sera pour un prochain article!

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