Décider de partir en solitaire à l’autre bout du monde… cela réveille chez chaque personne un large panel d’émotions ! Il est vrai que voyager en solitaire nous aide à nous découvrir et à aller puiser dans nos réserves les plus profondes… Mais comment gérer ce va-et-vient d’émotions tout au long de notre voyage?

Pourquoi toutes nos émotions se décuplent-elles lorsqu’on est en voyage ? Pourquoi tout est plus intense, plus fou, plus triste, plus joyeux… Est-ce le fait de se retrouver loin de tout, complétement déraciné… Est-ce la perte de nos repères qui nous propulse dans un état second? Ce qui est sûr c’est que notre voyage va nous confronter à nos sentiments les plus forts !

La bataille d’émotions commence dès la prise de décision et l’achat du billet d’avion. L’envie et la détermination face aux angoisses, aux peurs… ; les démarches administratives face aux préparatifs excitants… ; les encouragements des proches suivis de leurs craintes… C’est alors que l’ascenseur se met en marche, et qu’il faut se recentrer sur son projet et se rappeler sans cesse ce qui nous a donné l’envie de nous envoler pour une nouvelle aventure…

Mais les papillons dans le ventre viennent perturber tous ces états d’âme… Puis l’avion décolle et, à ce moment précis, toutes nos craintes s’envolent et laissent place à l’émotion, car ça y est un de nos plus grands rêves est en train de devenir réalité.

À l’atterrissage, l’aventure commence… les premiers « waouh », les premières embuches, les premières rencontres, les premiers frissons, les premiers coups de blues et les premiers changements de plans (car oui, rien ne sert de planifier… rien ne se passe jamais comme prévu !) Mais après les premiers jours de voyage, on comprend vite que toutes les ressources dont on va avoir besoin, on les trouvera principalement à travers nos rencontres et à travers chaque belle expérience que l’on vivra !

Et lorsque l’on se retrouve seul, face à un paysage à couper le souffle, contemplatif, pensif… heureux et triste à la fois, l’ascenseur fait des montées-descentes à grande vitesse, on se sent si libre, alors on se remplit de tout ça et on reprend la route jusqu’au prochain stop émotionnel !

Bien sûr, comme il a souvent été raconté dans de nombreux articles, on ne voyage jamais seul… mais les rencontres, bien que très fortes, sont souvent éphémères. Il faut alors apprendre à apprécier ces rencontres furtives et à les intégrer à son voyage. Et il est certain que le voyage rend justement ces relations beaucoup plus intenses qu’hors du contexte voyage ! On se surprend alors à partager toutes ces émotions avec des inconnus… Ce qui est valable également pour chaque lieu que l’on va découvrir avec des étoiles plein les yeux, où l’on va vivre un moment de bonheur intense mais furtif, où on va ressentir des sensations que l’on avait encore jamais ressenties auparavant et qui nous enrichissent…

Alors il faudra gérer à nouveau ces émotions : décider de faire un bout de route ensemble ou décider de séjourner plus longtemps que prévu dans ce petit coin de paradis ou alors décider de continuer sa route, de repartir pour de nouvelles découvertes et rencontres… À chacune de ces étapes, on se retrouve souvent face à ses doutes, à ses limites… Affronter seul les aléas du voyage, les baisses de morale et les prises de décision !

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Un voyage est fait de rebondissements, de surprises, de déceptions parfois, mais il en ressort toujours quelque chose de positif quelques soient les circonstances…

Ce qui m’a fait rebondir tout au long de mon voyage, c’est me dire que lorsque l’on a le courage de partir seul à l’autre bout du monde, sans filet, on se dit que quoi qu’il arrive on trouvera toujours le courage d’affronter les obstacles ou les moments de doute… On apprend qu’à chaque problème il y a une solution, on découvre la gentillesse, la générosité et la bienveillance de toutes ces personnes que l’on croise sur notre route… Pour ma part, ce sont les périodes difficiles que j’ai traversées dans ma vie qui m’ont permis de trouver toutes les ressources nécessaires pour réaliser mes rêves et partir seule vivre mon aventure… Et ce sont les petits moments moins biens qui m’ont permis d’apprécier encore plus les moments d’extrême bonheur de ce voyage. Puis j’ai commencé à écrire pour me libérer de ce va-et-vient émotionnel, pour essayer de mettre des mots sur ce que je ressentais et surtout me retrouver en tête-à-tête avec moi-même et enfin trouver ce que je cherchais depuis longtemps…

Désormais, je ne m’inquiète plus pour les futurs défis que je vais devoir relever, j’ai bien sûr toujours des doutes, des incertitudes… mais j’ai appris ces derniers mois qu’on pouvait réaliser ses rêves les plus fous malgré les doutes et la peur ! Et même si aujourd’hui c’est dur, demain ça ira mieux !

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