Il y a un peu plus d’an, c’était pour moi le retour au Québec à la suite d’un voyage de six mois en Scandinavie. J’y effectuais une session d’études à l’étranger dans la ville de Trondheim en Norvège. Profitant d’une marge de crédit étudiante, je me suis permis de visiter de fond en comble cette destination peu prisée des voyageurs. La distance ? Le coût de la vie ? L’engouement exagéré pour le ski de fond ? Beaucoup d’excuses sont bonnes pour rayer de sa liste la Norvège. Toutefois, cette expérience m’a permis de découvrir 1001 raisons qui en font un choix de prédilection. J’en partagerai plusieurs avec vous dans cet article, en plus du récit qui m’a amené à étudier dans ce pays.

Pourquoi la Norvège ?

Effectivement, c’est bien surprenant comme destination d’études comparée à l’Australie, pour s’enfuir de l’hiver québécois, ou encore à Strasbourg, pour profiter du vin de la région d’Alsace à seulement 2-3 euros (clin d’oeil à mon ami Daehli qui fait présentement une session d’études là-bas). Surtout que, selon les dires, la Norvège est un pays pas mal dispendieux et qu’il y fait nuit 99% du temps ! Voici, donc, la petite histoire qui m’a amené malgré tout jusque-là.

Janvier 2015

Je suis à mi-parcours dans mon baccalauréat. Je commence à me dire que ce serait vraiment une belle expérience de partir à l’étranger pour ma dernière session universitaire. Je constate qu’il ne reste qu’une semaine pour déposer ma demande. Tout à faire mon genre d’être à la dernière minute. Après avoir discuté avec ma directrice de programme, et forcé de réaliser que toutes les universités avec lesquelles notre programme a des partenariats ont trouvé preneur, il ne me reste que deux options : l’université de Vancouver en Colombie-Britannique ou une école située au nord de la Norvège dans une ville dont je n’ai même pas connaissance de l’existence: Norwegian University of Science and Technology (NTNU) à Trondheim. Je remplis des demandes pour les deux universités en me croisant les doigts. Le lendemain du dépôt de celles-ci, j’accuse un refus pour Vancouver. Mes chances reposent désormais seulement sur Trondheim.

Septembre 2015

J’obtiens une réponse de mon université comme quoi ma demande est en bonne et due forme et que les papiers sont soumis à l’université hôte, NTNU. C’est elle qui prendra la décision finale quant à mon acceptation. Bien que réjoui par cette nouvelle, je suis toujours dans un grand flou quant à la prochaine session qui se déroulera peut-être dans les vieux locaux du pavillon Paul-Comptois de l’Université Laval ou bien dans une école beaucoup plus moderne en Norvège.

Décembre 2015

La réponse de NTNU arrive enfin, alors qu’il ne reste qu’un mois avant le début de la prochaine session. Positive. Je m’emballe par cette nouvelle et la fin de ma session universitaire en est grandement compromise. Je préfère étudier le Norvégien et découvrir les endroits où aller hiker que faire des exercices dans mes bouquins. De plus, en pleine fin de session, je dois me rendre à Ottawa (12 heures de route aller-retour) afin d’obtenir mon visa étudiant. Ceci est sans mentionner l’achat du billet d’avion dernière minute qui n’est clairement pas la meilleure option pour mon porte-feuille, mais je n’ai d’autre choix.

Janvier 2016

Après une escale par Istanbul pour économiser quelques dollars et une nuit complète passée à l’aéroport d’Oslo, j’arrive enfin dans la ville de Trondheim où je passerai les six prochains mois. Même avec le décalage horaire et la fatigue accumulée, j’en profite pour y faire une balade matinale. Je constate que je vais bien m’y plaire !

Premier jour à Trondheim, à 8h du matin

Premier jour à Trondheim, à 8h du matin

Un an plus tard, me voilà toujours autant amoureux de la Norvège et impatient d’y retourner. Vous vous demandez pourquoi ? Voici quelques-unes des mille et une raisons.

Raison #1

Étudier. Outre les 1000 autres raisons, la raison première de ma visite était pour les études et je n’ai rien à dire de ce côté. Les partys incroyables dans les villages étudiants a.k.a «building party», les résidences étudiantes qui n’ont rien à voir avec celles décrites sur Spotted Université Laval, la diversité culturelle et le dévouement des professeurs sont quelques exemples qui font de la Norvège un pays à considérer pour y étudier une ou deux sessions, ou même carrément pour y faire une maîtrise ou un doctorat.

Raison #104

Voir les aurores boréales. Que ce soit au nord dans la ville de Tromsø ou même plus au sud dans la capitale à Oslo, la Norvège est l’endroit par excellence pour admirer les aurores boréales. Tous les touristes s’affolent lorsque qu’un site web ou une application prédit une possibilité de voir les «Northern Lights», prêts à attendre des heures au même endroit pour les voir. Cela dit, c’est un spectacle à couper le souffle, croyez-moi !

Raison #231

Admirer les maisons colorés typiques de la Norvège. Qui ne les a jamais vues en photo ? Ces magnifiques petites maisons ont l’air tout droit sorties d’un ensemble à jouets pour enfant. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas aller les observer en faisant une petite balade en kayak ?

Raison #255

Magasiner et manger au Ikea. Originaire de Suède, ce magasin est aussi fort présent en Norvège. Vous pourrez y prendre le petit-déjeuner à volonté pour moins de 10$ ou essayer leurs célèbres boulettes de viande sur l’heure du lunch. Et rendu là, pourquoi ne pas faire un peu de shopping. Ils vendent littéralement de tout !

Raison #327

Faire un barbecue n’importe où avec un « Engangsgrill ». Très décevant que cette magie d’innovation norvégienne ne soit pas encore arrivée au Québec. Il s’agit d’un barbecue sur charbon portable, léger et facile à utiliser. Pour seulement quelques kroners (monnaie norvégienne), vous pouvez faire un barbecue à peu près n’importe où, au sommet d’une montagne ou près d’un lac. Bon appétit !

Raison #486

Vivre la «Cabin Life» ou vie en refuge. Bien que cette activité soit aussi praticable au Québec, c’est en Norvège que j’ai découvert l’engouement pour la location lors du week-end d’une cabin (refuge) pouvant accueillir de 4 à 15 personnes. Partir à pied, en raquettes ou même en ski de fond pour trouver une petite cabane dans les bois, quelle activité amusante ! Particularité des refuges norvégiens : plusieurs offrent aussi un sauna de bois que vous pourrez apprécier après une longue journée à chercher cette ***** de cabin perdue au milieu de nulle part.

Raison #547

Rouler sur des routes complètement folles. Pour ceux qui trouvent l’autoroute 40 ennuyante, vous devriez peut-être aller conduire en Norvège. Les routes sinueuses dans les montagnes qui ne comptent qu’à peine une voie ou celles qui percent littéralement les montagnes sont loin de l’être. Mon coup de coeur demeure la «Atlantic Road» qui vous fait traverser littéralement l’océan Atlantique.

Raison #693

Camper gratuitement à peu près n’importe où. Ce n’est pas un mythe. Pourvu d’être assez distant des refuges, camper en Norvège est tout à fait gratuit et légal.  Et si vous oubliez quelque chose, ne vous en faites pas, les magasins de sport sont super bien équipés en camping ou en hiking et vous ne paierez pas plus cher qu’ici. XXL et G-Max sont deux magasins que je vous recommande.

Raison #721

Visiter la Suède et en profiter pour y faire des courses. La Norvège partage une frontière quasi ouverte avec la Suède. Cela est intéressant puisque l’alcool y est beaucoup moins cher, de même que plusieurs autres produits comme la viande et le fromage. En plus, c’est un super beau pays à visiter !

Raison #821

Skier comme un vrai Norvégien. Et non, je ne parle pas du ski alpin, mais bien du ski de fond. Il est si populaire en Norvège qu’il serait fou de ne pas l’essayer, même si vous n’en avez jamais fait auparavant. C’est le temps de se lâcher lousse et d’y aller à fond. (Si vous comprenez la blague!)

Raison #859

Voir un coucher et un lever de soleil dans la même journée. Le fait que la journée ensoleillée ne dure parfois que deux ou trois heures dans certaines villes permet d’admirer de nombreux couchers et levers de soleil. L’inverse est aussi vrai en ce qui concerne les journées ultra longues d’été qui vous permettront d’observer son coucher en quittant pour aller en boîte et son lever lors de votre retour.

Raison #912

Faire la fête lors du National Day. Skål ! Ce qui signifie «Santé» ou «Cheers» en norvégien. Si vous pensez que la Saint-Jean Baptiste est un événement de party au Québec, vous n’avez rien vu du National Day de la Norvège le 17 mai où la fête est présente partout dans les rues avec costumes traditionnels, défilés grandioses et, bien sûr, beaucoup d’alcool dès très tôt le matin!

Raison #999

Découvrir les fjords norvégiens. Que ce soit pour y faire une randonnée de plusieurs jours, par exemple le long du Lysefjorden où vous apercevrez les attractions typiques du Preikestolen et de Kjerag, ou simplement pour y aller en voiture et profiter des vues superbes qui y sont offertes, les fjords norvégiens ne sont pas à manquer lors de votre prochain voyage en Norvège.

Raison #1001

Hiker vers Trolltunga, la langue de troll. Cette randonnée de 22 km (aller-retour) vous laissera sans mot. Je conclue l’article sur celle-ci, puisque c’est probablement l’une des vues les plus folles que j’ai pu admirer dans ma vie. Je vous conseille de partir très tôt si vous vous attaquez à celle-ci pour éviter la orde de touristes qui prendront parfois plus de 20 minutes sur la roche à prendre des photos ou même pour y faire la grande demande !

Moi-même qui fait des folies à Trolltunga

Moi-même qui fait des folies à Trolltunga

Ceci complète donc mon petit aperçu des nombreuses raisons pourquoi la Norvège est, selon moi, la destination qu’il te faut rajouter à ta liste. Si un jour nous nous croisons, je pourrai compléter la liste et te convaincre sans équivoque que c’est une destination de rêve.

PS : Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur mon échange étudiant, j’ai réalisé il y a quelques mois un petit montage dans le cadre d’un concours universitaire. Il raconte mon périple en Norvège, mais aussi dans le reste de l’Europe. Vous pourrez le trouver ici.

PS2 : Je tiens à remercier sincèrement mes amis Benjamin Bouchard et Daryl Montminy d’avoir partagé quelques photos avec moi qui m’ont permis d’égayer cet article.