Comme le célèbre chemin Inca pour se rendre au Machu Picchu est désormais limité à 500 personnes par jour, guides et porteurs compris, une réservation 6 mois à l’avance est désormais nécessaire pour s’y aventurer et il est interdit d’y aller sans guide. Cela amène donc une popularité grandissante pour les chemins alternatifs, dont le célèbre « Salkantay Trek » qui s’avère un peu plus difficile que le chemin Inca, mais qui offre des vues encore plus superbes. Comme ce trek de 5 jours est accessible à tous, pourquoi ne pas considérer l’option de l’effectuer par soi-même pour ainsi vivre une réelle expérience de randonnée dans les montagnes péruviennes et, surtout, économiser de l’argent ? C’est ce que j’ai fait lors de mon voyage au Pérou et l’article qui suit raconte mon périple avec mon sac à dos beaucoup trop lourd, mais qui en valait totalement la peine.

Dès mon arrivée à Cusco, j’ai été sollicité à maintes reprises pour effectuer une visite au Machu Picchu en une ou deux journées, ou pour la Salkantay Trek. Étant donné que j’avais déjà prévu effectuer le trek par moi-même, j’ai refusé systématiquement toutes ces offres. En suivant quelques articles trouvés sur le web datant de plusieurs années, j’ai pu me préparer à faire le trek sans trop de soucis.

3-LeavingSorayPampa

Préparation

Évidemment, que ce soit avec un guide ou par vous-même, il faut être en bonne forme physique pour affronter ce trek de 5 jours avec plus de 15km par jour à effectuer en montagne et en altitude (le point le plus haut se trouvant à 4300m au-dessus du niveau de la mer). Après une petite période d’acclimatation dans la ville de Cusco, je me suis lancé dans ce trek.

Voici une liste non exhaustive de ce que j’y ai apporté :

  • Tente (J’en avais acheté une à 35$ au Walmart, ce qui n’était décidément pas la meilleure idée. Il est possible d’en louer une à Cusco pour seulement quelques dollars)
  • Mon sac de couchage -9ºC et mon matelas de sol (En altitude, c’est assez froid, croyez-moi)
  • Brûleur de camping, de quoi cuisiner et une bonbonne de propane achetée à Cusco (Il est interdit de l’emmener dans l’avion)
  • Pastilles de purification de Pristine (L’eau est non potable au Pérou, mais avec un peu de Pristine, vous sauverez de nombreuses bouteilles en plastique et elle sera potable en 30 minutes)
  • Trousse de premiers soins et de quoi combattre les ampoules
  • Chasse-moustique et crème solaire (Même avec les nuages, j’ai attrapé plusieurs coups de soleil)
  • Bottes de randonnée (Le chemin est en boue à de nombreux endroits)
  • De la nourriture pour 4 jours
  • L’application MAPS.ME (Elle permet de suivre votre progression durant le trek et de trouver le lieu où prendre le bus à Cusco vers le départ de la randonnée. De plus, elle est gratuite et fonctionne 100% hors ligne)

Départ (De Cusco à Arcoplata, en voiture, 2 heures)

Le jour où j’ai démarré le trek, j’avais lu que je devais me rendre à 3h du matin dans la rue de Cusco nommée « Arcoplata » où un endroit nommé « Bus to Molleplata » se trouvait sur MAPS.ME (Molleplata étant la ville où le trek débute). Une fois arrivé, il y avait plusieurs taxis qui s’y trouvaient. Pour 15 soles (la devise péruvienne, environ 6,25$ CAD), je pouvais m’y rendre. En cherchant le transport qui semblait le plus sécuritaire, j’ai trouvé une compagnie du nom de MAPIbus qui était située sur cette même rue. Les propriétaires Guillermo et sa femme m’ont proposé du pain et du thé de coca en attendant leur transport qui quittait à 5h vers Molleplata. Ils m’ont aussi proposé le transport de retour que j’ai payé à l’avance. De plus, ils m’ont offert de nombreux conseils sur le trek et une carte. Je vous conseille vivement d’aller les visiter, que ce soit pour faire ce trek ou une autre activité. Il est aussi possible de réserver son transport la veille avec eux pour ainsi s’assurer de l’heure du départ.

Une fois à Molleplata, j’ai dû payer un droit d’accès de 10 soles pour le Salkantay Trek (bien que celui-ci soit supposément gratuit) après une balade en véhicule d’environ 2 heures depuis Cusco. Je me suis aussi fait offrir de me rendre en véhicule à Soraypampa (cela n’aurait pas été gratuit). En acceptant, j’aurais pu éviter de faire la première journée de la randonnée. Évidemment, j’ai refusé pour pouvoir admirer les magnifiques montagnes péruviennes. (Malheureusement, avec la pluie et la brume, c’était très difficile d’en prendre de bonnes photos). Voilà, c’était là que tout commençait !

Jour 1 : De Molleplata à Soraypampa (19km selon MAPS.me) + visite du Humantay Lake 

De Molleplata, j’ai marché les 19km en montagne (ou 15km selon la carte que j’avais) jusqu’à Soraypampa, le lieu de repos avant la seconde journée de randonnée. Une fois arrivé, il y avait divers endroits de camping et même un hostel. J’ai décidé de dormir sous un abri de paille pour 10 soles (4$), étant donné la pluie cette journée. Il était aussi possible de mettre sa tente directement sur le sol pour 5 soles. La dame qui s’occupait du terrain vendait divers breuvages, dont de la bière. Bref, cet endroit était juste parfait.

1-Soraypampa

Camping à Soraypampa

À Soraypampa, moi qui croyait que la randonnée était terminée pour la journée, j’ai appris qu’il était possible de visiter le Humantay Lake, un lac situé à 4300m d’altitude. Ce lac n’étant pas sur le Salkantay Trek directement, c’était décidément un détour qui valait la peine étant donné les photos que j’avais déjà vues de celui-ci. J’ai laissé mon sac à dos beaucoup trop lourd au camping et j’ai profité de ce poids plume pour compléter le 1h30 supplémentaire permettant de se rendre au lac (dénivelé de +300m). La randonnée était bondée de touristes venus de Cusco pour voir le lac en one day trip. Même s’il pleuvait et qu’il y avait beaucoup de gens, c’était vraiment incroyable.

Humantay Lake

Humantay Lake

Jour 2 : De Soraypampa à Chauley (19km selon MAPS.ME)

Décidément la journée la plus difficile de ma randonnée. Depuis Soraypampa, j’ai dû monter sans arrêt jusqu’au point le plus haut du Salkantay Trek qui culmine à 4630m au dessus du niveau de la mer où il est possible d’admirer la montagne Salkantay avec son sommet à 6271m.

La montée

La montée

Par la suite, le reste de la randonnée n’était qu’une descente sous la pluie jusqu’à la ville de Chauley. Encore une fois, j’ai pu obtenir un camping pour 10 soles sous un petit abri.

Jour 3 : De Chaullay à Sahuayaco (16km selon MAPS.ME, ), puis vers Santa Teressa

De Chaullay à Sahuayaco, il est possible d’emprunter le trek ou la route. À mon dernier camping, des gens m’avaient dit que le chemin était très dangereux et de ne pas m’y aventurer étant donné les pluies des derniers jours. J’y suis donc aller par la route et les vues que j’y avais étaient tout de même splendides.

En route vers

Une fois arrivé à Sahuayaco, j’ai fait la rencontre d’un Péruvien qui se rendait à Santa Teressa sur le pouce. La carte que j’avais de la randonnée m’indiquait qu’il s’agissait de l’endroit où passer la nuit #3, alors que j’avais lu sur Internet qu’il s’agissait plutôt de Sahuayaco. Étant donné l’état de mes pieds à ce moment, j’ai décidé de me rendre avec lui à Santa Teressa où j’ai passé la nuit. La ride de pouce dans les routes sinueuses en bordure des falaises, alors que nous étions 10 personnes dans une automobile 5 places, était simplement magique.

J’ai par la suite appris que, depuis Sauhuayaco, il y avait un chemin en montagne de 10 kilomètres qui se rendait directement à Hidroelectrica, ma prochaine destination. Ce chemin n’est pas emprunté par les «tours» étant donné qu’il est en montagne et qu’il n’y a aucun endroit où s’arrêter pour manger. Ces derniers utilisent le chemin par Santa Teressa comme j’ai effectué. C’est donc une option à considérer pour les randonneurs étant donné que c’est beaucoup plus rapide que par Santa Teressa.

Jour 4 : De Santa Teressa à Hidroelectrica, puis de Hidroelectrica à Aguas Caliente

De Santa Teressa à Hidroelectrica, je devais encore emprunter la route sur une vingtaine de kilomètres pour me rendre à Hidroelectrica. Étant donné le prix du transport collectif (2-3$), j’ai opté pour cette option. Une fois arrivé à Hidroelectrica, une petite marche de 10km en bordure de la voie ferrée était nécessaire pour me rendre à Aguas Caliente. Il y a aussi un train qui s’y rend, mais ce n’est même pas une option à considérer étant donné le prix de 40$ pour un trajet d’à peine 10 minutes.

Une fois à Aguas Caliente, je suis allé acheter mon billet pour le Machu Picchu avec l’entrée à la montagne Montaña Picchu entre 7h et 8h. Je n’ai eu aucun problème à me procurer un billet pour cette montagne et le site la veille. Par contre, la montagne Huayna Picchu, une autre montagne plus haute que Montaña Picchu, doit être réservée plusieurs mois à l’avance étant donné la limite de 200 personnes. Aussi, j’ai pu avoir un rabais de plus de 30% étant donné que j’avais ma carte étudiante (même si ce n’était pas une carte internationale, cela a fonctionné). Vu les prix d’accès, ça vaut la peine de tenter le coup !

Jour 5 : Visite du Machu Picchu et retour vers Cusco

À 5h du matin, je me suis levé pour me rendre au Machu Picchu et gravir la montagne Montaña Picchu. Après le petit-déjeuner pris à mon hostel, j’ai monté les marches à partir d’Aguas Caliente à l’entrée du Machu Picchu, représentant une montée de 400m. Par la suite, un autre 600m d’élévation pour arriver au sommet de la montagne. J’étais l’un des premiers au sommet de la montagne avec d’autres amis rencontrés le long du Salkantay Trek. Ce fut un moment unique.

Au sommet de Montaña Picchu

Au sommet de Montaña Picchu

Vue du sommet

Vue du sommet

Par la suite, la montagne s’est remplie et j’en ai profité pour redescendre et visiter le Machu Picchu. Décidément un endroit à visiter, même si 2500 personnes s’y rendent chaque jour.

Finalement : Le Machu Picchu

Finalement : Le Machu Picchu

Finalement, pour le retour, mon départ était à 14h30 d’Hidroelectrica pour Cusco (durée 6h, ~35 soles). J’ai décidé de le prendre le lendemain étant donné les 10 kilomètres à faire pour me rendre à Hidroelectrica et parce que je n’étais pas pressé. Par contre, j’aurais eu amplement le temps de m’y rendre la même journée comme j’étais au sommet de Montaña Picchu vers 7h45 et la visite du Machu Picchu n’a pas été si longue.

Et voilà, c’est ce qui complète l’aventure du Salkantay Trek vers le Machu Picchu en solo, bien que j’y ai rencontré pendant le trek de nombreux aventureux qui, tout comme moi, ont préféré sortir des sentiers battus et y aller sans guide. Cette randonnée était très accessible selon moi, bien qu’un peu difficile vu le manque de préparation de ma part et la charge trop grande que j’avais à porter. Je vous conseille vivement de trouver un compagnon et d’affronter ce trek. Vous en garderez des souvenirs inoubliables. N’hésitez pas si vous avez une quelconque question, il me fera plaisir d’y répondre.

Pour davantage d’information et pour la réponse aux questions fréquentes concernant ce trek, consulter cet article : Salkantay Trek sans guide : réponses à vos questions.

Article rédigé par Jérémie Boudreault

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