Depuis longtemps maintenant je me demande ce qui me pousse à partir. À voyager, oui, mais aussi à partir en road trip dès qu’un week-end de 3 jours s’annonce, à explorer des endroits inhabituels, abandonnés au milieu de nulle part, à me forcer chaque jour à voir quelque chose que je n’avais encore jamais vu.

Pai (thailande)

Lever de soleil au Yun Lai viewpoint à Pai en Thaïlande.

Ce matin, je suis sortie prendre un café sur mon balcon. Chose étonnante. Il m’arrive rarement de prendre le temps de profiter de mon environnement, comme si j’étais blasée de ce décor que je vois chaque jour en me levant. Ce matin j’ai tout de même décidé de profiter un peu du soleil et j’ai laissé mes pensées partir en vrille : Pourquoi est-ce qu’en voyage je profite de chaque instant comme si c’était le dernier? Pourquoi je m’émerveille devant le coucher du soleil? Comment la notion du temps fait-elle pour devenir négligeable, futile?

À l’autre bout du monde, ce café filtre au soleil aurait tout simplement été le paradis.

Pourquoi n’est-ce pas possible de ressentir ça ici, chez moi?

J’y ai pensé pendant des heures, des jours, sans relâche, pour trouver une explication. En voyage, nos habitudes changent radicalement et notre capacité d’adaptation est mise à rude épreuve. Avouez que, dans le fond, on n’a pas besoin de beaucoup plus pour vivre que ce qui se trouve déjà dans notre backpack… Quelques vêtements confortables et polyvalents, des produits de toilette de base, une lampe frontale pour se rendre du point A au point B, une paire de gougounes pour faire changement des souliers de rando bref, rien pour épater la galerie. Au final, on apprend à vivre avec l’essentiel et c’est exactement là où je veux en venir.

Et si nous avions perdu l’Être humain sur le long chemin de l’évolution? Si nous avions perdu cette envie de chasser, ce désir de survivre…

Dans notre vie nord-américaine, quoi manger, où dormir et comment faire ne sont plus des enjeux d’envergure. Nous avons tout à porter de main, tout est si rapide. C’est assez paradoxal de voir à quel point nos journées, ici, sont remplies, mais anormalement vides de sens. On fait tout sans se demander pourquoi.

Ailleurs, on doit commencer par combler ses besoins primaires : se nourrir, assurer sa sécurité, trouver un endroit pour dormir, communiquer dans une langue étrangère. Et si c’était ça, avant tout, le besoin de voyager? Si c’était un retour aux sources, le besoin de sentir l’inconfort, de sentir que tout peut basculer à chaque instant. Réapprendre à faire confiance aux étrangers, évoluer dans un environnement dont on ne contrôle pratiquement rien, s’en remettre à faire confiance à la vie, avoir confiance en soi.

L’instinct de partir à la découverte d’un nouveau paysage serait en fait le désir de reconnecter avec sa propre humanité.

Palawan (Philippines)

Plage déserte sur l’ile de Palawan aux Philippines


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