Parmi tous les réseaux sociaux, celui qui attire le plus l’attention lorsque vient le temps de partager des photos est indéniablement Instagram. En tant que photographe, c’est naturellement la plateforme que je préfère; non seulement elle est simple, efficace et une source d’inspiration non négligeable, mais elle nous permet également de connecter avec de parfaits inconnus dont les intérêts se rapprochent des nôtres.

Envision Festival avant la tempête, Costa Rica.

Envision Festival avant la tempête, Costa Rica.

Depuis que j’ai décidé de quitter Montréal pour faire le tour du monde et récolter des clichés uniques en chemin, j’ai vu mon audience Instagram changer considérablement. De plus en plus, j’ai la chance d’entrer en contact avec des gens de partout dans le monde qui s’intéressent au voyage ou encore plus particulièrement à la photographie de voyage. Je prends toujours le temps de regarder leur profil et je constate que nous avons tous en commun une tendance à ne montrer que l’aspect rayonnant des choses et que cela peut être trompeur pour ceux qui suivent nos péripéties.

Une fin de journée colorée sur l'île de Gilir Air en Indonésie.

Une fin de journée colorée sur l’île de Gilir Air en Indonésie.

Évidemment, la plupart des photos qui nous sont présentées sur la plateforme sont retouchées et les miennes ne font pas exception à la règle, loin de là. Certains photographes ont une vision plus « puriste » que d’autres, en ce sens qu’ils préfèrent montrer les images telles que leur appareil les a saisies. En ce qui me concerne, la partie que j’apprécie le plus de cet art consiste à travailler mes photos jusqu’à temps qu’elles rendent justice à ce que mes yeux ont vu. Cependant, que nous soyons puristes ou non, nous avons presque tous pour objectif principal de générer du contenu qui soit agréable/intéressant à regarder.

La ligne rose, un coucher de soleil digne de Bali.

La ligne rose, un coucher de soleil digne de Bali.

Le problème avec cela, c’est que beaucoup de gens se fient aux images que nous produisons et peuvent même les utiliser comme référence, alors qu’elles ne sont pas forcément représentatives de la réalité. Par exemple, j’ai récemment publié une photo d’un lever de soleil époustouflant que j’ai prise sur l’île de Koh Rong au Cambodge et j’ai reçu beaucoup de commentaires comme quoi la vue était à couper le souffle. Par contre, lorsque je me suis levée à 5h45 du matin pour aller admirer ce spectacle à la plage, j’ai marché à travers des montagnes de débris de plastique et j’ai croisé un homme qui frappait son fils d’à peine 5 ans avec une branche d’arbre. Un peu moins magique comme scène, n’est-ce pas?

Lever de soleil sur l'île de Koh Rong au Cambodge.

Lever de soleil sur l’île de Koh Rong au Cambodge.

Enfin, je crois qu’il est important de garder en tête que les meilleurs clichés ne témoignent pas nécessairement des meilleurs moments, mais bien seulement des plus photogéniques. J’aime penser que mes photos font décrocher les gens un instant de leur train-train quotidien, mais j’ose également espérer qu’elles ne génèrent pas trop d’illusions. Aussi belles soient les images qui défilent devant nos yeux sur les médias sociaux, elles sont surtout là pour nous faire rêver et mieux vaut le faire consciemment qu’aveuglément!

"Purple Haze" au-dessus de Playa Popoyo au Nicaragua.

« Purple Haze » au-dessus de Playa Popoyo au Nicaragua.

Article rédigé par Véronique Dubé.