Je crois que la plus belle expérience qui m’ait été donnée de vivre s’est réalisée de façon quelque peu fortuite. En effet, tout a commencé en 2014 alors que je venais de finir mes études en hôtellerie-restauration et travaillais sur une nouvelle saison avec la possibilité d’un contrat longue durée. Mais, j’ai fait le choix un peu fou, pour une partie de mes proches, de refuser cette offre d’emploi stable pour partir à l’étranger.

La préparation

À partir de cet instant, une tonne de questions ont commencé à arriver. Où partir, comment, etc… Finalement, les réponses sont venues d’elles-mêmes. Je me souviens avoir rejeté l’idée de l’Angleterre et de l’Australie et, à force de parler avec mon entourage, le lieu tout trouvé m’est apparu, la Nouvelle-Zélande. Pourquoi? Je pense que c’est dû au fait que c’était à l’exact opposé de la France d’où je viens et de tout ce que je connaissais. Puis, quelques reportages à la télévision ainsi que des expériences lues sur internet m’ont confirmé ce choix.

coromendel

Coromendel

Une fois la destination trouvée, un autre défi pour moi fut de trouver ce que j’allais y faire. En effet, partir seul est loin d’être facile. C’est par pur hasard, au détour d’une conversation avec un ancien collègue, que j’ai réussi à obtenir des lieux de recherche d’emploi afin d’être certain de trouver un travail en arrivant et de ne pas aboutir dans quelque chose de totalement inconnu. Après avoir postulé, j’ai obtenu un poste en restauration. Comment? Je ne le sais toujours pas. (J’avais un niveau d’anglais en dessous de 0, si cela est possible.)  Et, voici venu le temps du départ, la vente de tous mes biens (voiture, moto et autres choses qui ne me serviraient plus…). L’excitation mêlée au stress du premier grand voyage et seul en plus! J’avoue ne pas m’être rendu compte de ce qui se passait jusqu’à ce que je sois assis dans l’avion et que je vois les portes se fermer. Enfin, le début d’une grande aventure!

L’arrivée

Après quelques 40 heures de voyagement avec une escale de quelques heures à Singapour pendant laquelle j’ai pu visiter cette ville incroyable, je suis enfin arrivé à mon rêve! Arrivant tout droit de Paris, j’ai découvert Auckland, une ville comme nulle part ailleurs et plus petite également. L’une des premières choses qui m’ont marqué est le nombre très réduit de policiers. Il me semble avoir vu quelque chose comme 5 policiers en une semaine. Ensuite, la diversité émanant de cette ville où tout le monde vit en harmonie. Puis, est venue l’heure d’aller rejoindre le travail accepté depuis la France.

baleine kaikoura

Baleine Kaikoura

Pour y arriver, j’ai pris les fameux Naked Bus (que je ne recommande pas et ne déconseille pas non plus) qui m’ont permis d’arriver au milieu de l’Île du Nord, en dessous du plus grand lac de la Nouvelle-Zélande, le lac Taupo à Whakapapa village (prononcé fackapapa en Maori). En arrivant là-bas, je me suis demandé où j’arrivais. Il n’y avait rien. Grands moments de doutes! Puis, j’ai visité ce grand château d’inspiration canadienne qui allait devenir mon lieu de travail pour quelques mois selon mes prévisions.

Le Château Tongariro

En rencontrant la personne responsable des ressources humaines qui m’attendait pour m’accueillir, j’ai compris que mon anglais était encore plus mauvais que je ne le pensais (environ 2-3 minutes pour répondre à quelqu’un). Mais, ayant travaillé plusieurs années en restauration, je réussi à m’adapter rapidement. Pendant quasiment un mois, je me suis presque muré dans le silence comme je n’arrivais pas à communiquer, mais, lors de mes premiers jours, j’ai eu le bonheur de rencontrer des personnes très ouvertes d’esprit et même qui parlaient un petit peu le français ou totalement, bien que certains mots restent encore pour moi un mystère! (Oui, je parle de notre bien aimée rédactrice Jessica).

pas besoin de la nommer celle la!

Collègues de travail et nouvelle famille

Au fil du temps, les semaines sont devenues des mois et, ce, sans que j’aie vu le temps passer. J’ai profité de toutes les merveilles offertes à proximité comme le Tongariro Alpine Crossing, l’une des plus belles randonnées du monde sans hésitation que j’ai réalisée avec un ami canadien rencontré au hasard au travail. J’y ai aussi découvert un plaisir dans la photographie qui ne peut que laisser admiratif devant de telles scènes. Bref, j’ai rencontré des personnes absolument incroyables et de toutes nationalités (Indiens, Canadiens, Néerlandais, Allemands, Sud-Africains, des Français aussi et bien sûr des Kiwis!) qui sont devenus ma famille, plus que de simples amis!

Vous me direz: « mais alors, il a passé son temps à travailler ». Et bien, vous n’avez pas totalement tort car, sur environ 10 mois passés en Nouvelle-Zélande, j’ai travaillé durant 8. J’ai choisi une alternative aux personnes achetant leur van pour voyager et travailler en fonction de leur envies. Non, moi j’ai choisi de travailler et de profiter pleinement de mes vacances (en van aussi, comme tout le monde)!

Mon road trip néo-zélandais

Mon voyage s’est déroulé sur un mois. J’ai choisi de louer un van sur l’Île du Sud et de remonter sur l’Île du Nord. Ce road trip m’as permis de découvrir la majorité de ce que ce pays avait à me montrer. En partant de la ville en reconstruction Christchurch avec son très beau jardin botanique, Dunedin avec sa gare tout droit sortie de Disney, les Catlins qui m’ont rappelé ma Bretagne natale avec toute sa verdure et sa proximité de l’océan pour ensuite arriver au point le plus au sud, Banff, où il n’y a franchement pas grand-chose à voir. Enfin, me voilà arrivé à la partie qui fut des plus intenses de mon voyage, les fjords et la très vivante Queenstown. J’ai eu l’occasion de me mettre à l’épreuve et de faire mon baptême de saut à l’élastique ou encore bungee jumping (sur l’un des 10 sauts les plus hauts au monde). L’île du Sud m’a offert plein de surprises comme la découverte de leur meilleur vin blanc, le sauvignon blanc, ainsi que d’autres également bien sûr! Les superbes paysages avec les eaux turquoises dans le parc naturel d’Abel Tasman. L’instant le plus émouvant serait d’avoir eu l’opportunité de voir la beauté extraordinaire des baleines au large de Kaikoura. L’Île du Sud est sûrement l’un des plus beaux endroits qui a la chance de ne pas encore être totalement civilisé et qui conserve une aura magique et naturelle!

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Mont Cook

Puis, est venu le temps de la traversée en ferry pour rejoindre l’Île du Nord, traversée absolument incroyable qui nous permet la découverte de paysages magnifiques et la rencontre de beaucoup de backpackers qui voyagent également.

Voilà enfin l’arrivée dans la belle ville de Wellington où l’on peut découvrir l’histoire du pays à travers le musée Te Papa Tongawera ainsi que plein de clins d’œil aux films du Seigneur des Anneaux. Bien sûr, après l’Île du Sud, celle du Nord peut paraître un peu fade, mais des activités incroyables restent à découvrir comme de faire du rafting dans des caves (blackwater rafting), monter au sommet d’un volcan en activité, sauter en parachute et avoir le privilège de voir la côte du Pacifique, celle de la mer de Tasman, le tout au-dessus du lac Taupo, en plus d’avoir le volcan Tongariro en arrière-plan. Les très agréables Hot Pools à Roturoa (même en hiver!) où l’on peut se détendre et profiter de ces eaux chauffées par le sol. La seconde plus belle région du Nord à mon sens est la péninsule de Coromandel où le climat est doux et les paysages relaxants avec la mer nous bordant et nous offrant de magnifiques couchers de soleil sur Catedral Cove, mais la première est sans aucun doute le mont Ruapehu avec Ngauruhoe et Tongariro sur le côté qui ont la particularité de devenir roses lors des levers et couchers de soleil.

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Mont Ngauruhoe

Bien sûr, il y a énormément de choses à vivre. Je ne vais pas toutes vous les lister, chacun a un aperçu différent et des vécus différents. Ici, j’essaie de vous faire ressentir l’approche que j’ai eue de mon premier long voyage solitaire (à l’origine). Ce qui m’a marqué le plus après avoir quitté ce magnifique pays est surtout le départ et ce que j’ai appris sur moi-même. Départ où j’ai versé des larmes pour ma « famille » rencontrée et que je compte bien revoir! Aujourd’hui, je me sens grandi de ce voyage et n’ai qu’une seule envie, repartir à nouveau afin de découvrir de nouvelles choses et partager avec les autres! Je pourrais même ajouter que c’est un bénéfice énorme comparé à mes proches restés en France car on se sent plus ouvert sur le monde et l’on est plus enclin à accepter les difficultés qui se présentent. Aujourd’hui, dès que l’on me tend un défi, j’y vais afin de combler ce manque d’inconnu apporté par les voyages (qui n’est que temporaire!).

-J-C Beysecker