Beaucoup de gens ont le réflexe de dire aux voyageurs assidus qu’ils sont chanceux d’avoir autant de stamps dans leur passeport, qu’ils sont chanceux d’avoir visité plusieurs pays, qu’ils sont chanceux d’avoir vécu des aventures, pour la plupart, hors du commun, parce que chaque voyage est unique. Ils sont composés de points de départ, de points d’arrivée, de sourires, de conversations, d’activités, de bière aussi souvent, mais, entre tout cela, il y a des milliers de possibilités qui font en sorte qu’un voyage ne pourra jamais être meilleur ou mieux qu’un autre, parce que la personne que l’on est lors d’un voyage n’est jamais la même d’une destination à l’autre.

Mais, une chose est certaine, il ne s’agit pas de chance à aucun niveau. Tous ceux qui ont les voyages comme passion vous le diront : quand tu veux partir et que tu as besoin de partir, tu pars, un point c’est tout! L’argent, c’est tellement secondaire : le billet d’avion est offert par la carte Visa et les repas s’en vont directement sur la marge de crédit dans certains cas. Non, nous ne sommes pas fous. Nous sommes tout simplement convaincus qu’un voyage est un investissement qui profite autant à la culture générale qu’à l’âme, en passant par le corps lui-même.

Certaines personnes partent relativement longtemps, mais cela n’est pas sans sacrifice, soyez-en certain. Des semaines de travail de plus de 40 heures, dans certains cas en fin de session pour les étudiants, représentent souvent la normale. Des soupers entre amis au restaurant ou encore des soirées de fête bien arrosées au bar que le voyageur a été dans l’obligation de refuser afin de garder le plus d’argent possible pour un voyage futur, c’est arrivé souvent aussi.

Quelqu’un a dit un jour que «l’on faisait sa propre chance», mais, si pour vous voyager c’est de la chance, alors nous n’avons pas du tout la même définition de ce terme-là. De la chance non, du courage peut-être, mais certainement pas de la chance. Les gens qui voyagent sont courageux : courageux de travailler autant pour atteindre un seul but qui, la plupart du temps, dure ne serait-ce qu’une toute petite semaine question de tirer la plug pour arriver à se détendre un peu, courageux de passer des heures à tout planifier ou courageux de ne rien planifier du tout, courageux de faire confiance à un environnement qui leur est inconnu, courageux de vouloir découvrir de nouvelles cultures, parce que ce n’est pas donné à tout le monde.

Alors s’il vous plaît, arrêtez de dire en bon québécois que les voyageurs font chier, qu’ils sont chanceux, qu’avoir su vous auriez pris part au voyage, parce que la réponse à toutes ces affirmations se résume en un seul mot : non.

Les réflexions ci-haut n’ont pas pour but d’être hautaines, au contraire, elles ont seulement pour but de vous faire comprendre que les voyageurs ne sont pas chanceux, ils sont courageux et espèrent que la chance sera de leur côté pendant le voyage en question. Il y a une énorme différence.

Alors prenez donc votre courage à deux mains au lieu de leur écrire pour leur dire à quel point vous les enviez parce qu’ils semblent avoir une vie fantastique et fabuleuse. Quand on affronte ses peurs et qu’on vit ses rêves, et bien, vous avez raison : la vie est formidable! Mais, mis à part vous-même, personne ne vous empêche de faire de même.

Il est important d’arrêter d’écouter les autres et de croire en ses propres capacités, parce que, si chacun se cache derrière les portes de la fermeture d’esprit, et bien personne n’ira jamais plus loin que le bout de la rue. Ailleurs, ce n’est pas nécessairement plus dangereux qu’ici, mais ce qui semble le plus insurmontable ce n’est pas l’argent ou encore le manque de connaissance, c’est le courage de se tenir debout et d’affronter ce qui effraie le plus l’être humain : l’insécurité face à l’inconnu, l’absence de repères et le fait d’être seul livré à soi-même. Personne ne vous empêche de faire votre baluchon et de partir à la découverte du monde, tout comme ceux dont vous êtes jaloux qui publient plein de photos de voyage sur Facebook et qui atterrissent dans votre fil d’actualité, mis à part vos idées préconçues.

À lire également sur Nomade Magazine :