S’il y a bien une question qui revient au fil des années et qui, au début, avait le don de me rendre mal à l’aise, c’est bien celle-là : « Tu fais quoi dans la vie toi ? ».

Moi, dans la vie, je voyage.

Moi, dans la vie, je n’ai pas de diplôme. Et aujourd’hui, je n’ai plus honte de le dire.

Je dis aujourd’hui parce que, oui, fut un temps où j’avais les joues qui s’enflammaient mêlées à un espèce de sentiment de “qu’est-ce qu’ils vont penser si je leur réponds que, contrairement aux trois quarts de mes anciens compagnons de classe, je n’ai pas terminé le cégep et je n’ai aucun domaine d’études fixe ?”. Eh bien, ils penseront bien ce qu’ils voudront, l’important c’est que je peux dire sans mentir que je suis heureuse. Heureuse et épanouie dans mes petits boulots par-ci par-là, autour du monde et dans mon propre pays. Ces même petits boulots qui me permettent de financer mes allées et venues aux quatre coins de la planète. Heureuse de tous ces gens merveilleux rencontrés et de ces liens qui se sont créés grâce aux jobs que j’ai trouvés à des kilomètres et des kilomètres de ma demeure d’origine. Heureuse de ne pas perdre ma vingtaine à tenter de décrocher le travail qui offre le meilleur salaire et à dépenser mes sous dans un tas de trucs inutiles et matérialistes. Sans jugement pour ceux que ça interpelle, mais la grosse voiture, la grosse maison et les fringues de marque, c’est juste pas moi.

Pendant 1 an et demi, j’ai tenté mon coup sur les bancs du cégep, mais les papillons, j’avais beau les attendre, ils ne venaient pas. Ma petite voix m’a alors chuchoté d’arrêter de perdre mon temps à essayer tout plein de cours, de toute façon, je ne savais même pas ce que j’avais envie de faire dans la vie. Quand on y pense, c’est long une vie. Aussi bien faire quelque chose qu’on aime, non ? Dès notre plus jeune âge, les gens qui nous entourent nous posent cent fois cette question : qu’est-ce que tu veux faire, toi, plus tard ? Comme si c’était tellement important de savoir ce qu’on veut faire alors qu’on se connait à peine soi-même. Comme si ce qu’une personne fait dans la vie lui donne plus d’importance qu’à une autre.

Il faut savoir que, non, je ne fais pas ici la promotion de quitter l’école. Je dis seulement que, pour certaines personnes, il est beaucoup plus clair et facile de savoir ce qu’ils ont envie de faire dans la vie. Alors pour ceux-là, allez-y, foncez ! Je pense par exemple à ma belle amie et collègue Jessica qui est sortie de l’ITHQ avec un diplôme en gestion hôtelière et qui a de la facilité à se trouver des boulots dans le domaine du tourisme peu importe où elle se trouve dans le monde ! Mais, comprenez que, pour d’autres personnes, c’est juste le néant. C’est justement à vous que cet article s’adresse, pour vous montrer que oui c’est possible d’être heureux même si vous ne savez pas forcément quoi faire sur le plan professionnel de votre vie. J’ai comme philosophie qu’il vaut mieux, dans ces cas-là, partir à la découverte de soi, avec ou sans l’aide des voyages.

“Car il y a une grande vérité en ce monde : qui que tu sois et quoi que tu fasses, lorsque tu veux vraiment quelque chose, c’est que ce désir est né dans l’Âme de l’Univers. C’est ta mission sur la terre. Et quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir” – L’alchimiste, Paulo Coelho

Pour ma part, ne sachant pas exactement ce que je voulais faire, j’ai décidé de mettre ma vie professionnelle sur “hold”, je me suis trouvé un boulot temps plein dans une boulangerie au Québec et j’ai travaillé l’année suivante pour mettre des sous de côté. Puis, j’ai fait le grand saut : j’ai vendu ma voiture et je me suis acheté un aller-simple vers l’Australie avec un visa vacances-travail en poche. Je me suis trouvé un petit boulot dans un café-boulangerie-restaurant. Il n’y a pas une plus belle façon de découvrir l’envers du décor d’un pays que d’y travailler ! J’ai ensuite trouvé l’amour en voyageant et ça m’a amenée à demander un autre visa vacances-travail d’une durée d’un an, cette fois en France. Encore une fois, je me suis retrouvée commis dans une boulangerie. Pourquoi ne pas me diriger vers ce domaine me direz-vous ? Parce que mes trois expériences m’ont enseigné quelque chose d’important : ce n’est pas ce que j’ai envie de faire du reste de ma vie. Je n’ai perdu ni temps, ni énergie ou argent dans un cours pour me rendre compte que ça ne me convenait pas. Non, à la place, j’ai été directement sur le terrain tout en exerçant ma passion des voyages.

Travail en France

Travail en France

De retour dans mon Québec natal, j’ai accepté un poste de gérante dans une crèmerie, 7 mois par année. Le job idéal pour moi puisque je pouvais ainsi voyager les 5 autres mois. Et, alors que mes proches se disaient que j’avais enfin acquis un brin de stabilité dans ma vie, je n’avais qu’une envie en tête : repartir pour un voyage long cours. On finit par s’habituer à ce sentiment indescriptible de liberté lorsqu’on parcourt le monde. Grâce à mes économies, j’ai passé une partie de l’hiver en France et j’ai ensuite parcouru une partie de l’Amérique centrale. Retour au Québec au printemps suivant pour reprendre mon job de vendeuse de crème glacée, économies encore une fois, puis à l’automne je me suis envolée à nouveau vers le pays de mon amoureux. Cette fois-ci, nous avions envie de découvrir cette destination en faisant un road trip en France. Depuis novembre 2016, nous sommes maintenant en Nouvelle-Zélande pour une nouvelle expérience de visa vacances-travail. Notre boulot dans un hôtel à National Park Village nous a permis d’économiser beaucoup d’argent et nous prendrons la route dans les prochaines semaines pour réellement découvrir ce magnifique coin du monde !


Oui, un jour, j’aurai surement envie de me poser, mais d’ici là, j’ai l’impression d’avoir encore bien des choses à vivre et à voir. J’ai donc décidé d’assumer coûte que coûte mon statut de nomade sans domaine professionnel fixe. Tout simplement parce que je ne crois pas que ce soit sain de classer les gens selon leur profession. Je ne me stresse pas avec le fait que je ne sais toujours pas ce que je veux faire dans la vie parce que je sais que présentement je suis heureuse. En voyage, on a énormément de temps pour réfléchir et on rencontre quotidiennement des gens inspirants qui, au détour d’une conversation, nous inspirent et nous ouvrent de nouvelles portes sur un futur que l’on n’avait jamais envisagé auparavant…

Que tu aies choisi d’être serveur(se), réceptionniste ou caissier(e) pour payer ton prochain voyage, sois en fier(e). Il n’y a rien de mal à sortir de l’école et ne pas savoir ce qui te fait réellement vibrer dans la vie. Il y a trop de gens qui ont fait des études et qui, au final, ne sont même pas heureux dans leur domaine. Trop de gens qui se lèvent le matin et qui n’ont même pas envie d’aller au travail. Trop de gens qui gagnent 2 voire même 3 fois mon salaire et qui font une dépression parce qu’ils ne s’épanouissent pas et parce qu’ils réalisent que l’argent ne fait malheureusement pas le bonheur.

Et surtout, si tu te sens interpellé et que tu n’es pas en pleine harmonie avec ce que tu fais dans la vie, que tu sens qu’autre chose t’appelle, c’est qu’il est probablement temps de lâcher prise. Quelque chose de mieux viendra forcément, suffit d’accepter de laisser entrer le changement.

“Ce qui noie quelqu’un, ce n’est pas le plongeon, mais le fait de rester sous l’eau” – Paulo Coelho

Il n’y a pas un chemin mieux qu’un autre dans la vie. Il y a des dizaines d’embranchements et de choix qui s’offrent à toi. L’important, c’est d’écouter son cœur et de foncer sans peur vers la route qui nous interpelle le plus !