Quand la vie fait bien les choses

Parfois dans la vie nous avons des intuitions, des appels qui se voient résonner au plus profond de nous-même. C’est ce phénomène qui m’a amenée à contacter Marijo, une voyageuse québécoise qui m’était jusqu’ici tout à fait inconnue. J’ai donc découvert son inspirant parcours grâce au texte qu’elle m’a envoyé et il m’a fait un bien fou, parce que la vie s’est chargée de donner des réponses à certaines questions qui me trottaient dans la tête depuis un moment déjà. À toi Marijo je lance un beau grand Namasté ainsi que bonne continuation au cœur de la vie, et j’espère que ce texte vous plaira tout autant qu’à moi !


Originaire de Cowansville dans les Cantons-de-l’Est, Marijo est une passionnée des arts. Elle fait d’abord des études en arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal pour se rendre compte, 8 mois plus tard, qu’elle en a assez de se faire accroire qu’elle va finir par aimer ça. De retour dans sa petite ville natale, elle troque ses pinceaux pour des ciseaux et entame un DEP en coiffure.

« J’ai travaillé 8 ans dans le métier, jusqu’à ce que la vie fasse en sorte que je remette tout en question à l’automne 2012…Je me plaisais dans la routine et, malgré le fait qu’une voix intérieure me disait qu’il était temps de bouger, je restais là les pieds bien ancrés dans le “connu”.

Ayant trop peur du changement, je me rassurais d’avoir fait le bon choix en me disant “j’aime quand même ce que je fais”, “j’ai tout ce dont j’ai besoin pour être heureuse; bon salaire, horaire flexible, bonne clientèle”… J’ai fait taire ma petite voix jusqu’à ce qu’elle crie tellement fort que ça devienne un besoin essentiel de l’écouter!! 

À l’hiver 2013, j’ai pris la décision de prendre une année sabbatique pour voyager et me retrouver. J’ai toujours eu une admiration sans borne pour les gens qui partent à l’aventure sans trop savoir où ils vont et quand ils reviendront. Ceux qui découvrent le monde en suivant leur instinct et pas une carte géographique! Je me disais qu’un jour j’allais devenir une de ces personnes. »


Santa Cruz Ometepe

Santa Cruz Ometepe

Playa Santa Teresa, Costa Rica

Playa Santa Teresa, Costa Rica

Au cours des dernières années, elle a donc mis les pieds au Costa Rica, au Pérou, au Guatemala, au Nicaragua, en Equateur et au Mexique. mise à jour: après la Thaïlande, Bali et l’Australie, Marijo est actuellement en pleine exploration de la Malaisie〉 C’est au cours de son voyage au Nicaragua que la magie des hasards a opéré à nouveau…et pas qu’une seule fois ! Dès le début de son périple, elle a fait la rencontre des québécois Karl, Vinc et Lau, fondateurs du Free Spirit Hostel.

« Trois bons vivants avec qui j’ai découvert une partie du Nicaragua. Partis du Québec en van pour trouver l’endroit idéal où s’installer et lancer leur propre hostel de surf & yoga, j’ai eu la chance de voir leur idée devenir réalité et c’est tellement inspirant !! Le nom “Free Spirit” est bien choisi car c’est exactement l’énergie qui y règne. On se sent libre d’être qui on est, sans le regard des autres posé sur nous. C’est comme si on était dans une grosse bulle d’amour et de partage. Ça va paraître cliché, mais je me rappelle m’être dit, un soir assise avec tout le monde, main dans la main, autour du repas qu’on allait déguster sur la plage, “Wow… On est en train de changer le monde et jamais je n’aurais cru que c’était aussi simple!” « 

Et ce qui est beau lorsque nous avons une passion dans la vie c’est que les opportunités pour la mettre à profit sont à portée de main bien plus souvent que l’on pense ! C’est ainsi que Marijo laissa sa trace d’artiste sur les murs du Free Spirit Hostel et du Surfing Turtle Lodge. Elle a même pu user de son talent de coiffeuse pour effectuer des coupes de cheveux sur ses amis voyageurs : c’est pas beau la vie ? Voyager tout en faisant ce qui nous fait vibrer !


Sur les routes du Nicaragua, elle se lie d’amitié avec des backpackers qui s’en retournaient au Surfing Turtle Lodge, un petit paradis où tout le monde se sent comme chez-soi.

« Juste s’y rendre est une expédition en soi, on a l’impression d’arriver sur une île secrète après avoir traversé la rivière en lancha et pris la cariole dans la forêt. Les liens se créent si rapidement là-bas, il y a une belle ambiance chaleureuse et conviviale. Il y a bien sûr la mer, une plateforme de yoga, un “turtle hatchery”, un “beach bar”, un terrain de volley, une ferme, un restaurant, 3 cabanas pour ceux qui veulent “backpacker” plus douillet, 2 dortoirs et de la place pour camper. Ils sont présentement en train de terminer la construction de nouvelles chambres. »

Arrive alors une autre belle synchronicité : ils attendent depuis quelques semaines un prof de yoga, mais la personne ne s’est toujours pas présentée. Marijo vient tout juste de terminer sa formation pour enseigner cette merveilleuse pratique. Elle tente donc sa chance et se présente au patron, Aldo, en se disant que, si c’est pour elle, ça va marcher. Il lui serre la main et lui dit “Welcome! You can start tomorrow!”.

Alors, une journée typique au Surfing Turtle Lodge ?

« Le lever du soleil me réveille puisque je dors dehors! Je prends une marche ou je me baigne jusqu’à ce qu’il soit l’heure de mon cours. Je vais faire du cheval sur la plage ou pratiquer la slackline. Je fais des projets artistiques comme des enseignes pour le lodge ou je vais aider à l’éco-lodge Carpe Diem qui se construit juste à côté. À 16h30, c’est le tournoi quotidien de beach volleyball! Le soir, soit on danse, soit on fait un gros feu et on joue de la musique ou bien je vais me coucher dans le sable regarder les étoiles. »

Bébés tortues

Bébés tortues

Et pourquoi le yoga ?

« Pour faire une histoire courte: Il y a 2 ans, j’étais dans le bureau d’une psychologue qui me diagnostiquait des troubles d’anxiété aïgue chroniques et qui me suggérait fortement de demander à mon médecin des anti-dépresseurs… Au lieu de ça, j’ai arrêté de travailler, j’ai acheté un billet d’avion et j’ai découvert le yoga. Ça a changé ma vie tout simplement! D’abord, le yoga ce n’est pas juste sur le tapis quand on pratique des postures. C’est une façon de vivre. C’est le mode de vie le plus sain et équilibré que j’ai trouvé pour atteindre un mieux-être autant physique que mental. On se reconnecte avec soi-même et le monde autour de nous. On apprend à être dans le moment présent, à contrôler nos pensées et à respirer! La base quoi! »

Revenons-en à l’éco-lodge Carpe Diem. Il est le fruit d’une autre belle rencontre destinée à rendre le parcours de Marijo inoubliable.

« Pour vous mettre en contexte, un an auparavant j’ai lu “Ralentir pour réussir” de David Bernard. Ce livre m’a aidé à mettre mes rêves en perspective pour qu’ils soient plus réalistes! Dans le haut de ma liste, il y avait; faire une formation en yoga, construire une maison écologique et vivre sur le bord de l’eau. Donc, quand j’ai fait la rencontre de Ghyslain et qu’il m’a parlé de son projet, j’en ai eu la chair de poule, mon rythme cardiaque s’est accéléré et j’ai su que la vie m’avait amenée à la bonne place au bon moment! Il venait d’arriver au Nicaragua pour débuter la construction du Carpe Diem et, ce, à 15 minutes à pied de mon nouveau travail! 🙂 Justement, trouver un poste comme prof de yoga sur le bord de la mer quand tu n’as aucune expérience, c’était ça aussi une belle synchronicité! »

Crédit photo : Cinzia Newoman Photographer

« Je suis de nature très curieuse. Quand je ne connais pas, je veux tout savoir et comprendre. Voyager c’est tellement enrichissant. Pas seulement pour connaître différentes cultures et voir des paysages, mais aussi pour se découvrir. Si on reste toujours dans notre zone de confort, on reste prisonnier de nos habitudes et de nos peurs. On se contente de ce qu’on a, mais en même temps on a un sentiment de manque… le manque de liberté. En voyageant, on brise tout standard et on ouvre des portes sur des principes nouveaux. La vie fait de plus en plus de sens. Je suis en train de réapprendre à vivre selon qui je suis vraiment et non pas en fonction des tendances de la société.« 

En terminant, voici ce que Marijo souhaite dire à tous ceux et celles qui ont peur de se lancer dans une aventure comme la sienne :

« Osez!!! On ne se lève pas un beau matin prêt comme jamais, insensible à la peur. Alors arrêtez d’attendre et foncez! Quand on fait le choix de ne plus écouter les doutes et les pensées négatives qui reviennent sans cesse, ON VIT! Pour moi, c’est comme sauter en parachute quand tu as le vertige. Si tu regardes en bas, ton mental va se mettre à imaginer toutes sortes de scénarios et tu vas figer. Si tu te concentres sur le moment présent et que tu passes à l’action maintenant, le reste va se faire tout seul. Il suffit de décider de se lancer dans le vide! »

N’oubliez jamais que vous seul avez le pouvoir de changer votre vie si elle ne vous convient plus: osez écouter votre appel intérieur !

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