Lorsque s’insinue en toi la certitude qu’une vie de nomade est ce qui te fait vibrer, rien à faire : personne ne pourra t’enlever ton envie de parcourir le monde. Mais Ils seront présents à un moment ou un autre : Ils essaieront de te détourner de ta quête, Ils te diront que tu fais erreur, Ils te diront que c’est seulement passager et que tu devrais te construire une vraie vie, Ils te diront que ce n’est pas logique d’être hors du moule de la société, que tu devrais y participer comme tout le monde, Ils te diront de mettre tes efforts à te trouver un travail stable, sans quoi tu ne pourras te permettre de voyager éternellement, Ils te diront… Mais tu ne les entendras pas. Parce que, toi, tu sais. Tu sais que leur mode de vie ne te convient pas, quoi qu’ils puissent en dire pour tenter de te convaincre du contraire. Tu sais que ton choix c’est le bon. Le bon pour toi, et c’est tout ce qui compte. Tu sais que tu n’échangerais ta vie de nomade pour rien au monde. Tu sais et ressens au plus profond de ton âme toutes les raisons qui font que ce mode de vie te rend heureux, vivant, comblé. Alors comment leur expliquer…

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Comment leur expliquer les gens merveilleux qui croisent ta route. Des rencontres parfois à l’image des étoiles filantes, qui te font un bien fou et te redonnent confiance en l’humanité. Voyager, c’est des au revoir constants, mais c’est aussi une source d’apprentissage sans fin ; tous ces gens qui te donnent une parcelle de leur savoir, de leur âme ; ça n’a pas de prix.

Qui disait cela n’avait sans doute jamais connu le langage universel, car lorsqu’on se baigne dans ce langage, il est facile de comprendre qu’il y a toujours dans ce monde une personne qui en attend une autre, que ce soit en plein désert ou au cœur des grandes villes. Et quand ces deux personnes se rencontrent, et que leurs regards se croisent, tout le passé et tout le futur sont désormais sans la moindre importance, seul existe ce moment présent, et cette incroyable certitude que toute chose sous la voûte du ciel à été écrite par la même Main. • L’Alchimiste • Paulo Coelho •

Comment leur expliquer ce sentiment de liberté qui se propage dans tout ton corps lorsque tu parcours le monde ? Qu’autrefois, tu contemplais un globe terrestre avec un sentiment d’incrédulité et d’envie envers ce monde si vaste et, aujourd’hui, tu as conscience d’avoir entre tes mains le pouvoir de décider où tu poseras pieds demain matin. Cette liberté, c’est le meilleur sentiment du monde. Libre de construire ta vie en fonction des endroits que tu rêves d’explorer, libre de décider d’y passer une semaine, deux mois ou bien un an. Libre d’écouter ta petite voix intérieure, libre de te laisser porter par le courant de la vie.

Il était encore hésitant sur la décision à prendre. Mais il comprenait maintenant une chose importante : que les décisions représentaient seulement le commencement de quelque chose. Quand quelqu’un prenait une décision, il se plongeait en fait dans un courant impétueux qui l’emportait vers une destination qu’il n’avait jamais entrevue, même en rêve, au moment où il avait pris cette décision. • L’Alchimiste • Paulo Coelho •

Gunung Rinjani, Lombok

Comment leur expliquer avec des mots tout le bonheur du monde et la gratitude en toi chaque fois que tu assistes à un exceptionnel coucher de soleil quelque part dans le monde ? Comment le temps semble s’arrêter, comment ces instants sont empreints de magie avec le ciel rempli de douces teintes. Si le paradis existe, il doit sans doute ressembler à la douceur des couchers de soleil…

Whitsundays, Australie

Comment leur expliquer que c’est pour toi la seule façon de ne pas te sentir compressé par la société de surconsommation ? Que, avec les années, tu ne ressens plus ce besoin constant de refaire ta garde-robe. Que le seul fait de contempler les vêtements de marque et les bijoux qu’ils ont payé un prix fou n’arrivera pas à leur procurer le sentiment puissant qui t’envahit quand tu regardes les photos de ton dernier voyage. Que de vivre avec moins n’est pas synonyme de malheur, au contraire : on devient beaucoup plus reconnaissant et sensible aux petits bonheurs et aux choses simples de la vie. Et vous savez quoi ? On découvre même que c’est les cadeaux qui ne nous ont rien coûté qui sont les meilleurs : offrir de son temps pour passer un moment de qualité avec les gens qu’on aime, par exemple, ça n’a pas de prix.

“La richesse n’est pas la quantité d’argent qu’on a mais la façon dont on l’utilise.” • Paulo Coelho •

Lago Atitlan, Guatemala

Comment leur expliquer qu’une maison ne t’intéresse pas quand tu sais très bien que tu peux te sentir partout chez toi. Que les souvenirs que tu gardes des endroits où tu as habité durant les dernières années te remplissent de gratitude envers la vie : plutôt que d’avoir eu un appartement et une routine redondante dans ta ville natale ou aux alentours, tu as vécu dans différents endroits autour du globe et tu as eu la chance de côtoyer différentes cultures. Certains matins, c’est le bruit des vagues qui t’a réveillé et, d’autres, le chant des coqs. Parfois, ta maison du moment t’offrait un joli hamac dans lequel te laisser bercer et profiter du bonheur de vivre dans le moment présent, tout en observant le superbe paysage s’offrant à toi. D’autre fois, tu as partagé ta vie et tes rêves avec des inconnus venus de partout sur la planète dans un dortoir d’auberge… Toutes des situations que tu n’aurais jamais vécues dans une grande maison certes remplie d’objets, mais, au fond, vide de l’essentiel.

Comment leur expliquer que voyager n’est pas plus dangereux que son contraire. Peu importe où tu es dans le monde, le danger te côtoiera toujours. Mais, si on s’empêche, par peur, de faire tous les trucs qui nous tiennent à cœur, que devient le sens de notre vie ?

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Comment leur expliquer que ces expériences sont pour toi beaucoup plus enrichissantes que d’être assis sur un banc d’école sans savoir ce que tu as envie de faire du reste de ta vie. Pour ensuite quoi ? Mettre de côté des sous pour en profiter “plus tard” et remettre toujours au lendemain les rêves qui te font vibrer ? T’entendre dire dans quelques années ; “j’aurais donc dû écouter mon cœur”… ?

Caye Caulker, Belize

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Comment leur expliquer que tu n’es plus cette même personne, celle de ta vie “d’avant-voyage”, et que ce sont deux chapitres distincts à arrêter de confondre ? Que maintenant, que tu le veuilles ou non, toutes les cellules de ton corps sont en sevrage jusqu’à ton prochain départ. Que tu n’abandonnes pas ta famille et tes proches, au contraire : tu les portes dans ton cœur chaque jour au gré de tes pas et découvertes. Ton seul regret, c’est de ne pas pouvoir les arracher de leur routine pour leur faire goûter les joies de cette liberté.

Semuc Champey, Guatemala

 

Et puis repartir. Reprendre la route. Parce que marcher, c’est aller au bout de soi-même tout en allant au bout du monde. Parce que marcher, c’est toujours revenir. De loin, même quand on est tout près. Parce que marcher, c’est partir. Parce que partir, ce n’est pas mourir un peu. Au contraire, partir, prendre la route, c’est vivre à fond. C’est se fondre dans le paysage. C’est traverser les apparences et s’habituer aux différences. • Le chant du Voyage • Jacques Lanzmann •

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À toi, voyageur dans l’âme qui rêve secrètement de partir à la découverte du monde : prends quelques instants pour réfléchir à où va tout ton argent présentement. Les soirées arrosées dans les bars, les restaurants, le compte de téléphone “boosté” à bloc, le loyer, les assurances, l’essence, les dépenses personnelles inutiles que nous crée la société de consommation… Crois-tu vraiment qu’il faut être riche pour voyagerFaut plutôt l’être pour être sédentaire de nos jours ! Pourquoi est-ce qu’il faudrait attendre notre retraite pour tout vendre et profiter de la vie ? Qui sait si demain tu seras toujours là, si demain tu auras toujours la santé ? Vas-y, mords dans la vie. Ne t’en fais pas avec ce qu’ils diront : l’important c’est de suivre ton instinct, de suivre tes rêves et que, au final, tu sois comblé de bonheur. Tu sauras dès lors que tu as fait le bon choix quand tu pourras le ressentir dans chaque parcelle de ton corps. Fais ton sac à dos et lève les voiles !